Avenir des Grands Prix automobiles de Pau : les questions sont posées. Organisons une consultation des citoyens.

Je n’ai cessé, sous la précédente mandature, puis depuis l’élection de F.Bayrou, de poser des questions précises sur le coût réel des Grands prix de Pau pour notre collectivité, tout en essayant d’obtenir des informations sur la fréquentation, les véritables retombées pour notre territoire, le mode de gestion. Le plus souvent, j’ai eu comme réponse : “circulez, il n’y a rien à discuter, tout va bien”. On m’a parlé « d’identité du territoire », de « visibilité médiatique considérable pour notre ville », « d’innovation avec un futur Grand Prix électrique qui sera l’équivalent de Monaco », « d’ambition », « de liens très étroits avec la vie associative paloise »…et j’en passe.

C’est pourquoi j’ai lu avec grand interêt les éclairages et les informations donnés par Francois Loustalan dans un article publié sur le site Alternatives Pyrénées. Les confidences et décryptages viennent du cœur du système puisque Monsieur Loustalan n’est autre que le président de l’Automobile-Club.

Que nous dit-il ? Ce que nous savions déjà plus ou moins. Ce que nous présentions aussi.

D’abord sur le coût réel du grand prix. Quand, j’ai évoqué le chiffre de 2 millions d’euros, j’ai du essuyer, par le passé, quelques réactions agacées sur le mode « vous dites n’importe quoi… ». Or, c’est très précisément le montant des financements publics donné par M.Loustalan. Ce chiffre est atteint en additionnant les subventions aux prestations pour aménager le circuit. Il s’agit donc d’un financement majeur, qui pèse lourdement sur nos dépenses, dans une période où la municipalité Bayrou fait dans le bling bling et coupe sévèrement dans les moyens alloués aux associations et à la solidarité.

Pour justifier un tel financement, les arguments ont toujours été les mêmes : un succès populaire en terme de fréquentation et d’excellentes retombées médiatiques. Là encore, M. Loustalan dit très clairement la vérité. Il nous propose « de la regarder en face » « Désormais, la fréquentation est réduite et sans relais médiatique, hors local ».

Concernant la fréquentation, « il n’est pas raisonnable d’annoncer 53.000 personnes pour l’édition 2018, comme cela vient d’être fait ». En effet, quatre fois le stade du Hameau plein comme un œuf, cela devrait se voir. Pour fréquenter l’hyper-centre où je réside, je peux vous assurer que c’était plutôt calme, notamment pour le week-end du Grand prix moderne. Pour en finir avec cette sempiternelle bataille des chiffres sur la fréquentation, « nous disposons des résultats réels de la billetterie » précise François Loustalan. Il faut donc que ces chiffres soient communiqués. Je viens d’en faire la demande à F.Bayrou.

Et le retour médiatique ? Pour M.Loustalan, « il est désormais très faible, sauf au niveau local où des budgets significatifs sont apportés aux médias » avec une anecdote qui en dit long sur notre « visibilité ». « Lors de la conférence de presse de présentation des Grands Prix à Paris, le principal média présent était…Pyrénées presse, invité à faire le déplacement ». Cela fait pas mal d’années que les Grands Prix de Pau sont totalement sortis des radars médiatiques. A Paris, comme dans mes déplacements dans différents départements – qui ont été nombreux sur l’année écoulée -, on ne me parle jamais des Grands Prix automobile de Pau.

Alors ? Pour M.Loustalan : « les Grands Prix son évidemment en danger si rien n’est changé ». Voilà le débat réouvert. Et c’est une très bonne chose. Il faut, sur cette question comme sur tant d’autres, en finir avec les arguments d’autorité et avec l’attitude qui consiste à recevoir des questionnements parfaitement légitimes comme des polémiques ou même des attaques. Organisons, à l’échelle de la communauté d’agglomération, une consultation des populations pour discuter de l’avenir des Grands Prix de Pau. On peut aimer ces Grands Prix, y être attaché. Ou pas. La question n’est pas là. L’enjeu est de savoir si l’on peut raisonnablement continuer à consacrer deux millions par an pour une fréquentation aussi réduite et une visibilité médiatique aussi médiocre pour ne pas dire nulle.



About Author

Connect with Me:

Leave a Reply