Retour sur le Conseil municipal de Pau du lundi 27 mars.

Il y a eu, en début de séance, pas mal d’électricité dans l’air avec la présence, dans le public, d’une délégation de forains contestant le déplacement de la fête foraine de Verdun au parc des expositions. Cela fut l’occasion de parler du passage du gratuit au payant du parking de la place de Verdun.

J’ai du réagir, malgré l’insistance du maire à me couper le micro, pour contester l’allégation selon laquelle l’opposition au « payant » était organisée par le Front national. C’est une insulte grave pour les 6000 citoyens qui ont signé la pétition, et aussi pour les animatrices et les animateurs de cette pétition dont l’engagement dans le camp progressiste – et anti-fasciste – est bien connu localement. Le maire, ce qui lui arrive de temps en temps, a alors totalement perdu son sang froid.

Après mon intervention pointant les sujets où la politique municipale se caractérise par un passage en force et une forme de brutalité, F.Bayrou réagit : « vous appartenez à une formation politique aux méthodes historiquement…. » pour atterrir sur … « le pacte germano-soviétique » et les « écoles du PCF » dont je serais la créature. Totalement délirant.

Cette séquence fut un moment pénible. A double titre. D’abord du fait de mon histoire familiale, avec un fusillé et un déporté. Ce n’est pas un sujet que j’aime aborder car mon grand-oncle, après Dachau, m’a surtout transmis, au crépuscule de sa vie, l’indicible. Il aurait répondu à F.Bayrou par le silence.

Et aussi pour mon itinéraire personnel, je suis un fils du service public local. Je lui dois beaucoup, celui des politiques publiques pour les écoles primaires, mon collège, puis le lycée Jean Moulin avant l’université de Bordeaux 3 et mes professeurs, celui de la culture avec l’école de Musique et la bibliothèque municipale. Quant à mon parti, je lui dois un autre chemin d’émancipation balisé par des valeurs, des femmes et des hommes engagés pour l’intérêt général et pour une société plus humaine, plus juste, plus solidaire.

Mon intervention au sujet d’isabe. J’ai été le seul conseiller municipal à voter contre la destruction. Je me suis très largement inspiré de la lecture minutieuse du dernier livre de François Bayrou, « Résolution française ».

Page 13. « Le parti pris de ce livre est qu’on peut changer ce qui ne va pas, à partir du moment où l’on a clairement identifié la panne, le blocage, et leur cause ».

Ce qui ne va pas aujourd’hui, c’est que les habitants de Saragosse n’ont pas eu connaissance, précisément, de ce projet de rénovation urbaine. Le Premier ministre vient en mairie signer mais les principaux concernés, les habitants du quartier, n’ont pas été destinataire d’un document présentant les objectifs de cette rénovation, les moyens mis en œuvre, les transformations envisagées, le calendrier.

Pourtant, tout au long de son livre, François Bayrou insiste, à juste raison, sur la nécessité d’informer, de convaincre, « jour après jour » ( page 58). Ce qu’il s’est bien gardé de faire concernant Saragosse. Il écrit : « je crois à la richesse des échanges, à la légitimité des citoyens qui réfléchissent » ( page 59). Il a bien raison, s’il avait pris la peine de recevoir, depuis la mi-septembre (six mois déjà), le collectif « Isabe debout », il aurait pu le vérifier. Ces citoyens se sont informés, ont beaucoup travaillé. Et le président du Modem leur rend hommage : « le temps n’est plus où l’on pouvait entretenir la fiction que les compétents étaient en haut et les incompétents en bas. En vérité, sur bien des sujets, la compétence est désormais en bas, et une relative incompétence en haut. Mauvais temps pour les technocrates et les experts, vient le beau temps de l’expérience de terrain ». Et l’expérience de terrain venant de Saragosse, c’est que la destruction d’Isabe est un non sens. L’immeuble a bénéficié d’investissements pour sa mise aux normes. L’opération « portes ouvertes » organisée par les habitants a fait la démonstration indiscutable de la qualité du bâtiment. Alors, au final, pourquoi détruire Isabe ( avec le coût de la démolition….) ? Oui, pourquoi ? Pour un peu plus de verdure ? Mais le quartier Saragosse est le plus vert de Pau avec plus de 3 hectares.

Il faut je crois « isoler le point clé, celui dont tout dépend »( page 39). A qui fera-t-on croire que le point clé de cette rénovation urbaine, c’est la destruction d’Isabe. Ou, en fin d’opération, celle d’Arlas comme des documents officiels l’évoquent ?

L’annonce de cette destruction, annoncée par un simple courrier déposé dans les boites aux lettres, ne passe décidément pas. « je ne crois pas à la réforme imposée à la schlague. Qui voudra contraindre, même s’il fait le matamore, perdra à coup sur » écrit F.Bayrou ( page 58) qui « plaide contre l’illusion de la brutalité dans l’exercice du pouvoir » ( page 61) et qui ne « croit pas aux décisions brutales » ( p 18).

Si j’ai pris la décision de distribuer une lettre aux habitants de Saragosse, c’est d’abord pour demander la transparence la plus totale sur ce dossier. Comme l’observe F.Bayrou, « la loyauté à l’égard du peuple citoyen, c’est de lui garantir la juste connaissance des décisions qui se préparent, de leurs raisons et des options différentes qui auraient pu s’ouvrir » ( p 89). La démocratie, c’est en effet, pas qu’à paris, mais aussi à Pau, « de jouer cartes sur table (…) car les citoyens n’ont pas que cela à faire de s’informer des affaires de la cité ». Les habitants d’Isabe et du quartier Saragosse ont en effet bien des sujets de préoccupations, la première d’entre elles est de faire face aux quotidiens, aux nombreuses difficultés, de toutes natures.

Pour conclure, je suis, comme F.Bayrou, « optimiste » et je « ne baisse pas facilement les bras ». Nous ne voulons pas de « conflits inutiles », nous voulons simplement « trouver des solutions à des problèmes ».

« Un fragile espoir qui marche va toujours plus loin qu’un fort qui reste assis »….

Lundi soir, lors de ce conseil municipal, F. Bayrou a fait son matamore.

Jeudi : conseil communautaire.

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