Le premier été du macronisme : le roi des riches et sa politique de droite.

Conseil national du 14 septembre 2017

Rapport introductif

Cher-es camarades,

Nous réunissons notre Conseil national sur une journée, avec un impératif horaire, arrêter nos travaux à 16 heures pour nous rendre sur le site de la Fête de l’Humanité pour son inauguration. Afin de laisser le temps nécessaire à nos échanges et à nos décisions, je ne traiterai que de deux questions : l’évolution de la situation politique et sociale, avec une actualité chargée, et la première étape dans la préparation de notre Congrès extraordinaire de 2018, avec des enjeux décisifs pour l’avenir du combat communiste et les transformations du PCF. En limitant mon intervention à une demi-heure, je me risque, sur de trop nombreux sujets, à en rester à une simple énumération de questions que l’on pourra approfondir au cours de nos échanges et dans les semaines à venir.

Solidarité aux Antilles.

Le PCF a exprimé, dès jeudi dernier, sa solidarité aux familles et aux proches des victimes de l’ouragan Irma qui a frappé les territoires français aux Antilles et de nombreuses autres îles des Caraïbes. Jamais, dans cette partie du globe, un événement climatique d’une telle intensité n’avait été enregistré. Saint-Martin et Saint-Barthélémy ont été totalement ravagées. En partenariat avec le Secours populaire français, le journal l’Humanité annoncera, ce week-end, une grande initiative de solidarité à laquelle nous apporterons tout notre soutien. La solidarité s’organise aussi à l’échelle de la région. Cuba, qui a été très rudement touchée et qui va avoir besoin d’aides matérielles, a mis à disposition 750 médecins et des personnels médicaux. En métropole et aux Antilles, des questions se posent aujourd’hui sur la lenteur et l’insuffisance des secours, la faiblesse des mesures de prévention prises en amont. André Chassaigne est intervenu auprès du ministère des Armées en pointant de graves dysfonctionnements, notamment sur l’engagement de notre Marine nationale et le déploiement de notre flotte. Ce n’est pas la première fois que la question du régalien, celle de la puissance de l’Etat sont posées. Cet été, lors des incendies en PACA et en Corse, la moitié de la flotte des Canadair était clouée au sol du fait des politiques d’austérité budgétaire.

Irma est le nom d’une réalité : celle du réchauffement climatique, de la hausse des températures des océans. Il y a un consensus scientifique pour dire que la fréquence des ouragans augmentera et que chaque degré de réchauffement supplémentaire aura une influence et des conséquences dévastatrices plus grandes que le degré précédent. Avec, si rien n’est fait pour de bon, des risques d’événements extrêmes comme Irma, ou comme les grands feux qui viennent de détruire les forets d’Amérique du Nord.

Nous sommes à deux semaines avant l’entrée provisoire du CETA. Un comité d’experts, installé par le gouvernement, vient de rendre un rapport qui alerte sur l’absence d’engagements contraignants pour lutter contre le réchauffement climatique. E.Macron doit donc, après Irma, refuser ce traité de libre-échange en raison de l’urgence climatique.

Le premier été du macronisme : le roi des riches et sa politique de droite.

Depuis notre Conseil national du mois de juin, bien des choses se sont passées. Nous étions alors en pleine macromania. Voici ce qu’écrivait alors Franz-Olivier Giesbert :  » Mais qu’est-ce qui nous arrive ? Longtemps, la France fut le pays le plus pessimiste et ronchon du monde. Elle est en passe de devenir l’un des plus optimistes, un laboratoire d’avenir. Il a suffi qu’Emmanuel Macron accède à l’Elysée pour que soudain tout change. Miracle de la politique, la France s’est mise à croire de nouveau en elle, quasi à s’aimer .Si les mots ont un sens, nous sommes en train de vivre une nouvelle Révolution française. Jupiter, qui n’a peur de rien, entendait se placer dans la lignée des Mirabeau, La Fayette, Danton, Robespierre.  »

Mais ça, c’était avant.

De la cuisse de Jupiter n’est sortie, non pas un changement, une modernité, mais ce qu’il faut aujourd’hui, et sans hésitation possible, désigner par son nom, une politique de droite. D’une certaine manière, il est assez performant pour redonner des repères au clivage gauche/droite. L’illusion d’une politique équilibrée,  » et de droite et de gauche », qui allait « en même temps » favoriser la liberté des entreprises et la sécurité des salariés n’a pas résisté au premier été du macronisme. Si la chute de popularité pour Macron et son premier ministre est aussi marquée, c’est d’abord l’expression d’un fort scepticisme, d’un doute, sur l’efficacité de cette politique, sur les résultats qu’elle peut obtenir, notamment sur la question du chômage et de la réduction des inégalités. Il n’y a pas de majorité d’idées dans notre pays pour croire que la réforme du code du travail permettra la création massive d’emplois. Le gouvernement, par la voix d’E.Philippe et de M.Pénicaud, a d’ailleurs été très défensif sur cette question lors de la présentation, le 31 août dernier, des ordonnances. C’est un signe qui ne trompe pas, tout comme la fébrilité d’E.Macron redoutant que les « fainéants » que nous sommes ne se mettent à leur tour en marche….

Le portrait du nouveau président est aujourd’hui installé : un roi des riches, menant une politique injuste, brutale, un monarque maquillé, arrogant et cruel avec les plus modestes, alors que beaucoup d’entre-eux ont voté pour lui pour ne pas avoir Marine le Pen. Cela nourrit partout dans le pays de la déception, du mécontentement et de la colère sans pour autant régler la question d’une perspective à gauche et avec une trop grande sous-estimation du danger qui menace. Il y a urgence à en prendre la juste mesure. Jamais au cours des dernières décennies, un exécutif n’a voulu aller aussi loin et aussi vite dans une entreprise de démolition pour, au nom de « transformations profondes » et « d’adaptation du pays aux réalités du monde », satisfaire les puissances de l’argent. La réforme du code du travail n’est que la première étape d’un projet global, cohérent, avec un agenda courant sur les deux prochaines années. Logement, formation professionnelle et assurance-chômage, budget 2018 d’hyper-austérité pour les classes populaires et moyennes et de cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises , services publics et collectivités locales, privatisations et nouvelles dérégulations, système de retraite et sécurité sociale, voilà les différentes étapes d’ores-et-déjà programmées pour les prochains mois. La bataille politique et idéologique va être intense avec d’un coté, un exécutif qui va faire de la pédagogie, en continuant l’enfumage – il ne dira jamais le nom et les objectifs réels de sa politique-, et, de l’autre,  les forces progressistes engagées dans la riposte, les contre-offensives, qui devront trouver les chemins de l’unité la plus large avec l’objectif d’améliorer le rapport de force pour obtenir des reculs du gouvernement.

Amplifier la mobilisation contre les ordonnances.

Il y a encore quelques semaines, le gouvernement présentait les ordonnances comme une simple formalité avec un dispositif de communication autour du dialogue social et la promesse d’un texte équilibré. Tout cela a volé en éclat. Le contenu réel de cette contre-réforme n’a pas été présenté par le candidat Macron lors de la campagne présidentielle, ni pour les législatives, ni même lors de la session extraordinaire parlementaire. Le masque est depuis tombé avec deux réalités : les pleins pouvoirs patronaux et une volonté, via une précarisation généralisée, de déstructurer le lien au travail pour des millions de salariés et pour toute la nouvelle génération. Il s’agit d’une entreprise d’ampleur qui vise à installer, non pas qu’un Far West pour le marché du travail, mais, plus généralement, une autre société.

Le 12 septembre était la première journée nationale de riposte, elle devait donc donner une première indication. Avec 400 000 manifestants rassemblés, c’est une réussite, et comme le titrait l’Huma – qui a produit un très bon cahier de décryptage des ordonnances – cette première journée est un « beau tremplin pour la suite ». Nous allons participer à amplifier cette mobilisation. Un mot rapide sur un sujet qu’il nous faut pointer, celui de la syndicalisation. Les salariés, les précaires, ont une double raison de se syndiquer et de choisir des syndicats de lutte. D’abord contribuer à un rapport de force national. Et surtout, dans un contexte où le gouvernement et le patronat cherchent à affaiblir les protections collectives et les organisations syndicales, d’y répondre par un renforcement des syndicats.

Pour le PCF, nous n’avons pas, et nous n’aurons jamais de problème d’agenda quand il s’agit de faire grandir la riposte à la politique gouvernementale. Chacun est légitime, organisations syndicales, organisations politiques, à prendre des initiatives, comme Jean-Luc Mélenchon l’a fait pour le 23. Mais dans la période actuelle, la recherche de l’unité doit primer sur toute autre considération. Unité syndicale et unité politique, les deux. Et unité de toutes les forces progressistes, de toutes les ressources populaires et citoyennes pour faire reculer le gouvernement.

La Fête de l’humanité va être le prochain rendez-vous de cette mobilisation. Le meeting, scène centrale dimanche, sera le rendez-vous des ripostes et des alternatives. Cela sera, après la journée du 12, le second temps fort contre les ordonnances. Toutes les forces sociles et politiques seront présentes à la Fête. De vendredi à dimanche, nous y diffuserons massivement la carte-pétition ainsi que l’adresse des députés communistes, tirées à plus d’un million d’exemplaires. Puis, nous participerons à la nouvelle journée d’action, le 21 septembre, qui doit permettre de franchir une nouvelle étape dans la mobilisation.

Après la Fête de l’Huma, nous proposons à nos fédérations et nos sections d’organiser des réunions publiques afin de participer à l’indispensable travail de vérité, de révélation et d’informations sur le contenu des ordonnances. Dire en quoi, et le plus précisément possible – comme cela vient d’être fait sur les congés maternité, la mise en œuvre de cette réforme aurait des conséquences catastrophiques en terme de précarité accrue, d’arbitraire patronal sur les conditions de travail, sur le travail lui-même, qui ne permettrait plus, via un CDI correctement rémunéré, avec des droits et des protections, de construire sa vie. Nous ne partons pas de rien. Nous disposons de la proposition de loi pour la sécurisation des parcours professionnels déposée sous l’ancienne mandature. La question des nouveaux pouvoirs et de nouvelles libertés pour les salariés monte de partout. La rencontre tenue au CESE jeudi dernier, à l’initiative d’Économie et Politique, tout comme le succès de l’émission diffusée sur notre page FB, avec la participation de Pierre Dharréville et de laurence Cohen, témoignent de ce que nous pouvons réaliser.

Alors que les profits atteindront un niveau record en 2017, certainement plus de 100 milliards pour le CAC 40, avec une avidité toujours plus grande pour les dividendes versés aux actionnaires, la relance de notre campagne sur le coût du capital peut trouver un écho très favorable. Ne faut-il pas lors des prochaines semaines, dans le cadre de ces réunions publiques, sous la forme de conférences de presse annonçant ces débats, positionner plus fortement et dans la durée l’expression du Parti, des dirigeants communistes, sur la question du travail, de sa richesse, en opposition à la Finance et à l’entreprise de destruction engagée par le Gouvernement

Les autres dossiers chauds en cette rentrée.

Je parlais en introduction d’un projet global et cohérent. Je vais donc ici pointer différentes questions, qu’il nous faut relier entre elles car elles font sens, sans les développer et sur lesquelles la riposte doit grandir dans les prochaines semaines avec, comme pour le code du travail, un travail exigeant à produire pour expliquer les dangers et dire ce que serait de vraies solutions, convaincre qu’une autre politique est possible.

C’est le cas sur le logement. Après un été meurtrier( baisse du budget de la politique de la ville, baisse des APL, remise en cause de la loi SRU), le projet gouvernemental confirme une opération de grande envergure contre le logement social et les plus modestes. Contrairement à la communication gouvernementale, selon laquelle la baisse des APL n’ait aucun impact pour les locataires avec une baisse équivalente des loyers, la vérité est que les sommes prélevées sur les budgets des bailleurs sociaux vont très fortement réduire la voilure pour des investissements utiles à l’amélioration des logements existants et la construction de nouveaux logements sociaux.

Comme Pierre l’avait annoncé lors de notre université d’été, le non renouvellement et la suppression drastique de 150 000 contrats aidés sont une véritable bombe sociale. La méthode utilisée est particulièrement brutale, pas la moindre concertation, pas de dispositif d’accompagnement des salariés qui passent du jour au lendemain d’un statut précaire au chômage, aucune transition proposée aux collectivités locales, aux associations, aux familles. Pour de très nombreuses structures associatives, qui accomplissent des missions d’intérêt public, dans l’urgence sociale, l’éducatif, le sport, la culture, l’économie sociale et solidaire, la question se pose aujourd’hui de ne plus poursuivre leur intervention. Certaines ont déjà annoncé qu’elles cesseront leur activité à la fin du mois. Avec les associations des élus, le monde associatif, nous demandons d’abord un moratoire, le temps de réaliser un diagnostic sur les missions accomplies par ces contrats aidés, et , à partir des acquis d’expériences, des compétences, obtenir la pérennité de ces emplois.

Pour un très grand nombre d’élus locaux, cette décision sur les contrats aidés, au cœur de l’été, a été le coup de grâce, l’annonce de trop. Face au mécontentement grandissant, E.Macron a répondu sur le mode du chantage : pas de baisse de dotation si les collectivités locales atteignent l’objectif fixé par le gouvernement d’une baisse de dépenses de fonctionnement de 13 milliards d’euros sur le quinquennat. On peut avoir les plus grandes craintes sur la manière dont la prochaine conférences des territoires va se tenir le 23 octobre prochain, avec quelles questions à son ordre du jour ? Avec qui autour de la table ?  Pour quelles décisions ? Devant les Préfets, Macron a réaffirmé sa volonté de refonder les relations entre l’Etat et les collectivités. C’est un nouveau big bang territorial qui s’annonce avec de nouveaux périls pour les ressources financières et la liberté d’administration. Dans un tel contexte, les prochaines élections sénatoriales, le 24 septembre, sont redoutées par le nouveau pouvoir. 16 de nos sénateurs sortants, sur les 18 du groupe, sont renouvelables avec la possibilité d’obtenir un bon résultat et le maintien du groupe, ce qui n’était pas une évidence il y a quelques mois. Macron ne doit pas obtenir une majorité des 3/5 ème au Parlement pour, sans passer par le référendum, changer la Constitution. Le groupe communiste au Sénat sera le seul à permettre une opposition de gauche claire et cohérente.

La colère et l’inquiétude des élus s’expriment aussi sur les conditions de la rentrée scolaire. Il faut y être attentif. Un modèle de tract traitant des conditions dans lesquelles s’effectue la rentrée scolaire est à disposition. Il est un bon support pour aller aux sorties des écoles pour échanger avec les enseignants, les personnels, les parents d’élèves. L’exécutif surveille, non sans appréhension, la manière dont la rentrée universitaire va se passer. 800 000 étudiants sont directement frappés par la baisse des APL. Tout au long de l’été, le scandale national des inscriptions post-bac n’a fait que mettre en lumière, non pas le bug d’un logiciel, mais l’incapacité d’un pays comme le nôtre, du fait d’un sous investissent chronique dans l’enseignement supérieur et la recherche, à accueillir dans de bonnes conditions les 40 000 bacheliers supplémentaires. Le gouvernement entend répondre à la sélection par tirage au sort par une sélection généralisée, via le concept des pré-réquis, là encore, une très grosse bataille est à prévoir.

L’autre gros dossier des prochaines semaines sera le budget 2018 avec une présentation du projet de loi au Conseil des ministres du 27 septembre et une discussion parlementaire à l’automne. Il inscrira une première coupe de 20 milliards d’euros sur la dépense publique – sur les 80 milliards programmés d’ici 2022 – avec 10 milliards pour L’État. Les arbitrages budgétaires qui seront rendus auront des traductions plus que saignantes pour les missions de services publics. Il faut, là encore, bien prendre la mesure des conséquences directes que cela produira dans un très grand nombre de services publics. Ce budget sera une nouvelle étape montrant le vrai visage du macronisme. Un budget de droite, allant plus loin encore sur certains sujets que ce que proposait le candidat Fillon. Un budget qui creusera de manière inédite les inégalités. Le dernier décile des français les plus riches concentre à lui seul 46 % des gains des mesures fiscales du quinquennat en direction des ménages. Les 280 000 les plus riches, les célèbres 1%, sont ceux qui en bénéficieront le plus fortement, quand le taux du livret A, lui, sera gelé. La réforme de l’ISF va priver les recettes de l’État de 3 milliards d’euros. Les cadeaux fiscaux aux entreprises et les facilités faites aux puissances de l’argent, par la réforme fiscale sur le capital, vont faire de notre pays une sorte de paradis fiscal « new look ». Comme pour la riposte sur les ordonnances, il va nous falloir des exemples précis, avec une communication permettant une meilleure mise en valeur de l’activité et des propositions portées par nos parlementaires.

Les enjeux européens sont tout aussi brûlants. La campagne des prochaines élections européennes est lancée. E.Macron a levé le voile sur ses intentions lors de son déplacement en Grèce. Les grandes opérations démarreront après les élections législatives en Allemagne du 24 septembre. Il sera question de refondation. Nous avons des solutions précises à apporter sur le sujet et des actions à mener. Un  premier rendez-vous, le premier  forum européen des forces progressistes, se tiendra à Marseille les 10 et 11 novembre prochains.

La politique d’immigration et le droit d’asile font l’objet d’une politique de plus en plus agressive et répressive. Il faut aussi se préparer à une extension massive des contrôles d’identité. Avec l’inscription de l’état d’urgence dans la loi ordinaire, l’attaque contre les droits du Parlement, contre la démocratie sociale et locale, nous sommes face à une attaque de très grande ampleur.

Dans un climat de tensions internationales renforcées et de risque d’embrasement que je n’ai pas le temps de développer ici, les marches du 23 septembre pour la Paix, à Paris et dans de très nombreuses autres villes, sont inscrites en lettres d’or dans notre agenda militant.

Je pourrais compléter cette liste en évoquant bien d’autres questions, comme les enjeux liés à la souveraineté alimentaire et à la rémunération du travail paysan, l’offensive contre la SNCF comme ballon d’essai sur la prochaine réforme des retraites et l’ouverture à la concurrence pour toujours plus de dérégulations, la protection sociale et la santé, la culture…

Une Fête de l’Huma au cœur de l’actualité des luttes et de la  solidarité.

Nous en parlerons ce week-end à la Fête de l’huma avec de très nombreux débats consacrés à ces enjeux et bien d’autres encore.

Lire le programme de la Fête, c’est prendre à bras le corps les rendez-vous de la riposte, et ceux du rassemblement, c’est défricher les chemins, pour réinventer la gauche et redonner de belles couleurs à un projet progressiste. Le Fête sera aussi un rendez-vous crucial pour constituer un large front pour faire libérer Salah Hamouri, de nouveau victime de l’acharnement du gouvernement israélien contre les militants de la justice et de la paix. Nous dirons aussi notre solidarité aux forces démocratiques victimes de la répression en Turquie.

Lors de cette Fête, la question du renforcement du PCF sera animée d’une manière offensive. Depuis le mois de janvier, plus de 2100 nouveaux adhérents-es ont rejoint notre organisation. Les adhésions par internet  sont en nette progression. Quand des citoyens font d’eux-mêmes la démarche d’adhérer au parti, nous devons réfléchir à être beaucoup plus visibles et offensifs dans notre offre d’adhésion.

Démarrer la préparation du Congrès extraordinaire.

Nous entrons maintenant dans la première phase, avec ce Conseil national, de la préparation de notre Congrès extraordinaire de 2018. Pourquoi un congrès en 2018 ? Je n’y reviens pas. Nous en avons débattu lors du Conseil national de juin dernier. C’est indispensable pour conduire notre propre révolution politique et construire un nouveau modèle d’organisation communiste capable d’engager le combat politique pour la transformation sociale dans les réalités d’aujourd’hui. Notre objectif premier est  de faire appel aux ressources considérables de créativité et d’inventivité, d’intelligence, au sein de notre collectif humain et militant. Pour se faire, créons les conditions, dès à présent, d’une réelle appropriation du document de consultation par le plus grand nombre possible de communistes.  Comment ? Par une implication réelle de notre direction nationale, des membres de notre Conseil national, des animateurs de notre organisation.

Le document de consultation proposé aujourd’hui est une première étape pour une préparation réellement nouvelle du congrès. La consultation que nous lançons  va permettre de lister les questions que le Congrès devra prioritairement traiter. Cette démarche démocratique est indispensable parce que les repères essentiels de ce qui identifiait notre engagement se sont brouillés jusque dans nos rangs. Et puis, ce que nous ambitionnons, à savoir une révolution pour ce qui nous concerne, possible ou pas dans les conditions actuelles ? Cette question se pose aujourd’hui, et pas qu’à l’extérieur de notre organisation.

Une des questions de la consultation interroge les « défis du combat communiste que nous devons travailler en priorité ». Je donne ici ma réponse et chacun devra le faire dans les semaines qui viennent. Pourquoi, alors que le système capitaliste semble désormais incapable de répondre aux défis du siècle et que le commun ne cesse de cogner à la porte, de manière de plus en plus nette, n’arrivons-nous pas à être perçus comme une force nécessaire à ces changements. Je n’y vois pas qu’un défi que nous pouvons réduire à un problème de stratégie électorale. La réponse à cette question n’est-elle pas dans la révolution de la démocratie en étant le parti qui ouvre en grand  de nouveaux champs de pouvoir et d’intervention dans la cité et à l’entreprise. Tout le reste en découle : notre nouvelle identification, notre communication, notre mode organisationnelle, notre rapport à la politique, à celles et ceux que nous voulons rassembler.  Mais ce n’est qu’un avis….

Ce document sera disponible en  format papier et numérique, après le Fête de l’humanité, et pourra être utilisé jusqu’à la mi-novembre, soit deux mois pleins, ce qui répond à une ambition exprimée par de nombreux animateurs de la vie du Parti.

Les résultats de cette consultation seront versés à l’Assemblée des animateurs de section que nous vous proposons de fixer au 18 novembre.  Cette assemblée proposera au Conseil national la liste des chantiers de travail, ainsi que l’ordre du jour du congrès, sa date et sa méthode de préparation. Ces chantiers de travail et de transformation donneront lieu à un travail spécifique. L’idée est d’animer et de faire progresser chacun des chantiers dans un travail collectif et collaboratif, ouverts à l’ensemble de nos adhérents. Les conclusions de ces chantiers permettront d’élaborer la base commune. Une lettre d’animation aux fédérations et sections sera mise en place. Tout cela demande une organisation scrupuleuse à l’échelle de nos régions, de nos fédérations et de nos sections, avec un travail minutieux, progressif en pointant les camarades ayant répondu à la consultation afin d’en solliciter de nouveaux. Nous proposons de tenir un conseil national les 13 et 14 octobre prochains pour faire un premier point d’étape.

Notre discussion en Conseil national et les échanges que nos aurons lors des trois jours de la Fête de l’Huma peuvent nous permettre, collectivement, de créer les conditions les plus favorables possibles pour réussir cette première étape dans la préparation de notre Congrès extraordinaire.

Pour conclure, une information rapide sur les Jeux Olympiques.  Mercredi, à Lima, le CIO désignera Paris pour accueillir les J.O en 2024. Nicolas Bonnet est membre de la délégation, d’autres camarades, des élus de la Seine-saint-Denis, ainsi que Bernard Thibault qui a intégré le comité de candidature pour veiller à la mise en œuvre des engagements figurant dans la charte sociale. Une loi olympique sera inscrite à l’ordre du jour du Parlement avant la fin de l’année. A quelles conditions les JO de 2024 peuvent-ils être utiles aux populations ? Comment faire de ce rendez-vous une grande fête populaire autour des valeurs de l’Olympisme, en posant avec force la place du sport dans notre société et libérer les activités sportives de la marchandisation ? Les enjeux sont très importants, en terme d’investissements publics, d’aménagement du territoire, d’objectifs sociaux et environnementaux.

On lancera lors de la fête de l’Huma, un appel pour associer les citoyens à l’écriture d’une proposition de loi pour le sport pour toutes et tous.

Je vous remercie.

 

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