Compte-rendu du conseil municipal de Pau du 24/09.

Ce conseil a duré plus de 4H30. Je vais donc à l’essentiel en organisant mon récit par grands sujets.

1. Ecole de l’Hippodrome.

Avant le début du conseil, j’ai échangé quelques mots avec les parents d’élèves présents. C’est pour eux une première. Je sens un peu d’appréhension. Il faut dire aussi qu’ils mènent un combat courageux, âpre, depuis l’annonce de la fermeture de la troisième classe dans cette école maternelle. Cela n’est pas sans conséquence sur leurs vies, qui ont basculé, du jour au lendemain, sur la nécessité impérieuse de garantir à leurs enfants de bonnes conditions de scolarisation. Ils ne pensent d’ailleurs pas uniquement à l’année qui vient mais, au delà, à l’avenir de cette école et des futurs écoliers. Ils se battent pour le service public local d’éducation et donc pour l’intérêt général. Depuis le premier jour, ils ne cessent de vouloir sensibiliser la municipalité, d’argumenter avec constance et application, sans jamais perdre le sens des responsabilités. Ils réfléchissent collectivement sur la manière de se faire entendre sans jamais créer une situation de blocage avec les principaux décideurs que sont l’inspection d’académie et la mairie. Ils ne savaient pas comment fonctionne un conseil municipal. J’échange avec eux sur le sujet. Le conseil est public, ils peuvent donc s’installer dans la salle et assister au débat. « Pouvons-nous prendre la parole ? Nous avons une lettre, qui est rédigée sur un ton constructif, nous voulons une solution pour nos enfants, nous n’avons pas d’autres objectifs ». Je leur indique que F.Bayrou refuse systématiquement l’expression des collectifs de citoyens. Depuis le début de la mandature, et alors que la politique municipale a provoqué beaucoup de tumultes, par des décisions brutales et injustifiées, F.bayrou n’a pas autorisé l’expression des Isabe, des commerçants du centre ville, ou encore des responsables associatif du marché bio, en ouverture des travaux du conseil municipal. Cela se pratique pourtant très naturellement dans de nombreuses municipalités. Dans ses déclarations publiques au niveau national, le président du Modem aime régulièrement mettre en valeur l’expertise citoyenne. Ce dimanche encore, lors de son intervention à Guidel, il a déclaré ceci : « on ne peut pas vivre sans idéal. Regardez tout ce qui marche, tout ce qui mobilise, dans la société française : les associations, les ONG, l’engagement bénévole et citoyen… ». Il a aussi parlé du « refus de la résignation ». Exactement ce qui réunit les parents d’élèves de l’école de l’Hippodrome…mais pas quand même jusqu’à aller leur donner la parole.

Lors de ce conseil, le maire de Pau s’est très mal comporté vis à vis d’eux. Autant le dire très clairement, la méchante polémique qu’il a tenté d’installer -sans y parvenir-, en laissant entendre que ces parents d’élèves agissaient dans un esprit de « propagande » en essayant d’acheter des inscriptions, a été un moment très pénible à vivre lors de ce conseil municipal. Un homme politique en responsabilité ne devrait pas agir ainsi. Un ancien ministre de l’Education nationale ne devrait pas se comporter ainsi. Un maire qui a choisi, comme nouvelle marque territoriale, « Pau Capitale humaine » ne devrait pas se laisser aller de la sorte. Le maire a simulé la colère qui, dans les conseils qu’il donne au président Macron, est pour lui « mauvaise conseillère »…

En fait, le maire a tout simplement essayé une méthode très politicienne – cela ne fait pas vraiment « nouveau monde » – avec une tentative de détournement de l’attention. Une esquive face à sa duplicité et à son manque de loyauté sur ce dossier. J’ai rappelé les faits dans mon intervention. André Duchateau est aussi intervenu. Nos deux réactions se sont complétées. Dans un premier temps, le maire de Pau a tenu des propos très optimistes après des parents d’élèves de l’école de l’hippodrome, allant même jusqu’à s’engager auprès d’eux à créer les conditions d’inscriptions supplémentaires pour garantir le maintien de la troisième classe. « Je m’en occupe, j’ai le bras long… ». Cet échange, en mairie, a eu lieu deux jours avant la venue du ministre Blanquer pour inaugurer la Foire expo et avant une autre inauguration qui ne devait pas être perturbé par des manifestants, celle des nouvelles Halles. Cet agenda passé, le couperet est tombé : pas de réouverture. Les questions de fond restent entières, elles trahissent un système opaque et illogique. Pourquoi la mairie a refusé de communiquer aux parents d’élèves la manière dont notre collectivité a enregistré ou pas de nouvelles inscriptions pour cette école. Pourquoi en être resté sur les seules dérogations ? J’ai questionné le maire sur le dur du problème, sans obtenir de réponses claires : en commençant par la fermeture d’une classe, avez-vous un projet dissimulé pour l’avenir de cette école ? Comment se réjouir d’une démographie paloise à la hausse en fermant une classe en maternelle.

Au final, cette mauvaise pièce était écrite dès le commencement. Le maire, pas plus que son adjointe à l’éducation – qui semblait assez contrariée hier lors du conseil malgré les hommages et les encouragements appuyés du maire – n’étaient aux cotés des parents d’élèves de l’hippodrome lors de la première mobilisation devant l’Inspection d’académie. Seul, à ce moment, un élu de la majorité municipale s’est montré en portant même le bandeau rouge des soutiens à la classe ! Quel courage. Depuis, il n’a plus remontré le bout de son nez. Il était absent au conseil hier soir. Courageux mais pas téméraire. Un siège au futur parlement européen faut bien une trahison. Au début du combat pour Isabe, lors d’une rencontre dans les locaux d’une association, il nous avait exprimé sa solidarité. Mieux faut en rire…

Les parents de l’Hippodrome ont été très durement marqués par la violence de la charge portée par F.Bayrou. Pour avoir eu à subir personnellement de tels traitements, lors de précédents conseils municipaux, je sais que cela n’est pas agréable. Maintenant, j’en pris le parti d’en sourire. Qu’à cela ne tienne, ils resteront dans une approche constructive. Car, comme le maire de Pau en parle dans ses discours, ils ne veulent rien lâcher sur « l’idéal »…surtout quand il est à portée de main. Ils vont continuer à agir pour la réouverture de cette classe. Et nous allons continuer à le soutenir et à appeler à un soutien massif de la population. Lors de l’initiative de samedi denier, avec un enterrement fictif de cette classe, j’ai pu me rendre compte combien les personnes à qui nous présentions les raisons de ce convoi funéraire si particulier exprimaient, dès les premières phrases, un encouragement aux parents mobilisés, une solidarité, en complétant : « que pouvons-nous faire pour vous ? ». Allez, avant de passer à un autre sujet, je ne résiste pas à une dernière citation empruntée à F.Bayrou, toujours dans ce discours de dimanche à Guidel. « Notre vocation c’est de bâtir, face à la loi du plus fort, la loi du plus juste ». Comment peut-il s’exprimer ainsi le dimanche, et revenir à Pau le lendemain en se comportant de manière aussi injuste avec des parents d’élèves et en leur faisant bien comprendre… qu’il est le « plus fort ».

2. Les nouvelles Halles.

HEUREUX. François Bayrou est heureux des nouvelles Halles. Parfois, on peut même penser qu’il a sorti l’investissement public de ses propres deniers personnels. Cela est amusant. Dans mon intervention, j’ai constaté que ces halles étaient en effet une réussite architecturale. J’ai trop connu ce quartier, comme ancien président de la mission locale, installée dans les étages du complexe de la République, pour ne pas constater l’évidence. J’ai aussi pu remarquer, dimanche dernier, que la fréquentation était surtout celle d’une classe sociale plutôt favorisée. Il y avait du monde sans que cela soit « populaire ». C’est un vrai sujet. Il faudra laisser passer quelques semaines pour se faire une idée plus précise. F.Bayrou a, là encore, perdu le contrôle de ses nerfs. La moindre remarque est vécue comme une attaque. Qui ne dit pas exactement comme lupin, est contre lui. Cela n’aide pas à un débat municipal serein, entre la majorité et l’opposition. Nous avons cependant eu une confirmation : pour le maire de Pau, ces halles sont en effet destinées à du « bling bling ». J’ai twetté en direct du conseil un élément de langage du maire. Un membre de son cabinet a du lui faire savoir (je suis très suivi par eux, lors d’un récent conseil, ils avaient même la fiche Wikipédia ! Quelle tartufferie…). Il me demande de retirer le tweet. En réponse, je lui propose de préciser sa pensée afin que je puisse communiquer sur mon compte Twitter au plus « juste » de sa réflexion. Il se lance : « si c’est trop cher, vous n’achetez pas ». Ce qui est presque à l’identique de la première formulation : « ceux qui ne peuvent pas se payer les produits peuvent regarder ». S’accrochant aux branches, le maire de Pau tient à préciser une chose : « il m’arrive d’aller dans les magasins où tout s’achète à 2 euros ». Rires dans le public.

Tout cela peut apparaître anecdotique. Nous sommes pourtant dans la vérité. La gestion municipale de F.Bayrou à Pau est comparable à celle d’Emmanuel Macron au plan national. Une politique favorable à celles et ceux qui n’ont pas de problème dans leur vie, qui vivent bien. Quand il est proposé aux autres de « traverser la rue pour trouver du travail ». C’est aussi une politique qui peut être méprisante, un mépris de classe, pour les plus fragilisés. Les Isabe…les responsables associatifs qui ne savent plus comment faire (perte des contrats aidés, baisse des subventions), des parents d’élèves qui contestent une fermeture de classe, des acteurs du terrain, comme les responsables du marché bio du quartier du Foirail, obligés de quitter Pau pour s’installer à Billère.

Pour conclure sur les Halles, j’ai confirmé mon diagnostic de départ. Nous n’avions pas à créer une société publique locale pour y installer à sa tête Sophie Borotra. Sur ce dernier point, ce que j’avais exprimé au printemps dernier ce confirme : ce n’est pas la bonne personne à la bonne responsabilité. Affaire à suivre car même certains soutiens jusqu’alors commencent à s’en inquiéter. Je n’ai pas eu de réponse sur le fait que ces nouvelles Halles puissent être une mauvaise opération sur le plan de la consommation d’énergie. Là encore, il faudra patienter pour avoir la vérité des prix…mais cela ne sera pas 2 euros !

3. L’activité commerciale.

On a remis 1 euro dans la machine « Vos chiffres ne sont pas les miens ». Les faits sont têtus. Pour faire des visites de quartier, comme dernièrement rue du 14 juillet, il suffit de faire le décompte des panneaux « à céder ». J’ai donc donné les chiffres actualisés : 18,8 % de vacance commerciale pour les rues Samonzet, Cordeliers, Barthou, HenriIV, Joffre, Foch et Serviez. 20% pour les rues Taylor, Guichenné, Galerie Joffre, Gambetta, Meunier, Latapie, Daran. Pour rappel, la zone d’alerte se situe à 10%…

J’ai profité de mon intervention pour remettre quelques pendules à l’heure concernant une activité où les jeunes qui pédalent doivent justement ne pas perdre de temps pour gagner des clopinettes avec un statut social des plus précarisé. Lors du dernier conseil municipal, l’adjointe aux commerces nous avait fait un peu la leçon en présentant un tableau idyllique des nouvelles enseignes commerciales sur Pau. Patrata…la vérité est beaucoup moins reluisante. Depuis 2015, les auto-entrepreneurs sont obligés de s’inscrire au registre du commerce. Il faut donc comptabiliser les livreurs à vélo Deliveroo et Uber Eats. Il y en a eu 70 depuis le début de l’année. Drôle de conception « des nouveaux commerçants » à Pau. Tout cela est à vomir

4. Autres sujets traités.

Lors de ce conseil, j’ai abordé d’autres sujets. Je ne développe pas. Nous aurons, dans les prochaines semaines, l’occasion d’y revenir.

Climat social au sein de notre collectivité. Contrairement au discours de F.Bayrou et Jean-Paul Brin sur le mode « tout va pour le mieux » – à les entendre c’est vraiment le monde des bisounours – les retours dont je dispose ne sont pas sur ce registre. Vraiment pas. Dans certains services, la situation est très mal vécue par des femmes et des hommes qui doivent supporter la pression d’un encadrement de plus en plus agressif. Tout cela se traduit par de la souffrance au travail, du stress, une augmentation de l’absentéisme. 17 % ? Jean-Paul Brin et F.Bayrou ont contesté ce chiffre. Il y a aussi une réelle fatigue, et même une exaspération de nos agents, face à des « cadres », avec des jolis salaires, qui arrivent dans notre collectivité pour mettre en œuvre des actions, directement inspirées du privé, des critères de rentabilité et de baisse des « coûts » au détriment du service public local. Puis qui repartent au bout de deux ou trois ans, pour aller exercer de nouvelles missions dans d’autres collectivités, après avoir fait le « job » à Pau. Ce n’est pas cela la fonction publique territoriale. Pendant ce temps, des agents qui ont passé les concours internes avec succès, qui sont même encouragés par notre collectivité pour le faire, attendent désespérément d’être affectés sur des postes. Quand d’autres, sans concours, mais avec le bon réseau, sont nommés agent de maitrise après avoir été recrutés dans notre collectivité seulement depuis quelques mois. On parle de moralisation à Paris, on nourrit le clientélisme à Pau.

Pour l’anecdote, F.Bayrou m’a une nouvelle fois attaqué, ad hominem, lors de ce conseil sur ma situation professionnelle. Je ne sais pas pourquoi il s’acharne ainsi. « Moi, je n’ai jamais été salarié d’un parti politique » éructe-t-il. Lui, qui vit de la politique depuis plus de 35 ans. Je lui ai fait remarquer que le Modem, qu’il préside, avaient aussi des salariés. Que cela n’était pas une indignité pour celles et ceux qui occupent ces postes et qui accomplissent un vrai travail, utile, je le crois, comme c’est le cas pour les syndicats, les associations, les ONG, pour notre vie démocratique et sociale. La preuve, son propre directeur de cabinet à Pau, Stéphane Thérou, a travaillé par le passé à l’institut de formation du Modem. Je ne peux aller plus loin ici puisque une enquête préliminaire sur les présumés emplois fictifs des assistants parlementaires européens du Modem est en cours. Parfois, le sentiment de toute puissance fait dire des sottises.

Cuisine centrale. Avec André Duchateau, comme nous l’avions fait en conseil communautaire, nous avons exprimé notre opposition à une nouvelle société publique locale. Décidément…La mission de service publique est mise en danger, c’est un véritable cheval de Troie pour le secteur privé, qui pourra, dans deux ou trois ans, mettre la pression sur les communes qui chercheront un prix à la baisse. A terme, c’est l’idée même d’une communauté de destin communautaire qui est mise en péril.

Logement et fusion des bailleurs sociaux (OPH et Béarnaise). Quelle précipitation. Alors que la loi Elan n’est pas encore votée, que son contenu vient d’être aggravé par les arbitrages de la commission mixte paritaire au Parlement, une délibération nous fait acter la fusion des deux organismes. Cette fusion nous met en deçà du seuil de logements proposé, à ce stade, par la loi, soit 12000. La députée Josy Poueyto a laissé entendre que ce seuil serait revu « très nettement » à la baisse. Nous verrons. Cette loi Elan est une terrible attaque contre notre modèle HLM, contre le logement social. Et aussi contre les personnes handicapées. J’ai déjà traité de cette question sur cette page. Nous allons rester très vigilants sur les conditions de cette fusion.

Ancien CCAS et 22 rue Lamothe. J’ai posé la question sur le devenir des anciens locaux du CCAS. Il en a été question lors de ma récente visite «Nos quartiers palois » rue des Orphelines et rue Latapie. Pas de réponse précise. Idem pour le 22 rue Lamothe qui est une véritable pépite. J’ai la crainte d’une opération immobilière qui nous prive de l’essentiel.

Proposition d’une rue Maurice Audin, 61 ans après la reconnaissance du crime d’Etat. J’ai aussi rappelé la demande du syndicat CGT pour ajouter le nom d’Ambroise Croizat sur une plaque où figure celui d’un fonctionnaire qui a travaillé avec le ministre qui a fondé la Sécurité sociale.

Prochaine visite de quartier. Demain, à 18H. « Nos quartiers palois » seront rue Miot. Nous avons déjà un référent pour cette rue mais cela sera notre première visite.

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