Conférence nationale du PCF – 5 novembre 2016

Voici le rapport que j’ai présenté lors de l’introduction des débats de la conférence nationale en tant que
responsable de la commission de suivi et d’animation du débat.

Le relevé de décisions adopté lors du Conseil national des 24 et 25 septembre a été discuté et débattu au cours des six dernières semaines. La commission de suivi et d’animation du débat préparatoire à notre conférence nationale avait pour mandat de collecter, en lien avec la Vie du Parti, et de synthétiser les avis afin de formuler une proposition de résolution à soumettre à notre conférence sur trois questions : le rassemblement que nous voulons et les nouvelles initiatives pour y contribuer, les élections législatives, notre choix de candidature pour l’élection présidentielle. Pour élaborer cette résolution, la commission a travaillé à partir des procès-verbaux des assemblées générales et des comptes-rendus de conseils départementaux.

La résolution a été travaillée mercredi en commission puis discutée en CEN et lors du Conseil national réuni vendredi. La commission se réunira de nouveau aujourd’hui, à la pause repas, à partir de nos premiers échanges et des propositions d’amendements qui peuvent être déposés auprès de Marc Brynhole.

Avant de présenter les grands axes de cette résolution, les principales questions politiques qui y sont traitées et les décisions soumises à notre conférence nationale puis au vote de nos adhérent-e-s, je veux ici aborder quatre réalités marquantes du débat des communistes.

1. D’abord le débat en lui-même, un débat de grande qualité, il faut bien en prendre la mesure, dans un climat d’écoute, dans la sincérité et la transparence, de respect des différentes opinions exprimées, avec un effort d’argumentation, d’instruction des questions politiques, notamment pour notre choix de candidature à l’élection présidentielle. La lecture des procès-verbaux donne à voir un collectif humain et militant engagé dans un travail d’analyse du réel pour prendre, dans le prolongement de nos choix de congrès, et avec une très forte volonté de rassemblement des communistes, les meilleures décisions pour 2017 et pour la suite. Personnellement, j’ai préféré lire ces comptes-rendus et suivre, avec les membres de la commission, cette élaboration collective, dont on peut être fier, que regarder ce qui peut parfois circuler sur les réseaux sociaux, caricaturant nos échanges par un agglomérat d’inexactitudes, d’étroitesses et de sectarisme.

2. Face aux dangers de l’évolution de la situation politique et à la complexité de la période, le débat des communiste permet d’identifier très clairement le commun sur l’essentiel et donc notre unité sur le cap politique de la prochaine période. Par delà les options différentes, ce commun sur notre stratégie de rassemblement a incontestablement progressé depuis notre dernier congrès. Pour quelles raisons ? Ce que nous avions dit lors du dernier congrès sur la crise politique se confirme. La situation est bien celle-là, avec le danger d’une victoire conjuguée au printemps prochain de la droite et de l’extrême droite. Avec une droite, en dynamique, ayant dans ses cartons un projet dangereux pour la France et notre société, et avec un Front national qui n’est plus en embuscade mais aux portes du pouvoir, et qui pourrait s’installer dans le futur comme la principale opposition à la politique de la droite qui provoquera une désespérance renforcée, notre pays va à l’abîme. Face au risque d’une banalisation de ce second tour droite/extrême droite, il y a chez les communistes un accord lucide et fort pour mettre en garde, éveiller les consciences, dire qu’il ne s’agirait pas d’une simple réédition de 2002, d’une alternance banale, mais d’un danger mortel.

3. L’autre dimension où le commun s’exprime dans nos débats, c’est donc notre choix stratégique, dans la durée, pour 2017 et après, pour le rassemblement de toutes les forces existantes qui ne veulent ni de la droite et du FN, ni de la politique menée sous le quinquennat Hollande. Le besoin de changement est très fort dans notre société, nous en avons eu la traduction avec la consultation citoyenne et les réponses aux questionnaire « Que demande le peuple ? ». Notre boussole en ces temps troublés et menaçants est de contribuer à la reconstruction de la gauche, avec un projet de gauche alternatif à l’austérité, une nouvelle majorité de gauche, pour une nouvelle politique de progrès social, démocratique et écologique. Ce qui était formulé comme l’option 1 dans le relevé de décisions du Conseil national des 24 et 25 septembre est apparu, au fil des débats et des discussions, non pas comme une « option » mais comme l’expression du fond de la démarche de notre parti, de son identité même. Jamais nous ne participerons à un scénario politique conduisant au pire, nous ferons tout pour l’empêcher, pour proposer un autre chemin. Dans une situation politique à la fois très évolutive et, par bien des aspects, imprévisible, nous saisirons toutes les occasions, toutes les possibilités qui le permettront.

4. J’en viens à une question difficile. Comment traduire cette stratégie de rassemblement, ne rien lâcher quant à notre détermination à franchir des étapes dans cette direction, tout en prenant une décision pour la présidentielle afin d’entrer en campagne et peser sur cette campagne ? Comment poursuivre notre démarche et prendre une décision en termes de candidature ? Cette question a été très largement débattue. Elle le sera aujourd’hui encore. Des camarades pensent que les deux options présentées à la fin de la résolution ne sont pas compatibles avec notre démarche de rassemblement ou, du moins entrent en contradiction avec celle-ci. Et ils demandent donc que l’option 1 du relevé de décisions de septembre soit réintroduite. Or, ce qui est aujourd’hui très majoritaire dans le Parti, c’est de ne plus attendre pour entrer en campagne et c’est donc de faire un choix, par un avis de notre Conférence qui aura à se prononcer puis par le vote des adhérent-e-s, tout en indiquant très clairement qu’à travers cette décision de candidature, pour l’option 1 comme pour l’option 2 de la présente résolution, nous poursuivrons notre démarche de rassemblement. Notre choix de candidature sera mis au service de nos efforts pour y parvenir. Conjuguer ces deux dimensions fait le plus large accord des communistes.

Venons-en à la proposition de la commission sur la manière de traduire le débat des communistes avec une résolution permettant la prise de décisions. La commission vous propose que nous en restions sur les grands équilibres du texte, sur le fond des questions politiques, sans allonger un texte qui fait déjà plus de 14000 signes et en évitant de nous disperser dans un travail fastidieux d’amélioration de la forme.

Dès la première page de la résolution, nous affirmons un double objectif : combattre la droite et l’extrême droite, porter au pouvoir une nouvelle majorité de gauche alternative à l’austérité. Notre conférence pourrait décider de l’édition, début janvier, d’une brochure avec un argumentaire sur le thème « Droite-FN, un piège mortel pour la France ». Pour une nouvelle politique de progrès social, démocratique et écologique, nous nous appuyons sur les enseignements tirés de la consultation citoyenne menée dans le pays par les communistes et du socle commun de préoccupations. Nous entrons donc en campagne en proposant de débattre d’un pacte d’engagements pour construire le socle d’une nouvelle majorité à l’Assemblée nationale qui soit formée par les forces de la gauche d’alternative.

En page 3, nous proposons 7 axes de campagne. Un document, intitulé « Un pacte d’engagements communs pour la France » est proposé, nous en resterons donc, si nous en sommes d’accord, dans la résolution à la simple énonciation des thèmes de chapitre.

Les débats des communistes ont abordé de manière inégale la question des élections législatives. La résolution rappelle le poids du présidentialisme et la nécessité de revaloriser le Parlement et les élections législatives. Forts du bilan du groupe des député-e-s communistes-Front de gauche, la résolution propose d’engager la campagne des législatives en posant une question : « de que-le député-e de gauche ai-je besoin dans ma circonscription ? ». Dans l’échange avec les forces disponibles pour construire avec nous une nouvelle majorité politique de gauche alternative à l’austérité, dans toutes les circonscriptions, nous ferons connaître nos propositions de candidatures choisies par les adhérent-e-s du PCF. La résolution propose de réunir un Conseil national le 14 janvier prochain pour valider les candidatures qui auront notre soutien aux législatives.

Concernant notre choix pour la candidature à l’élection présidentielle, question qui a été la plus débattue dans les assemblées générales, la résolution rappelle nos initiatives depuis le début de l’année pour une candidature commune, elle dit aussi les obstacles, passés et présents, auxquels nous sommes, avec d’autres, confrontés. Comme nous l’avions proposé lors du dernier Conseil national, nous avons rencontré les différents partenaires, cette semaine Ensemble !, République et socialisme et la France insoumise qui est, de fait, une nouvelle organisation politique. Ensemble !, avec qui nous partageons, tout comme avec République et socialisme, l’essentiel du constat sur la gravité de la situation politique et sa dangerosité, va décider de son choix pour l’élection présidentielle dans les prochains jours. La discussion avec la France insoumise, avec une délégation sans la présence de Jean-Luc Mélenchon n’a pas permis, à ce stade, de lever un désaccord sur la conception du rassemblement qui ne peut être, personne ne le défend au sein de notre propre organisation, un ralliement à la France insoumise. Nous rencontrerons une délégation des frondeurs socialistes en début de semaine, ainsi que la direction d’EELV, après le résultat de leur primaire. Jeudi soir, à l’initiative de Pierre Laurent, une réunion d’échanges et de travail, dans un format comparable à l’esprit des « Lundis de gauche », avec personnalités du monde associatif et syndical, a permis de mesurer l’inquiétude des uns et des autres face à cette situation de division et de désunion, tout en continuant à souhaiter un rassemblement. Seul un nouvel espoir pourra faire reculer le désarroi.

La résolution propose :

• de continuer d’agir jusqu’au dernier moment pour parvenir à une candidature commune et empêcher la victoire de la droite et de l’extrême droite. Nous participerons à toutes les initiatives qui porteront cet objectif, à commencer par celle organisée, le 12 novembre prochain, par l’Appel des cent ;

• que la conférence nationale mandate la direction nationale et le secrétaire national pour poursuivre ces efforts et organiser, en décembre, une rencontre nationale pour un pacte politique de majorité, où toutes les forces disponibles pour le faire continueraient à construire le front élargi nécessaire ;

• de s’engager sans attendre autour d’une candidature. Cet engagement n’est pas le terme de nos efforts de rassemblement. Notre choix de candidature sera mis au service de la poursuite de ces efforts.

Deux options sont en débat. La commission a voulu traduire pour chacune d’elles, le plus fidèlement possible, la manière dont elles ont été exprimées au cours de nos débats. Je sais que des camarades voudront, comme cela a été le cas lors de la dernière réunion de notre commission, revenir sur la formulation de ces deux options. Nous allons en discuter. Essayons, et c’est une proposition qui fait l’unanimité des membres de la commission, de ne pas perdre de vue un objectif : que pour chacune des deux options, sa rédaction permette aux camarades qui la choisissent de bien y reconnaître ce qu’ils veulent dire.

Pour l’unité des communistes sur le cœur de notre démarche de rassemblement et pour décider d’une option pour le choix de la candidature à la présidentielle, la commission propose un bulletin de vote qu’il nous faudra aussi discuter et valider.

Voilà, cher-e-s camarades, à grands traits, pour laisser le plus de temps possible à nos échanges, ce que, au nom de la commission d’animation et de suivi des débats, je souhaite présenter pour introduire nos travaux, en remerciant toutes celles et ceux qui ont participé à la restitution des débats du Parti, c’est ce qui a permis à la commission de travailler et d’élaborer ce projet de résolution qui est maintenant entre vos mains. Avec les membres de la commission, que je remercie pour leur implication, nous avons voulu, dans la transparence et la volonté d’avancer, permettre à la conférence de prendre ses décisions en s’appuyant sur ces six semaines de débats.

Je vous remercie.

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