Pourquoi avons-nous quitté, hier soir, le conseil communautaire ?

Compte-rendu du Conseil communautaire du 27 septembre.

Hier soir, sur le coup des 20H30, après deux heures de conseil communautaire, nous sommes cinq élus ( Jean-Yves Lalanne et Arnaud Jacottin de Billère, les palois André Duchateau, Stéphanie Maza et moi-même) a avoir quitté l’assemblée. C’est la première fois qu’un tel événement se produit. Il en dit long sur la très préoccupante dérive de F.Bayrou, en conseil municipal de Pau comme en conseil communautaire.

Pour résumer les choses en quelques mots, commençons par rappeler des principes essentiels. Il est parfaitement normal que des élus municipaux et/ou communautaires puissent questionner le maire de Pau et le président de l’agglomération, faire état de leurs réflexions, avancer des propositions. Il s’agit là d’une exercice démocratique de base. L’idéal serait de pouvoir le faire localement dans les meilleures conditions. Le souhaitable consisterait, à minima, à pouvoir intervenir sans être interrompu systématiquement par les commentaires moqueurs de F.Bayrou, ou même par un usage intempestif d’un bouton lui permettant de nous couper le micro.

François Bayrou n’aime pas le débat démocratique, « la dispute » au sens classique du terme, qui consiste à confronter des opinions dans le cadre d’une assemblée. Il n’aime pas qu’un avis divergent au sien puisse être présenté et argumenté. À force de n’être entouré que de personnes ( son équipe rapprochée au Modem et une sorte de cour de collaborateurs et d’élus de sa majorité – pas tous…- à Pau ), se comportant avec lui comme des courtisans agenouillés face au Roi – ( cela peut donner des scènes s’approchant du film « Ridicule » de Patrice Lecomte), François Bayrou a perdu de vue ce qui fait, je le crois, la qualité d’un responsable politique : le discernement, la capacité à ne jamais jouir d’un pouvoir ( qu’il soit local ou national ), à chercher dans la pensée et la liberté d’une idée différente à la sienne ce qui peut être juste et vrai.

Pour avoir observé de près ce processus, j’ai le sentiment que les choses se sont nettement aggravées depuis son départ du gouvernement après à peine un mois au ministère de la Justice. Je peux concevoir la blessure humaine et politique. Elle ne peut en aucun cas justifier les excès d’autoritarisme, les attaques ad hominem, les amalgames permanents, les sarcasmes, les moqueries. F.Bayrou aime beaucoup se moquer d’un adversaire politique, allant même jusqu’au plaisir malsain de l’humilier publiquement. Quand, à son tour, il peut être la victime d’une moquerie, on peut très vite constater sa grande difficulté à encaisser la chose.

Concernant l’opposition paloise, notamment André Duchateau et moi-même, ou des conseillers communautaires ( le maire de Billère et son premier adjoint), nous avons eu à subir tout cela depuis le début de la mandature. Parfois ça passe, on fait avec – ou plutôt sans-, on esquive, on reste sur le débat de fond. Hier soir, F.Bayrou a franchi une nouvelle étape qui ne pouvait pas se traduire par autre chose que notre décision de quitter l’assemblée.

Pour F.Bayrou, sa mandature est l’an 1 de tout. Et au septième jour, il se reposa de toute son oeuvre. À l’écouter, absolument rien n’a été fait pas les anciennes équipes. Ce qui est, au passage, une bien curieuse reconnaissance des missions assurées par les agents de notre collectivité au cours des vingt, trente, quarante dernières années. Pour F.Bayrou, quand un élu tel qu’Arnaud Jaccotin, dont on connaît la qualité sur les questions liés au travail, attire l’attention des conseillers communautaires sur les risques d’une machine pour broyer des végétaux, le président de séance lui répond comme s’il avait devant lui un abruti, alors que cet aspect a été discuté en commission. Dans de tels moments, je l’avoue, l’ambiance est irrespirable car on assiste à quelque chose qui ne devrait pas se passer ainsi. Rebelote pour André Duchateau à qui F.Bayrou prête des propos que l’élu socialiste de Pau n’a absolument pas tenus.

Puis, nous sommes partis.

Mais la soirée n’était pas encore terminée. En rentrant chez moi, j’ai suivi la suite du conseil communautaire jusqu’au moment où Josy Poueyto, députée Modem de la circonscription, informe le conseil communautaire de ma présence au Palais des sports où l’Elan béarnais jouait son premier match à domicile face à Monaco ( on a malheureusement perdu de deux points). Cela fait une drôle de sensation d’être installé sur son canapé et de se voir transporté ainsi, via les pouvoir surnaturels de Josy Poueyto, dans les tribunes du Palais des sports. Et voilà F.Bayrou, président de séance, qui verse la seconde couche ( ce qu’il n’était pas obligé de faire ) en disant que l’information était confirmée… La manœuvre est grossière, elle consiste à faire croire que nous avons simulé l’indignation pour aller tranquillement assister au match. J’ai donc fait une photo de ma vie à ce moment là, avec ma compagne, envoyée sur mon compte Twitter. Car il y a aussi nos vies personnelles, il faut prendre un peu de distance avec le reste… J’ai demandé par SMS des excuses. Ce qui a été fait quelques minutes après par Josy Poueyto et François Bayrou.

Ce matin, dans sa conclusion au compte-rendu du conseil communautaire qui fait le récit de cette embrouille, la journaliste de la République des Pyrénées écrit : « Et puis nous, nos électeurs, qui vous regardons ». Je peux comprendre cette réaction mais je ne la partage pas. Les électeurs peuvent regarder ce que j’ai exprimé lors de cette séance sur des sujets sérieux ( voir ci dessous), dont la République des Pyrénées ne parle pas, ils peuvent lire les compte-rendu que je rédige systématiquement après chaque conseil municipal et communautaire, ils peuvent me rencontrer lors des visites de quartier.

Mes interventions hier soir :

Sur la fusion des bailleurs sociaux. C’est un gros sujet. Comme j’ai pu le faire lundi en conseil municipal, j’ai regretté la précipitation de cette délibération en éclairant une opération qui consiste à en finir avec notre modèle HLM, la loi SRU. C’est une victoire considérable pour le lobby du bâtiment, très puisant, et une perte d’autonomie supplémentaire pour les maires. Les associations des personnes handicapées ont exprimé leur indignation et leur très grande colère.

J’ai posé des questions précises sur les 240 000 euros de dépenses pour la prochaine édition des « Idées mènent le monde ». Puisque les invités à ces rencontres ne sont pas rémunérés, comment est ventilée cette somme. En juin dernier, j’avais pris connaissance d’un article dans Le Parisien, intitulé « Quand le Modem travaillait en famille », qui évoquait « Les idées mènent le monde ». On m’a répondu que l’ensemble des personnes mobilisées étaient bénévoles. J’ai souligné la faible visibilité nationale de ce rendez-vous. Tout en demandant le détail de ces 240 000 euros. Je veux vérifier certaines choses.

Après le pacte financier signé par notre collectivité, j’ai interrogé F.Bayrou sur la future réforme de la fiscalité locale. J’ai posé une question sur la possibilité d’une future augmentation de la fiscalité locale. Pas de réponse claire.

Enfin, après le « piéton » publié le jour même dans Sud-Ouest, qui nous informait que F.Bayrou n’avait jamais mis les pieds, contrairement à ses déclarations la veille en conseil municipal, dans le magasin « C’est deux euros », rue Carnot, je lui ai offert quelques objets achetés le jour même dans ce commerce. Pour le détendre un peu…Nous verrons, dans les prochaines semaines, si les choses s’améliorent. Ou pas

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