Macron, entreprise de démolition. Premières rencontres et échanges autour du livre.

Paris, Pau et Tarbes.

Jeudi dernier à Paris, dans un brasserie de la Place d’Italie, j’ai eu le plaisir de retrouver Bernard Stéphan, directeur des éditions de l’Atelier, Julie Graff, l’attachée de presse chargée de la promotion du livre, Igor Zamichei, secrétaire départemental du PCF Paris, et les camarades de la section du 13ème qui avait accepté d’organiser ce moment de rencontre pour la sortie officielle du livre «  Macron, entreprise de démolition. Forces, failles et supercheries ».

Lors de l’échange, Jean-Noel Aqua, le jeune secrétaire de section du 13ème, universitaire, est intervenu sur un sujet au cœur de l’ouvrage. Macron est-il dans le simple prolongement et la continuité des politiques menées au cours des dernières décennies, notamment lors des quinquennats de Sarkozy et Hollande, ou, comme je l’avais indiqué lors de mon propos introductif, faut-il d’abord retenir de la nouveauté dans l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron et sa majorité ?

Macron peut bien évidemment inscrire son action dans la suite des politiques menées au cour des dernières années contre l’égalité et la justice sociale, les valeurs républicaines, les solidarités au nom de l’austérité budgétaire et une vision de l’avenir réduite à une feuille Excel et à la satisfaction des intérêts des puissances de l’argent. Mais il y a du neuf dans le Macronisme. Il s’agit d’en prendre toute la mesure, d’en mesurer sans attendre la réalité pour mieux s’y opposer et agir. Jamais un pouvoir n’a engagé sa politique avec la volonté de taper aussi brutalement et sur un aussi grand nombre de chantiers. Par la passé, la droite a pu avoir quelques appétits en la matière mais sans jamais aller aussi loin et sans jamais l’assumer aussi clairement.

Pour atteindre ses objectifs, Macron, poursuivant le travail idéologique mené lors de la campagne électorale, entend « dépolitiser le débat », le réduire à des « arbitrages » techniques, avec la promotion de ministres « experts », issus de la « société civile », ne faisant pas de « politique » mais proposant des « solutions » pour « lever les blocages ». On connaît la chanson… Blanquer à l’Education, Buzyn à la santé, sont pourtant de vrais idéologues, allant puiser l’inspiration de leur action  dans les cercles les plus déterminés à en finir avec une école et un hôpital pour tous.

Regardez sur les enjeux européens, Emmanuel Macron me semble bien plus dangereux que ces deux prédécesseurs réunis dans le sens où il s’empare du sujet d’une « refondation européenne », traitant même la crise démocratique provoquée par le non respect du référendum de 2005, pour, en voulant prendre le ledearship européen, ouvrir un nouveau chapitre qui ne ferait qu’approfondir plus encore des politiques désastreuses nourrissants les souffrances sociales et les populismes de tous ordres. Au sujet des migrants, jamais, au cours des dernières décennies, un gouvernement n’avait osé remettre en question l’inconditionnalité de l’accueil dans ces centres d’hébergement.  Pour faire un peu oublier combien les « premiers de cordée » et le festin des gains obtenus avec le premier budget du quinquennat – là encore, c’est sans précédent à un tel niveau… », le Macronisme est une politique des plus brutales et indignes contre les plus fragiles (réfugiés, chômeurs, allocataires des APL) avec des stigmatisations, des paroles publiques prononcées par le chef de l’Etat.

À Pau, vendredi soir, j’ai eu le grand plaisir de retrouver les camarades avec qui je milite. Des amis. Les représentantes du collectif « Isabe debout » étaient au rendez-vous. À la fin de la séance de dédicaces, deux jeunes femmes attendent, semblent hésiter à se rapprocher. L’une d’entre elles se lance et, dès les premiers mots, ses yeux chavirent sous le coup de l’émotion. Elle avait lu dans la presse que nous présentions le livre et que je serai présent. « Pouvez-vous m’aider ? ». Je lui dis que nous avons du temps pour discuter tant elle me semble vouloir tout résumer en quelques mots. Elle a travaillé à l’Hôpital de Pau comme aide-soignante durant six années. Avec des contrats qui se suivaient puis tout s’est arrêté du jour au lendemain. « Jetée ». Elle est accompagnée d’une amie à elle qui a connu la même chose. Elle témoigne : « J’aime mon métier, j’ai toujours tout fait pour donner le meilleur de moi-même, j’avais de très bonnes relations avec mes collègues, on se soutenait. J’ai trois enfants. Pourquoi agir ainsi ? En plus, il y a besoin de personnels supplémentaires, pas en moins. C’est injuste… Je ne comprends pas… ». On va intervenir dès le début de cette semaine auprès du directeur de l’hôpital. Un responsable de la section de Pau propose à ces deux femmes de poursuivre l’échange lors d’une rencontre dans les prochains jours. Agir localement et nationalement pour la défense de l’Hôpital comme ont décidé de le faire les députés communistes.

Samedi, en fin de matinée, direction Tarbes, à l’invitation de Marie-Pierre Vieu qui m’accueille dans les locaux de sa permanence parlementaire en plein centre ville. Magnifique ! Depuis son élection, Marie-Pierre a déployé une énergie impressionnante, tant au Parlement européen, qu’à l’échelle de la circonscription. Cela est une très bonne chose, nous avions vraiment besoin d’une élue présente, en lien aux luttes, avec une disponibilité sur des sujets essentiels pour la prochaine période. Marie-Pierre a su s’entourer d’une équipe rajeunie, avec un enthousiasme communicatif.

Au cour de l’échange, un syndicaliste enseignant intervient sur la lame de fond que connaît depuis quelques semaines le département des Hautes-Pyrénées pour défendre des écoles de campagne ou de montagne. Dans de toutes petites communes, que l’école soit directement menacée ou pas, des rencontres publiques réunissent 50 à 70 personnes. Il ne s’agit pas seulement de défendre des postes d’enseignants menacés, ni même d’opposer écoles des secteurs urbains et celles de la ruralité, mais de mettre en partage des informations, de réfléchir à des solutions et d’agir. On parle de la vie dans les villages, du lien social, de l’école. Dans le département, du fait des spécificités rurales et montagnardes, 70 % des écoles sont des écoles rurales de une à trois classes. Dernièrement, le directeur d’académie a fait le tour des écoles et des mairies pour affirmer que l’avenir était aux regroupements, aux fusions, avec des « grands pôles éducatifs » en laissant entendre que l’étude d’une universitaire concluait à de plus grandes difficultés scolaires pour les élèves des petites écoles rurales. Contacté par les animateurs de la lutte pour l’avenir de ces écoles, l’universitaire a précisé que ses travaux ne disaient absolument pas cela.  Les parents d’élèves et les élus réagissent : «  pourquoi casser quelque chose qui fonctionne ? ». L’école rurale est une richesse locale.  En Béarn, les parents d’élèves de l’école de Gurmençon s’organisent pour ne pas accepter la suppression d’une classe à la prochaine rentrée scolaire.

Si la présentation du livre peut permettre des échanges sur les actions engagées partout dans le pays, les luttes et les ripostes, cela sera une très bonne chose. Pour mieux comprendre le macronisme, pour s’y opposer plus efficacement, mais pas uniquement. Il s’agit aussi d’inviter lors de ces initiatives publiques les femmes et les hommes qui agissent concrètement à l’échelle de leur territoire et avec qui nous voulons travailler, dans la durée, à une transformation concrète de la société. Échanger avec eux, réfléchir au réel, aux potentialités et aux obstacles, se fixer des objectifs, non pas à partir des préoccupations propres du PCF, ou à l’aune des stratégies électorales, mais avec des processus démocratiques et citoyens permanents.

Prochain rendez-vous : mardi 23/01 à Avignon, 31/01 à Lorient, 01/02 à Quimperlé et 02/02 à Vannes.

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