« L’exigence d’unité va grandir. »

Interview dans le journal Communistes. 

Dans quel climat se prépare la conférence nationale du 5 novembre et comment travaille la commission que tu animes ?

C’est un climat d’écoute, de prise en considération des différentes opinions qui s’expriment, avec l’objectif de veiller à l’unité des communistes, tout en approfondissant les débats. Les trois questions pointées par le relevé de décisions du dernier Conseil national (notre stratégie de rassemblement et de nouvelles initiatives, les élections législatives, le choix d’une candidature pour l’élection présidentielle) sont discutées, la troisième plus que les deux premières, avec l’objectif de faire les meilleurs choix possibles. La commission d’animation et de suivi du débat travaille à partir des procès-verbaux des assemblées générales et des conseils départementaux et a pour mandat de proposer un projet de résolution pour la conférence nationale. C’est la conférence nationale qui sera alors souveraine pour formuler les propositions qui seront soumises au vote des communistes. Bien évidemment, ce débat ne se tient pas en vase clos, il est nourrit de la grande consultation citoyenne, du lancement de la pétition nationale « Vivement la gauche ! », de démarches unitaires comme l’Appel des 100 qui sera à l’initiative d’une journée de convergence le 12 novembre.

Tu as dit lors de la réunion des secrétaires fédéraux que « le commun » apparaissait très clairement à la lecture des procès-verbaux des réunions. Peux-tu préciser ?

Oui, en trois domaines. D’abord, la gravité de la situation politique est davantage perçue que lors des débats préparatoires au dernier congrès. L’idée qu’un second tour droite/FN n’est pas un simple remake de 2002, qu’une victoire conjuguée de la droite et de l’extrême-droite n’est pas une alternance banale mais un piège mortel pour le pays est très présente dans les débats. Il y a ainsi une disponibilité forte dans notre organisation pour élever le niveau de riposte face aux projets dangereux de la droite, et face à un FN conquérant, renforcé par cette fin de quinquennat qui est à vomir et par un rejet grandissant de l’alternance droite/PS.

Ensuite, il existe un très large consensus pour poursuivre et amplifier notre stratégie de rassemblement. C’est le cap central du PCF, dans les luttes, les propositions et les élections. Pour 2017, en saisissant toutes les occasions qui se présenteront, et après. La recomposition politique à gauche s’accélère, le PCF a des choses à proposer et à faire pour une nouvelle majorité politique de gauche, alternative à l’austérité. Enfin, par delà les options différentes pour le choix d’une candidature à la présidentielle, les débats convergent sur l’idée d’une campagne communiste, non pas « identitaire », mais très ouverte, rassembleuse, porteuse d’espoir.

Et pour la présidentielle et les législatives ?

A partir du débat des communistes, la commission d’animation et de suivi du débat préparatoire à la conférence nationale a listé les avantages et les inconvénients, les leviers et les freins, des différentes options. Il faut poursuivre le débat, qu’il chemine encore, en créant les conditions que le plus grand nombre possible d’adhérents y participent. Pierre Laurent a adressé un courrier à l’ensemble de nos partenaires pour une réunion commune, le 3 novembre. A ce jour, tous ont répondu positivement, nous attendons la réponse de la « France insoumise ». Il nous faut aujourd’hui, avec cette nouvelle organisation, qui ne peut être le cadre commun pour les communistes, comme pour d’autres forces, établir des relations constructives et positives. Les communistes prendront leur décision d’ici la fin de l’année. C’est à la conférence nationale de décider du bulletin de vote et du calendrier de la consultation. La situation politique n’est pas figée. Il va se passer des choses. Il s’en passe d’ailleurs, regardez combien la candidature de F.Hollande est aujourd’hui contestée de partout. Personne ne peut dire comment les choses évolueront et personne n’a la solution à lui tout seul. Beaucoup de gens sont aujourd’hui perdus et inquiets, tristes de la désunion de forces qui partagent l’essentiel. L’exigence d’unité va grandir.

Les élections législatives sont à la fois l’antidote à un présidentialisme renforcé par le quinquennat, qui est le principal verrou au changement, et un espace de rassemblement concret et efficace pour élargir, dès à présent, le périmètre politique et citoyen du rassemblement. De quel député de gauche a-t-on besoin ? Avec quels contenus pour une nouvelle politique de progrès social, démocratique, écologique ? Mettons ces questions en débat partout dans le pays. La conférence nationale doit, le 5 novembre, marquer une étape dans notre entrée en campagne pour les élections législatives.

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