Notes de lecture…

Notes de lecture.

Essai. Dans la tête de Marine Le Pen, par Michel Eltchaninoff, édition Solin/Actes Sud.

L’auteur a prioritairement travaillé à partir des discours de Marine le Pen. Sa conclusion : « elle avance masquée et elle se montre très forte à ce jeu ». Pour Michel Eltchaninoff, « afin de laisser croire qu’elle a quitté la famille de l’extrême-droite, elle multiplie les repères, brouille les pistes ». Au crible de cette analyse, l’ouvrage fait la démonstration que Marine le Pen n’a pas supprimé les piliers traditionnels du FN et de l’extrême droite.


Le Front national a-t-il changé ? Page 169, on peut lire : « Son appel à la révolte contre les élites, la bureaucratie européenne et le capitalisme libéral pourrait le laisser penser. Contre le discours des contraintes, qu’incarnent aux yeux des Français les partis de gouvernement traditionnel et qu’incarne le programme très libéral du candidat des Républicains françois fillon, elle en appelle à un changement radical fondé sur un ras-le-bol populaire (…) le succès du FN offre la griserie de la révolte » mais cet ouvrage, avec d’autres, fait œuvre utile en participant à une indispensable démystification du visage « social » et « républicain » du FN.


J’en profite pour signaler ici l’entretien de Willy Pelletier, sociologue et coordinateur de la Fondation Copernic, dans l’Humanité du vendredi 27 janvier, qui présente l’ouvrage  » Les classes populaires et le Fn » ( ouvrage collectif, éditions du Croquant) en exprimant « l’urgence de déconstruire les fantasmes autour du vote Front National ». Pour lui, et je partage cette idée, « lutter suppose de viser juste » et « saisir les causes sociales des votes FN ». Il fait comprendre « les processus sociaux divers qui se conjuguent pour qu’au final les plus proches soient vus comme des rivaux, des menaces, quand seul reste le chacun pour soi, un sauve-qui-peut général où personne ne peut secourir personne ». En effet, la destruction des solidarités pèse lourd.

Les yeux d’Elsa, Aragon.

Rangé dans l’une de mes bibliothèques, pas à Pau, ni à Paris mais à Saint-Pierre-d’Aurillac, « Les yeux d’Elsa » et les dernières lignes de la préface, écrite à Nice, en février 1942.
« Tous ceux qui d’un même blasphème nient et l’amour, et ce que j’aime, fussent-ils puissants à écraser la dernière étincelle de ce feu de France, j’élève devant eux ce petit livre de papier, cette misère de mots, ce grimoire perdu; et qu’importe ce qu’il en adviendra si, à l’heure de la plus grande haine, j’ai un instant montré à ce pays déchiré le visage resplendissant de l’amour ».

Aveu de faiblesses (Albin Michel), par Frédéric Viguier.

Excellent ! Les déboires d’Yvan Gourlet à Montespieux-sur-la-Dourde. Les effets de la désindustrialisation dans le nord de la France. Doublé d’un roman noir ( qui a assassiné Romain Barrol ?). J’aime bien l’écriture au scalpel de Viguier.

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