lectures d'olivier dartigolles

Lectures…

Dans son dernier essai,  » Un monde sans esprit. La fabrique des terroristes » ( Les liens qui libèrent), Roland Gori nous incite à « ne pas rater l’essentiel » et pose une question : « le politique est-il prêt à se laisser guider par l’artiste pour nous accompagner dans la conduite de nos vies ».

Ce livre m’a d’abord semblé sombre, tant l’analyse très serrée sur le vide moral et culturel de l’époque est remarquablement présentée. Mais l’essai est au final un beau message d’espoir pour « un pacte d’humanité », pour retrouver un « nouveau souffle des opprimés » (Marx). Pour Gori, « notre monde est affamé d’espoir ».

Gori met la plume dans la plaie, sur la réponse sécuritaire par exemple. Les mesures sécuritaires sont insuffisantes, « elles ne soignent que les symptômes d’une maladie de civilisation que le néolibéralisme a fabriqué de pied en cap ». Ou en encore :  » c’est bien parce que cette hégémonie néolibérale tend à nous léguer un monde sans esprit que nous assistons aujourd’hui à la résurgence de mouvements tyranniques et despotiques, racistes ou nationalistes, terroristes ou extrémistes ».

Face à la terreur, Roland Gori nomme le défi, « donner des raisons d’espérer et de penser l’avenir ». Au risque de connaître d’autres monstres. Ce livre pointe la carence des récits émancipateurs capables de répondre aux besoins humains d’espérer en l’avenir.

Il y a urgence car  » nous cheminons au bord du gouffre, entre la poudrière de la paupérisation généralisée des populations du monde, vampirisées par la cupidité du néolibéralisme, et l’abime du terrorisme divers et variés, nés de la confrontation et de la dislocation des États et des puissances publiques ».

Il nous fait donc « chercher une autre manière de vivre ensemble, d’éprouver ensemble, de partager ensemble ». Avec un humanisme à refonder, à réinventer, lié à la place et à la fonction sociale de la culture . C est le cœur de l’essai. Gori attend ainsi des gouvernements « qu’ils fassent œuvre ». Vaste chantier. Indispensable tant la politique est aujourd’hui en panne d’imaginaire.

Quand on repose le livre, on imagine combien la réconciliation entre politique et culture pourrait changer radicalement le paysage politique qui s’installe pour les élections de 2017.

Second livre. J’ai retardé le rythme de lecture dans les derniers chapitres pour en faire durer la musique (quelle belle écriture) et l’émotion. « Les portes de fer » (Seuil) de Jens Christian Grøndalh. Il faut tenir pour ne pas lâcher le récit avant l’arrivée de Stanko et de sa mère, Ivana. Il y a Lisbeth, Erika, Adèle, Viviane, Maria, Benedicte… » Revoit-on les femmes de sa vie pour se voir tendre un miroir ? ». Il n’y a pas dans ce livre de « gens du vide » mais des portraits sensibles, humains, tourmentés. Vivants. Jusqu’à la la porte Maggione à Rome ( description page 287…).

About Author

Connect with Me:

Laissez un commentaire