Le coche et la mouche…

Compte-rendu du Conseil communautaire du 28/06 : le coche et la mouche…

Hier soir, conseil communautaire. Le matin, j’étais allé à la rencontre des syndicalistes de la CGT, engagés dans une bataille pour préserver la mission de service public de la cuisine communautaire.

D’abord un petit message pour les lecteurs de la République des Pyrénées, j’étais bien présent, tout comme André Duchateau, à ce conseil communautaire. Et nous sommes intervenus lors des débats. Je me prépare donc à quelques appels téléphoniques de copains sur le mode « Olivier, tu n’as pas pu participer au conseil d’agglomération ? ». Pour beaucoup, « La Rép », comme nous disons ici, est une institution, le seul et unique lien avec l’actu locale. Elle peut nous plaire ou nous agacer, qu’importe, elle est là. Sur les tables des familles, le comptoir du café. Nous y sommes attachés. Il faut aussi lire Sud-Ouest ! De toute manière, vous n’allez pas provoquer un drame : c’est le même groupe de presse.

En fait, l’article de la Rép ne fait écho qu’aux interventions des maires des communes de notre collectivité. C’est d’ailleurs une vraie question. Le conseil d’agglomération n’est-il qu’une chambre d’enregistrement des arbitrages rendus par le bureau des maires ? Ce que l’on nomme « l’esprit communautaire » – et qui n’existe pas vraiment – n’a-t-il pas besoin d’une assemblée délibérante pleinement respectée ? Si cette question ne date pas d’aujourd’hui, elle se pose de manière plus renforcée encore après le dernier élargissement. La communauté d’agglomération devrait d’abord être une vision partagée de l’avenir de notre territoire, elle est d’abord l’intérêt particulier additionné des communes qui l’a compose. Un exemple : pourquoi le maire de Lescar, personnalité haute en couleur, qui a pu, par le passé, enflammer le débat communautaire, est-il aujourd’hui si sage ? Pourquoi tant de déférence vis à vis du président de l’agglomération ? Pour une seule et unique raison, la commune de Lescar a touché un joli pactole financier communautaire pour son cœur de ville.

À vrai dire, beaucoup d’élus communautaires se demandent ce qu’ils viennent faire dans ce conseil. D’autant que le début de mandature a été marquée par des passes d’armes entre F.Bayrou et « le communiste Dartigolles » qui ont pu lasser. Un mauvais remake de Don Camillo et Peppone à la sauce béarnaise ! C’est pourquoi, je ne réponds plus aux élucubrations du président de l’agglomération sur l’Europe, la dette, la Grèce….Hier soir encore, voulant très certainement faire le « buzz », F.Bayrou a lâché un scoop : « Le soir où la Grèce a dû céder, j’étais avec Jean-Luc Mélenchon lors d’un dîner chez des amis communs », « même si je ne partage pas sa germanophobie » complète-t-il, hésitant, dans un exercice d’équilibriste… La belle affaire.

Reste que F.Bayrou n’indique pas que la Grèce a alors été livrée aux chiens de l’austérité. Mais bon, pour rester sur les enjeux communautaires, qui ne manquent pas, je ne réponds plus. Hier soir, juste par un simple « vous racontez des sottises ». Sur la question de la dette, le logiciel Bayrou est resté planté au début des années 2000. Son argumentaire, qui prend un temps plus ou moins long… mais avec lui le temps s’allonge même quand c’est plus court – est récité en boucle avec, à chaque fois, les mêmes formules, les mêmes chiffres, les mêmes exemples. Sans avoir pris la peine de lire les travaux récents d’économistes – dont des libéraux -, qui introduisent un peu de complexité dans tout cela, il récite un bréviaire, celui de l’austérité.

 

Ma première intervention, après la délibération sur le « plan climat, air, énergie », a été consacrée à la solidarité aux communes très durement frappées par les inondations. Alors que François Bayrou est resté à Paris, un formidable élan de solidarité s’est manifesté en Béarn. Les agents de notre collectivité n’ont pas compris pourquoi nous n’étions pas allés, dès le lendemain des intempéries, prêter main forte aux équipes déjà sur place. Le maire de Salies-de-Béarn avait alors témoigné : « de nombreuses mairies se sont mobilisées pour nous aider, on a vu arriver des agents et du matériel de Bayonne, d’Anglet, de Saint-Palais, de la communauté de communes Lacq-Orthez ou encore d’Orthez, de Sauveterre, des maires de villages environnants comme Carresse, Saint-Pé-de-Léren ou encore Castagnède nous ont envoyé leur cantonnier, le maire de Mauléon a aussi été formidable… ». Pau a manqué à ce premier appel. Depuis, des chalets en bois ont été livrés, nous avons proposé des fleurs, une réflexion à l’échelle du Pays de Béarn pour un mécanisme d’alerte et de solidarité. Un moment pénible : quand F.Bayrou se pousse du col et laisse entendre que c’est grâce à son intervention auprès de Gérard Collomb que l’état de catastrophe naturelle a été obtenu. J’ai trouvé cela obscène. Seuls les dégâts considérables provoqués par ces intempéries, les situations dramatiques vécues par tant de familles, les conséquences dramatiques pour l’économie locale, les services publics, ont justifié un classement rapide en catastrophe naturelle. Le préfet a fait son travail et, avec lui, les parlementaires du Béarn. F.Bayrou, dans de tels moments, est tout simplement indécrottable. Il ne peut pas s’en empêcher. C’est dans sa nature. Une blessure narcissique qui ne cesse d’augmenter avec les années. Le plus souvent, cela nous fait sourire. Mais dans de tels moments, ce n’est pas terrible…

Autre moment de ce Conseil communautaire : le budget. Et plus précisément, le pacte financier entre notre collectivité et l’Etat. J’étais intervenu lundi soir, lors du conseil municipal, pour alerter sur la gravité de cette fausse « contractualisation », née de la dernière loi des finances, et qui porte gravement atteinte au principe de libre administration des collectivités. Cela n’avait pas suscité de débat. Hier soir, voulant couper court, F.Bayrou a osé un « nous en avons débattu ». Ce qui est absolument faux puisque seule cette délibération permettait de le faire.

Nous avons été quelques-uns, dont Jean-Yves Lalanne, Pascal Mora, Michel Bernos, à échanger des arguments dans un exercice démocratique de qualité. Comme à son habitude, après chaque intervention n’allant pas dans le sens voulu, F.Bayrou abaisse ce débat en caricaturant les idées des uns, en faisant la leçon, « vous êtes illogiques », aux autres. Heureusement, nous avons en la personne de Jean-Louis Pérès, Monsieur Finances à la ville et à l’agglomération, un élu respectueux des sensibilités qui s’expriment dans le débat. J’apprécie sa rigueur dans l’analyse et sa volonté constante, par-delà le « climat » des assemblées et des chicayas, pour répondre précisément aux questions qui lui sont posées. Pour lui, ce pacte financier « n’est pas parfait » mais préférable aux baisses de dotations telles qu’elles se pratiquaient par le passé. Il partage avec moi une inconnue : quel avenir pour nos ressources financières ? Le big bang de la fiscalité locale n’étant pas achevé.

Nous aurions pu en rester là…Mais F.Bayrou ne laisse jamais le dernier mot à un membre de son équipe municipale. Jamais. Là encore, c’est plus fort que lui. Il faut qu’il complète, qu’il précise, qu’il pinaille. Ce n’est d’ailleurs pas toujours très élégant pour celui, ou celle, qui a parlé juste avant. Cela donne le sentiment d’un professeur disant à son élève, « c’est bien mais tu as oublié de dire ceci…et de rappeler cela… » Las, certains élus n’interviennent plus. Donc F.Bayrou a eu le dernier mot pour nous dire : « c’est dingue ». Décidément, le lexique de la macronie a du succès….

Puis, nous en sommes arrivés à la proposition d’une nouvelle société publique locale pour en finir avec la régie qui réalise aujourd’hui une mission de service public de grande qualité avec près de 9000 repas livrés par jour. Les 51 agents de notre collectivité n’ont pas été associés à cette décision qui pourtant les concerne directement. Il semblerait, à en croire l’intervention de Michèle Laban-Winograd, maire d’Artigueloutan, que la discussion en bureau des maires ait tourné court. Quel devenir pour nos agents. Pour les effectifs ? Quelles conséquences pour la qualité du service rendu ? Le prix des repas ? Nous avons pu en discuter malgré l’agacement visible du président de l’agglomération. Avec ce que nous venons de vivre avec la SPL des Halles, et le recrutement de Sophie Borotra comme directrice, il était parfaitement légitime de poser une question sur la future gouvernance. D’autant que nous disposons aujourd’hui, dans le cadre de la régie, d’une directrice qui a le sens du service public. Je redoute un nouvel mercato. Après la fille, le fils ? Je plaisante mais il faut rester extrêmement prudent tant le clientélisme de Bayrou et le « système modem » qui s’est installé concernant les recrutements, sont aujourd’hui une réalité. Je viens ainsi d’apprendre que le frère d’une élue de la majorité municipale, qui n’est pas issue de la fonction publique territoriale, vient d’être recruté à la propreté urbaine, directement avec le grade d’agent de maitrise ! Rien de moins. Pour expliquer cette chose insensée, Jean-Paul Brin aurait indiqué qu’aucun de nos agents en poste n’avaient les qualités requises pour occuper cette responsabilité. Quel mépris pour nos agents…

F.Bayrou n’a bien évidemment pas apprécié mon propos sur le recrutement de la directrice des Halles. Après avoir essayé, sans y parvenir, d’établir une équivalence entre l’actuelle directrice de la cuisine communautaire et Sophie Borotra – quand on connaît la réalité…-, il veut me faire la leçon. Mettre les rieurs de son côté. « Monsieur Dartigolles, vous me faites penser à la fable de la Fontaine, « Le coche et la mouche ». Il se lance : « Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé… ». Il est question de chevaux et d’oreilles. Je lui réponds : « sur les oreilles, comme sur les chevaux, vous avez incontestablement des compétences ». J’aurais aussi pu parler des mouches. Celles de lundi soir, lors du conseil municipal où F.Bayrou avaient des révélations à faire, ne sentaient pas très bon…

Aujourd’hui, dans le cadre de l’opération « nos quartiers palois », je serai à 11H à Bosquet et à 16 h devant l’école Nandina Park

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