Nos quartiers palois : Quartier du 14 juillet.

Jeudi 20/09. Quand j’arrive au niveau de la placette Barada, rue du 14 juillet, un petit groupe d’habitants est déjà présent. On se présente. chacun dit où il réside. La discussion s’engage rapidement sur la propreté urbaine. « Ici, nous ne sommes pas place royale » constate une paloise, mais « c’est une rue qui est une identité de Pau, avant le pont, quand on voit le château, c’est magnifique, c’est une vraie carte postale, alors pourquoi ne pas bien s’occuper de nous, c’est sale, la municipalité ne fait pas grand chose ». Il est question aussi de l’embellissement de la petite place. « Avant, nous avions un arbre, plus maintenant, est-il possible d’en replanter un ou deux ».

Je m’engage à faire remonter cette proposition à F.Bayrou. Après chaque visite dans un quartier, je lui adresse un récapitulatif des demandes des habitants.

Très vite, notre petit groupe décide d’avancer un peu. Nous constatons tous la vitesse excessive des voitures. « C’est un vrai problème » constate un résident, « on pourrait installer un radar pédagogique, qui signale aux automobilistes leur vitesse, cela serait déjà une amélioration ». Nous retenons l’idée.

Maison après maison, on ne peut qu’observer des façades en mauvais état. « N’est-il pas possible, au 14 juillet, d’avoir une opération de rénovation des façades, comme en centre-ville ? ». A chaque fois, dans mes visites des quartiers palois, je retrouve cette distinction dans la perception des habitants entre leur lieux de vie et « le centre ville ». Une paloise qui vient de nous rejoindre m’interroge sur la proportion de logements sociaux rue du 14 juillet : « je ne suis pas contre les logements sociaux, c’est même très bien, mais il faut une juste répartition sur l’ensemble de la ville ».

Puis, nous constatons au fur et à mesure de notre déambulation la vacance commerciale. Pour un habitant, qui semble bien connaitre le sujet, « un tiers » des commerces est aujourd’hui fermé ( pizzeria, deux banques de proximité, une alimentation, un magasin vidéo, une charcuterie… ».

Nous faisons une halte devant la petite supérette Aida Marketing. La gérante a fait savoir qu’elle souhaitait nous parler. La discussion s’engage. Sa demande est simple. Elle souhaite avoir deux arrêts minute devant son commerce, « c’est indispensable pour mon activité , avant il y en avait mais c’était pour une banque, pourquoi cela ne serait-il pas possible pour moi ? ». En effet, là encore, je m’engage à écrire à F.Bayrou pour obtenir une réponse favorable. j’ai aussi eu plaisir à discuter avec le jeune fils de cette dame. Il est inscrit en fac de droit et aimerait être avocat.

Puis, la discussion de notre groupe porte sur la police municipale : « nous voulons une police municipale bienveillante, qui s’occupe des incivilités. Ici, au 14 juillet, on a pas mal de personnes marginales, certains relèveraient d’un suivi psychiatrique mais ils sont dans la rue ». J’évoque alors la question de la psychiatrie dans notre pays, la manière dont les coupes budgétaires successives ont profondément mis à mal ce service public. Il ne faut pas croire que ces visites de quartier sont uniquement consacrées « aux crottes de chien » ( et cela a aussi sont importance). Nous avons aussi des échanges sur notre société, sur le sens à prendre, sur la manière de faire le choix de l’humain et non pas du fric et de la rentabilité.

La dernière étape de cette visite du 14 juillet ( nous reviendrons dans quelques semaines pour faire l’autre coté de la rue) nous a conduit au bar du stade. Accueil sympa du patron qui a une bonne connaissance des problèmes du quartier. Sa demande prioritaire est celle du stationnement : « nous manquons d’une vingtaine de place de parking». La discussion va sur le rugby, sur le stade de La Croix du Prince, stade emblématique. Quel projet pour ce stade ? Nous évoquons François Moncla. J’appelle François pour savoir s’il accepterait de venir ici rencontrer quelques amoureux de l’ovalie. Comme à son habitude, l’ancien capitaine de la section paloise, championne de France en 1964, répond présent avec une grande fraternité. Rendez-vous est pris pour le vendredi 28/09, à 18H, au bar du stade.

Avant de quitter le bar, un résident de l’immeuble au numéro 68/70 vient à notre rencontre : « est-il possible d’avoir des protections devant l’immeuble, c’est dangereux sinon avec la circulation ». C’est noté.

Je remonte la rue du 14 juillet. Nous venons d’y passer 1H30. Ces échanges citoyens vont du local à des questions plus générales, « plus politiques ». Une habitante a eu cette réflexion : « merci d’être venu, cela m’a permis de rencontrer des voisins. Je viendrai vendredi prochain même si je ne suis pas une spécialiste de rugby ». L’action « Nos quartiers palois », qui va bientôt se doter d’une structure associative, est aussi un vecteur humain. Se rencontrer, se parler, s’écouter. « Quand Bayrou est venu faire son forum citoyen, il fait un peu son show , il nous a fait la leçon. Il s’agace vite quand on lui présente un problème. Puis il repart. Ce n’est pas une bonne façon d’agir vis à vis de nous ».

Avant le pont, une magnifique lumière sur le gave et le château. C’est en effet une magnifique carte postale mais avec des gens bien vivants qui expriment des besoins. Rien de ce que j’ai entendu ce soir ne me parait impossible à réaliser. Bonne nouvelle, après ces échanges, une dame a accepté d’être notre référente pour le 14 juillet en précisant « je ne suis pas de votre sensibilité politique mais j’apprécie beaucoup la démarche ».

Je complète cette publication par le récit d’un habitant du 14 juillet qui nous a adressé ce texte quand il a appris que nous allions venir dans son quartier.

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