Nos quartiers palois : Place d’Espagne et cité des Fleurs.

Nous venons d’effectuer deux nouvelles étapes dans le cadre de notre circuit « Nos quartiers palois ». Le vendredi 29 juin dans le secteur Place d’Espagne et rue Lamothe. Hier, en fin d’après midi, du coté de la cité des Fleurs.

Comme à chaque fois, la rencontre est annoncée par des petites affichettes, deux jours avant. Cela commence a bien fonctionné avec une petite équipe constituée autour de moi et qui m’aide à identifier les problèmes locaux et à rencontrer les personnes qui veulent en discuter. Le simple fait de poser les affichettes qui annoncent notre venue permet des premiers échanges. Merci Nelly qui a la charge de cette logistique !

Le plus souvent, ces paloises et ces palois n’ont pas eu de réponses de la mairie. Ils n’ont jamais vu un élu de la majorité municipale faire le déplacement. À chaque fois, je sais qu’une parole sera, invariablement, prononcée : « Le maire ? Depuis son élection, on ne l’a pas vu ici…trop occupé à Paris ».

Je crois qu’une image se construit dans les premiers mois d’une mandature. Les choses se fixent très rapidement et il est très difficile d’y revenir dessus. Macron restera le président des riches. Et François Bayrou, celui qui a voulu quitter Pau pour une fonction plus prestigieuse. Le président du Modem, lors de la campagne, s’était engagé à une proximité, une présence, avec des annonces fracassantes sur la démocratie participative. Son aller/retour Place Vendôme/Place royale a été d’autant plus mal ressenti qu’il est clairement apparu que sa démission du gouvernement lui a été imposée par Macron et le Premier ministre. Qu’il s’est accroché jusqu’au bout à son poste de ministre de la Justice…après avoir déclaré, lors des dernières élections municipales, qu’il ne quitterait plus la ville de Pau. Pour rappel, le DGS et la directrice de la communication de la ville – une ancienne élue Modem- allaient suivre F.Bayrou à Paris. Cela a choqué à l’époque.

François Bayrou n’a pas tenu parole et, depuis son éviction du gouvernement, il ronge son frein avec un très faible intérêt pour les affaires du quotidien à Pau et une propension, n’ayant pu être roi à Paris, à vouloir l’être ici en Béarn : discours inaugural lors de la création du pays de Béarn sur le mode « je suis le nouveau Henri IV », nouveau logo « Pau capitale », rénovation de la façade de l’hôtel de ville, avec des couleurs « abricot et vert » et un « air florentin » voulu par le maire, une politique municipale de plus en plus bling bling . Tout cela peut bien évidemment faire sourire mais, au regard de ce que je constate lors de mes déplacements dans les quartiers palois, notre ville souffre, à commencer par les associations, les familles populaires confrontées à la hausse permanente des tarifs municipaux, des quartiers entiers qui ne sont pas pris en considération. Comme Emmanuel Macron pour le pays tout entier, François Bayrou mène une politique qui n’a pas pour objectif la réduction des inégalités. Comme Emmanuel Macron, pour lui, certaines personnes « ne sont rien ». Le dossier Isabe en dit long sur sa manière de considérer les plus modestes.

Donc, après mes déplacements place d’Espagne et cité des Fleurs, voilà ce que les paloises et les palois m’ont fait observer.

Place d’Espagne et rue Lamothe. On s’installe au café, les premiers habitants arrivent. Trois, puis six, on élargit l’espace tout en commandant des cafés. Une première personne dit : « merci d’être venu, j’ai beaucoup de choses à dire, je fais faire vite ». Comme à chaque fois dans un pareil moment, je tiens à préciser une chose : « Madame, vous avez le temps, j’ai deux heures devant moi. Là, on va échanger et après on pourra se promener dans le quartier, constater ensemble ce qui vous pose problème ». Il est question du trafic de drogues qui pourrit la vie des habitants. Les deux représentants du collectif citoyen qui s’est formé pour interpeller les pouvoirs publics sont venues à ma rencontre. Il me disent très précisément comment les choses se passent. Puis nous engageons la discussion sur les réponses et les solutions. Sur les moyens pour la police et la justice. Sur la nécessité d’intervenir en amont. La municipalité Bayrou, dès son arrivée aux affaires, à mis fin brutalement aux missions de l’éducation spécialisée (Apsap). Je rappelle que nous manquons dans l’hyper-centre de Pau d’un lieu d’accueil non marchand pour les jeunes. Tout le travail réalisé sous l’ancienne mandature autour du projet du 22 rue Lamothe avait pointé ce besoin, qui n’a cessé, depuis, de grandir.

Puis, il est question de l’aménagement de la place d’Espagne. Le résultat ne soulève pas l’enthousiasme. Et surtout, ce qui frappe, c’est l’état général. Normalement, après une telle rénovation, on a envie d’en prendre soin. Ce n’est pas le cas. Les plantations ( voir photo) dans les espaces verts ne sont pas très en forme. Cela peut apparaître comme un détail. Et pourtant, toutes les personnes croisées en cette fin de matinée sur la place ont voulu me le faire constater. Comme si cette désolation végétale était le symbole d’une opération qui ne permet pas, au final, un réel embellissement du cadre de vie.

Des questions sont posées sur la structure en bois, sur l’ascenseur. « Nous sommes toujours en travaux ici, c’est jamais fini quoi…, c’est fatiguant. Pour la façade de l’hôtel de ville, c’est différent ! » observe un retraité qui habite à la résidence Séville. Puis, une paloise m’informe de son inquiétude concernant la qualité de l’eau. Depuis les travaux, « il y a très souvent un dépôt au fond de mon évier quand je fais couler de l’eau ». Je lui indique la démarche à suivre. Un commerçant évoque les indemnisations pour le manque à gagner avec les travaux. Il n’a pas été retenu. Un autre regrette de n’avoir été indemnisé que jusqu’au 30 octobre. Comme à chaque fois, nous partons constater les choses. On échange des coordonnées avec l’objectif de refaire le point dans quelques semaines. Après chaque déplacement, j’adresse un courriel au maire avec simplement la liste des demandes. Dans certains cas, j’interviens aussi lors des conseils municipaux.

Cité des Fleurs, sous un ciel annonçant un gros orage, je suis allé du coté de la place Baudelaire. Nous sommes dans le périmètre de la rénovation urbaine. Ici comme ailleurs, les habitants n’ont pas eu d’informations précises. C’est révoltant de constater dans de tels moments le fossé entre ls éléments de langage de la municipalité sur « la co-construction avec les habitants » et la réalité. Ils s’interrogent sur l’avenir de la petite placette à laquelle ils sont très attachés. « Le soir, on vient s’assoir sur les bancs, on prend le frais, on discute avec les voisins, les enfants jouent » précise une résidente. Pourquoi ne pas les associer – et pour tout dire les respecter – en les informant des décisions prises ?

Direction la petite supérette du quartier. J’adore ces endroits. Très bon accueil de la commerçante, originaire du Sénégal. Elle me dit être une fidèle de la radio RMC entre midi et deux et qu’elle aime bien quand je suis l’un des invités de l’émission. « J’ai remarqué qu’à chaque fois vous vous arrangez pour parler de Pau ! ». Exact ! Et ce n’est pas toujours simple…

Prochaine étape dans nos quartiers palois : mardi 10 juillet au Cami Salié.

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