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Étape en Creuse. Des nouvelles des GM&S.

Hier soir, lors de la présentation en Creuse du livre « Macron, entreprise de démolition », j’ai fait étape à Saint-sulpice-le-Guérétois, avec, à mes cotés, Yan Augras, ouvrier chez GM&S, syndicaliste CGT et représentant du personnel.

J’évoque dès le début des échanges la manière dont Emmanuel Macron s’était adressé aux salariés de l’équipementier automobile creusois ( cet épisode est relaté page 19 du livre ) lors d’une visite à Egletons en Corrèze : « il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller voir s’ils peuvent avoir des postes ailleurs »…

Cinq mois après la reprise de l’usine, Yan Augras fait le point sur la situation. Ce qu’il nous dit est parfaitement clair et argumenté. Son propos va à l’essentiel et peut se résumer en deux points.

1. Les engagements pris par l’Etat, PSA et Renault ne sont pas respectés. D’abord sur ce qui avait été annoncé en terme d’activité avec un volume de commandes à hauteur de 22 millions d’euros. « On devrait être à 100 000 euros par jour de chiffre d’affaire, nous en sommes très loin. L’usine tourne au ralenti. Dans mon atelier, nous sommes 22. Hier, il y avait du travail pour 5. Les autres passent le balais, où repeignent les machines usines. L’atelier est nickel, ça c’est certain, mais cela ne donne pas le moral…L’Etat ne respecte pas ses engagements. On a craindre que les le repreneur dirigent les millions d’euros manquants vers l’étranger, au Maroc, en Slovénie. Il n’y a rien en terme d’investissements. L’investissement se fait au Mexique. »

Puis, le syndicaliste précise le cœur du problème : « bref, nous devenons une usine de frappe, qui dépend du constructeur, avec des boulots en fin de vie, avec peu de valeur ajoutée. Avant, et c’est ce que nous devons redevenir, nous étions une usine intégrée, on fabriquait la pièce automobile de A à Z. Le constructeur n’avait plus qu’à fixer notre pièce sur le moteur ». On ressent alors la légitime fierté de ce savoir faire industriel. Les mains d’or…Le processus est connu. L’usine a été rachetée 8 fois. A chaque redressement judiciaire, c’est le secteur recherche et développement qui a été réduit. Yan Augras complète : « et après, ils reviennent avec une grosse commande et nous disent, vous voyez, vous ne pouvait pas le faire… ».

Concernant les 154 personnes qui ont perdu leur emploi, là encore, les engagements du gouvernement, parlant « d’un soutien hors norme pour le reclassement » n’a pas été respecté. Aujourd’hui, ils touchent 95% du salaire, mais l’année prochaine, cela sera plus que 54 ou 56 % du salaire brut, on rentre dans la misère… les copains sont à la recherche d’un emploi. Pour le moment, on ne comptabilise que 5 CDI. Et il faut tout dire, un chef d’équipe a retrouvé un emploi mais avec une perte de 1200 euros sur son salaire. Voilà la réalité ! Des salaires en dessous de 1500 euros, cela ne devrait pas exister, on fait comment pour vivre ? »

2. Lors de cette soirée, le syndicaliste est venu avec un document dont il n’a pas révélé le contenu. « Trop tôt, on a beaucoup travaillé, tout sera prêt pour début mars, nous l’adresserons aux élus, aux parlementaires ». Il s’agit d’une proposition de loi concernant les responsabilités des donneurs d’ordres vis-à-vis des sous-traitants, des emplois et des territoires ». C’est une très bonne chose et cela est une magnifique illustration de la combativité des syndicalistes. Non pas, comme beaucoup le laissent entendre dans les médias dominants, pour uniquement des actions « défensives », pour conserver l’existant, mais pour de nouvelles conquêtes, des solutions pour l’avenir du développement industriel, la recherche et l’innovation, l’augmentation des salaires, la formation, la sécurisation des parcours professionnels, le développement des territoires ruraux avec des emplois, des écoles, des hôpitaux de proximité, des lignes ferroviaires.

J’écris ces lignes dans le train qui va de la Souterraine à Brive. A la gare, le temps d’aller chercher la presse dans le centre ville, l’agent de la SNCF m’a gentiment proposé de me garder mon bagage. Nous échangeons sur le rapport Spinetta. Une dame faisant le ménage sourit. Et je me dis : « il y en a certains, au lieu de vouloir gaver les premiers de cordée, ils feraient mieux d’aller voir à la Souterraine comment les choses se passent… ». Avant qu’il ne soit trop tard.

Au café, avant de prendre mon train, j’ai glané quelques paroles échangées par les habitués.

« On ne devrait pas écrire Liberté, Egalité, Fraternité au fronton des mairies, mais Obligation, Interdiction, Punition…on va sortir les fusils un jour… » Un autre : « Leclerc devait s’installer…il ne va pas le faire…je sais pourquoi…c’est toujours pareil… » Un autre – qui m’a fait sourire – : « Demain, j’ai un IRM à 11H30. C’est pas une heure ça 11H30…je vais avoir faim. C’est la bouffe qui m’inquiète…pas la photo qui sortira de la machine ». Un autre répondant : « de toute manière, avec tout qui augmente, on aura bientôt plus rien à bouffer ». Un autre « un blanc limonade ! ». Le patron : « Non, tu repasses ton permis de conduire. Tu dois y aller zen. Tu vas bien finir par le décrocher ce putain de permis…arrête de te casser la tête en te disant que tu ne vas pas y arriver ». Réponse : « c’est vrai que cela me fatigue la tête »…

Paroles d’habitants du quartier de l’Ousse-des-Bois.

Vendredi matin, accompagné de trois camarades de la section du PCF, je suis allé à la rencontre des habitants du quartier populaire de l’Ousse-des-Bois à Pau.

Suite à ces premiers échanges, nous avons décidé d’organiser une réunion publique, le samedi 3 mars à 17H. Ce quartier, qui est redevenu calme après des années plus difficiles, a été retenu par le ministre de l’intérieur parmi les 30 premiers quartiers qui disposeront d’une « police de sécurité du quotidien ». Lors de la présentation de ce dispositif, G.Collomb a parlé de quartiers pour une « reconquête républicaine ». On y retrouve Trappes, les Tarterêts à Corbeil_Essonnes, le Mirail à Toulouse, les quartiers Nord de Marseille. Deux quartiers de Pau ont été ciblés, Ousse-des-bois et le quartier Saragosse, ce qui est véritablement incompréhensible pour presque tout le monde ici, localement, à l’exception de F.Bayrou, ravi d’une telle décision. J’ai alors posé publiquement la question des critères qui ont prévalu pour établir cette première liste…Pas de réponse à ce jour.

Voici ce qu’en pensent les personnes rencontrées vendredi, des retraités, des jeunes, des commerçant, des gens croisés au cours de notre promenade dans le quartier. Je commence par une annecdote. Un ado me disant « quand on va à Pau ». Pourtant, nous sommes dans Pau. Je le fais remarquer à mon interlocuteur. Il répond par un sourire. Pour lui, « Pau », c’est le centre ville. « Ici, il n’y a rien pour nous… » Voilà la vraie question, non ? Il ne s’agit pas que d’un sentiment de « relégation spatiale » comme je peux parfois le lire mais d’une réalité, celle d’être « assigné à résidence ».

Voici ce qui a été exprimé vendredi matin. Je le retranscris tel quel. Paroles brutes. Paroles de vie, bien loin de la communication municipale, d’un lieu où les habitants rencontrés n’ont pas vu le maire depuis son élection, où les demandes sont très concrètes, avec, en tête des attentes, une question au dessus de toutes les autres : des emplois, une activité pour les jeunes du quartier.

« Il n’y a plus de salle de boxe – ils ont laissé les jeunes, les ont abandonnés – les jeunes n’ont pas de boulot. Et puis le stade n’est plus accessible. (ASOP et Foot) Il faut une salle pour les jeunes et une pour les plus vieux. Il n’y a plus rien ».

« La police annoncée par Bayrou : cela va être la « guerre », ça peut réveiller le mal, alors que le quartier est calme ».

« On m’a augmenté la CSG de 50 euros. C’est injuste, déjà que je n’ai pas beaucoup…Vous devriez organiser une réunion publique et ne pas venir simplement sur le parking ici. »

« Des jeunes restent dans l’entrée de notre immeuble, c’est souvent pénible. Cela fait 3 ans que nous demandons la réparation de la porte d’entrée à la Béarnaise Habitat mais ils ne se bougent pas. Les personnes âgées ont peur, des jeunes foutent le bordel, salissent. Il leur faut une salle pour se réunir au lieu de rester aux pieds des immeubles. Sinon ça crée des tensions. »

« C’est n’importe quoi pour la Police. Il n’y a plus de clubs pour les jeunes dans le quartier. Plus de MJC, quartier Saragosse, c’est bien ce qu’ils ont fait pour la MJC , ici c’est nul . Nous n’avons pas de salle pour nous réunir. »

« Il y a beaucoup de chômage, moi j’ai abandonné l’école, beaucoup de jeunes sont dehors dans le quartier car ils n’ont pas de boulot. On voit les élus pendant les élections et puis plus rien. C’est bien que vous veniez nous voir. Je le dirai aux copains pour venir à la réunion. »

« Pour la police ça va automatiquement entrainer des frictions. J’espère qu’ils ne seront pas méprisants, en nous contrôlant 10 fois par jour. Ça va… »

Un monsieur extérieur au quartier : « Je viens souvent ici, il n’y a pas de soucis, c’est calme. Au contraire j’aime y venir pour la solidarité qui est dans ce quartier, pour l’ambiance. »

Un commerçant : « Le commerce c’est pas ça, ce matin on arrive tout juste à faire 50 euros, alors que nous payons 1200 euros de loyers mensuels à la Béarnaise Habitat (2 locaux = 2 X 600 euros). Il y a un problème de pouvoir d’achat pour les habitants du quartier, avec en plus la hausse de la CSG pour les retraités. Les charges augmentent cela devient difficile L’insécurité ? Je laisse des affaires dehors et il n’y a jamais eu de vols, ou de dégradations. »

« Pour la police, ils passent plusieurs fois par jour dans le quartier. C’est bien mais il faut éviter les tensions. Quand ils passent trop souvent, en ciblant les mêmes jeunes, cela provoque des tensions. »

« Le vendredi, à 13 H, il y a 1000 croyants qui se rendent à la Mosquée pour la prière. Comme il n’y a pas d’aménagements autour de la Mosquée, de parkings suffisants, des automobilistes se garent sur les trottoirs. On ne peut pas faire autrement. La police municipale vient systématiquement et nous verbalise tous les vendredis durant le temps de prière. 35 euros pour stationnement gênants, c’est pas normal. »

Une personne me demande s’il y a un projet pour raser le centre commercial actuel et en construire un nouveau. Je lui indique que je sais pas. « Vous ne savez pas alors que vous êtes élu ? Allez voir là-bas , il y a des géomètres qui travaillent ». Je vais à leur rencontre. Les deux agents de la ville me disent qu’ils font des relevés mais sans avoir d’autres précisions. Existe-t-il un projet de construction d’un centre commercial à la place de l’ancienne école Marcel Pagnol ? Je poserai la question lors d’un prochain conseil municipal. Comme à chaque fois, il faut dépenser pas mal d’énergie pour avoir des informations. Pourquoi ne pas dire les choses et les discuter en toute transparence avec les principaux concernés : en l’occurence, les commerçants et les habitants.

Une maman : « Une autre police ? Ils feraient mieux de faire un parc pour les enfants à la place du lac. Ce lac est nul, ça pue, il y a de la vase, les barrières ne sont pas repeintes et il y a de la rouille à certains endroits, ça bouge. L’été, entre l’odeur de l’eau qui stagne, la vase et les moustiques c’est infernal. Nous avons peur à cause du risque de noyades pour les plus petits. »

« La rénovation a été bien au début, mais finalement, ça n’a pas résolu les problèmes de chômage des jeunes, alors qu’on leur a promis du boulot. Plus rien n’est entretenu, l’intérieur des appartements ne l’est pas non plus. »

« Le quartier ici est redevenu calme depuis quelques années, quand je pense que j’ai de la famille à la cité Monclar à Avignon, qui est un quartier plus que chaud , alors qu’ici c’est peinard , et là-bas, ils n’y mettent pas ce genre de police , c’est hallucinant. »

« Il n’y a plus rien, plus de piscine, plus de stade, plus de MJC, beaucoup de jeunes n’ont pas de boulot, les associations souffrent , la rénovation urbaine n’a pas apporté ce qu’il aurait fallu et ce qu’on nous a promis. Le seul point positif a été l’isolation thermique. »

« Chez moi, il y a des infiltrations d’eau, la Béarnaise Habitat s’en fiche, je suis habitante du quartier depuis très longtemps, la ville nous a promis du boulot pour les jeunes et ils n’ont rien fait du tout. »

« Bravo pour la lutte d’Isabe à Saragosse. Ici, on nous oublie un peu non ? »….

Rapport Spinetta : bien prendre la mesure du danger. Quel avenir pour les lignes Pau – Oloron et Bayonne – Saint-Jean-Pied-de Port ?

Le rapport rendu hier par Jean-Cyril Spinetta, sur « l’avenir sur l’avenir du transport ferroviaire » représente une attaque sans précédent contre le service public ferroviaire.

Fermeture de lignes, transfert de personnel aux entreprises privées, ouverture à la concurrence …  Les 43 préconisations poursuivent un double objectif : la destruction totale du rail public français et sa soumission à l’économie de marché.

Avec la volonté affichée de supprimer plus de 9000 kilomètres de lignes, au motif qu’elles nécessiteraient des d’investissements « non justifiés du point de vue socio-économique », le rapport met en péril un principal fondamental du service public ferroviaire. À savoir l’égalité d’accès au transport, quel  que soit son lieu de résidence sur le territoire.  À charge,  pour les régions, de reprendre ou non ces lignes. De leur côté les régions ont déjà répondu par la négative.

En faisait le choix de préconiser la filialisation de fret SNCF, et alors que la question écologique représente une urgence absolue, le rapport Spinetta encourage la multiplication des camions sur les routes au détriment des trains de marchandises. Un non-sens absolu à l’heure de la lutte contre le réchauffement climatique.

En Pyrenées-Atlantiques, deux lignes sont dans le viseur du rapport Spinetta : Pau – Oloron et Bayonne – Saint-Jean-Pied-de Port. Affirmer que ces lignes pourraient être supprimées, car elles ne revêtent pas un caractère socio-économique prioritaire, relève d’une méconnaissance totale de nos territoires.  Ces lignes sont utiles aux populations et aux territoires, elles permettent de vivre et travailler au pays.  Leur intérêt est social et écologique !

Face à cette volonté de destruction de notre bien commun qu’est le service public ferroviaire, engageons une nouvelle bataille du rail face à Macron et sa majorité.

Les quartiers palois Saragosse et Ousse-des-bois sélectionnés par Gerard Collomb ; un choix qui interroge.

En marge de la présentation de la police de sécurité quotidienne promise par Emmanuel Macron lors de sa campagne électorale, le ministre de l’Intérieur a détaillé la liste des quartiers concernés par son déploiement.

Présentée comme devant assurer la « reconquête républicaine », cette police de sécurité sera déployée à Pau dans les quartiers Saragosse et Ousse-des-bois.

À moins d’imaginer que ces deux quartiers ont été retenus comme lot de consolation pour François Bayrou après son éviction du gouvernement,  ce qui poserait bien des questions quant aux critères retenus pour cette première liste, c’est avec un réel étonnement  que nous découvrons que ces quartiers font partie de la liste retenue par le ministre Gérard Collomb comme des territoires de reconquête républicaine.

Dans les quartiers Saragosse et Ousse-des-bois on peut s’y rendre sans crainte, rencontrer les habitants, on peut au bas des immeubles discuter avec les citoyens. Cette annonce crée un climat irrationnel de « peur sur la ville »

Ce dont les quartiers de Saragosse et Ousse-des-bois ont besoin, c’est d’une politique nationale et locale qui devrait prioritairement apporter des réponses fortes et urgentes aux inégalités sociales avec un taux de chômage, notamment pour les jeunes,  plus élevé qu’ailleurs.

Il s’agirait aussi non pas d’organiser la sélection au lycée et à l’université mais de permettre aux jeunes de ces quartiers populaires d’accéder aux études de leurs choix.

Ce dont il y a besoin prioritairement c’est de la considération et non pas des décisions brutales comme celle qui consiste a détruite l’immeuble Isabe dans le quartier Saragosse, sans la moindre concertation avec les principaux concernés : les locataires. Ces mêmes habitants demandent la réouverture des commerces de proximité comme la superette Vival.

Il y a besoin de plus de services publics, d’une aide au monde associatif  à la hauteur des besoins et non pas la suppression des contrats aidés et des subventions réduites par la ville de Pau.

Au final cette décision donne une mauvaise image de notre ville doublée d’une stigmatisation de deux quartiers populaires,  qui attendent des réponses fortes sur les véritables préoccupations.

« Isabe debout ! » : l’expertise citoyenne moteur permanent de l’action collective.

Dans la belle bataille des « Isabe debout ! », dont j’ai régulièrement fait la chronique ici, l’expertise citoyenne a été le moteur permanent de l’action collective. Face à la brutalité de la municipalité Bayrou, aux passages en force, au manque de transparence, les animatrices ( surtout elles !) et les animateurs de la lutte n’ont cessé de s’informer, d’aller jeter un coup d’œil là où, normalement, les citoyens ne font pas regarder. Par manque de temps – il y a tant de choses à faire dans une journée, dans de batailles quotidiennes à livrer -, par la crainte de ne rien y comprendre, par l’exaspération des Portes qui se ferment ou des musique d’attente au téléphone…Pas pour les Isabe.

Nelly, Zora, Evelyne, Claire – d’autres encore- , sont des exploratrices, des fouineuses, des empêcheuses de tourner en rond, des râleuses, des déterminées, des têtes dures…

Et voilà le résultat . À l’heure de boucler le dossier pour notre avocat, dans le cadre de l’action en Justice que nous engageons car la municipalité de Pau n’a pas respecté la loi sur bien des sujets, dont certains au cœur des beaux discours sur la nécessité de « FAIRE AVEC LES HABITANTS »…, nous mesurons le chemin parcouru depuis septembre 2016. Quel boulot ! Plus de 400 pages. Avec une méthode. Une vision claire. Voilà une belle illustration de la dignité des quartiers populaires ! De la citoyenneté. De la démocratie.

Pays de Quimperlé. Le Parti communiste français à l’écoute

Article du journal Ouest France réalisé par Béatrice GRIESINGER.

Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, est venu dans le pays de Quimperlé pour évoquer son livre, rencontrer la population et parler hôpitaux.

Porte-parole du Parti communiste français (PCF), Olivier Dartigolles a poursuivi hier, dans le pays de Quimperlé, ses rencontres avec les citoyens. Un tour de Bretagne-sud qui lui permet aussi de faire connaître son livre, Macron, entreprise de démolition, paru aux éditions de l’Atelier.

Avant une réunion publique prévue à Mellac, il a rencontré des représentants syndicaux du secteur de la santé pour évoquer la situation du milieu hospitalier.

« Je veux être au plus près de ce qui se passe dans le pays », assure le porte-parole qui est « très préoccupé face à la crise de l’hôpital public qui s’aggrave. L’hôpital public ne tient que par le dévouement des équipes soignantes. »

Quant aux établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes, les dernières manifestations du 30 janvier ont aussi montré « à quel point la situation est dégradée. La question hospitalière est vécue de manière sensible par la population. Elle est vivement ressentie dans le pays. »

Le sujet trouve un écho dans le pays de Quimperlé avec la fusion des hôpitaux.

Olivier Dartigolles évoque la formation « d’un groupe parlementaire de l’Assemblée nationale dont la priorité porte sur le secteur hospitalier, avec bientôt, un projet de loi de défense des hôpitaux publics. Il y a des richesses en France qui permettent un accueil normal en Ehpad, il suffit de les mobiliser, plutôt que de faire des cadeaux aux riches. »

Macron, entreprise de démolition. Premières rencontres et échanges autour du livre.

Paris, Pau et Tarbes.

Jeudi dernier à Paris, dans un brasserie de la Place d’Italie, j’ai eu le plaisir de retrouver Bernard Stéphan, directeur des éditions de l’Atelier, Julie Graff, l’attachée de presse chargée de la promotion du livre, Igor Zamichei, secrétaire départemental du PCF Paris, et les camarades de la section du 13ème qui avait accepté d’organiser ce moment de rencontre pour la sortie officielle du livre «  Macron, entreprise de démolition. Forces, failles et supercheries ».

Lors de l’échange, Jean-Noel Aqua, le jeune secrétaire de section du 13ème, universitaire, est intervenu sur un sujet au cœur de l’ouvrage. Macron est-il dans le simple prolongement et la continuité des politiques menées au cours des dernières décennies, notamment lors des quinquennats de Sarkozy et Hollande, ou, comme je l’avais indiqué lors de mon propos introductif, faut-il d’abord retenir de la nouveauté dans l’exercice du pouvoir par Emmanuel Macron et sa majorité ?

Macron peut bien évidemment inscrire son action dans la suite des politiques menées au cour des dernières années contre l’égalité et la justice sociale, les valeurs républicaines, les solidarités au nom de l’austérité budgétaire et une vision de l’avenir réduite à une feuille Excel et à la satisfaction des intérêts des puissances de l’argent. Mais il y a du neuf dans le Macronisme. Il s’agit d’en prendre toute la mesure, d’en mesurer sans attendre la réalité pour mieux s’y opposer et agir. Jamais un pouvoir n’a engagé sa politique avec la volonté de taper aussi brutalement et sur un aussi grand nombre de chantiers. Par la passé, la droite a pu avoir quelques appétits en la matière mais sans jamais aller aussi loin et sans jamais l’assumer aussi clairement.

Pour atteindre ses objectifs, Macron, poursuivant le travail idéologique mené lors de la campagne électorale, entend « dépolitiser le débat », le réduire à des « arbitrages » techniques, avec la promotion de ministres « experts », issus de la « société civile », ne faisant pas de « politique » mais proposant des « solutions » pour « lever les blocages ». On connaît la chanson… Blanquer à l’Education, Buzyn à la santé, sont pourtant de vrais idéologues, allant puiser l’inspiration de leur action  dans les cercles les plus déterminés à en finir avec une école et un hôpital pour tous.

Regardez sur les enjeux européens, Emmanuel Macron me semble bien plus dangereux que ces deux prédécesseurs réunis dans le sens où il s’empare du sujet d’une « refondation européenne », traitant même la crise démocratique provoquée par le non respect du référendum de 2005, pour, en voulant prendre le ledearship européen, ouvrir un nouveau chapitre qui ne ferait qu’approfondir plus encore des politiques désastreuses nourrissants les souffrances sociales et les populismes de tous ordres. Au sujet des migrants, jamais, au cours des dernières décennies, un gouvernement n’avait osé remettre en question l’inconditionnalité de l’accueil dans ces centres d’hébergement.  Pour faire un peu oublier combien les « premiers de cordée » et le festin des gains obtenus avec le premier budget du quinquennat – là encore, c’est sans précédent à un tel niveau… », le Macronisme est une politique des plus brutales et indignes contre les plus fragiles (réfugiés, chômeurs, allocataires des APL) avec des stigmatisations, des paroles publiques prononcées par le chef de l’Etat.

À Pau, vendredi soir, j’ai eu le grand plaisir de retrouver les camarades avec qui je milite. Des amis. Les représentantes du collectif « Isabe debout » étaient au rendez-vous. À la fin de la séance de dédicaces, deux jeunes femmes attendent, semblent hésiter à se rapprocher. L’une d’entre elles se lance et, dès les premiers mots, ses yeux chavirent sous le coup de l’émotion. Elle avait lu dans la presse que nous présentions le livre et que je serai présent. « Pouvez-vous m’aider ? ». Je lui dis que nous avons du temps pour discuter tant elle me semble vouloir tout résumer en quelques mots. Elle a travaillé à l’Hôpital de Pau comme aide-soignante durant six années. Avec des contrats qui se suivaient puis tout s’est arrêté du jour au lendemain. « Jetée ». Elle est accompagnée d’une amie à elle qui a connu la même chose. Elle témoigne : « J’aime mon métier, j’ai toujours tout fait pour donner le meilleur de moi-même, j’avais de très bonnes relations avec mes collègues, on se soutenait. J’ai trois enfants. Pourquoi agir ainsi ? En plus, il y a besoin de personnels supplémentaires, pas en moins. C’est injuste… Je ne comprends pas… ». On va intervenir dès le début de cette semaine auprès du directeur de l’hôpital. Un responsable de la section de Pau propose à ces deux femmes de poursuivre l’échange lors d’une rencontre dans les prochains jours. Agir localement et nationalement pour la défense de l’Hôpital comme ont décidé de le faire les députés communistes.

Samedi, en fin de matinée, direction Tarbes, à l’invitation de Marie-Pierre Vieu qui m’accueille dans les locaux de sa permanence parlementaire en plein centre ville. Magnifique ! Depuis son élection, Marie-Pierre a déployé une énergie impressionnante, tant au Parlement européen, qu’à l’échelle de la circonscription. Cela est une très bonne chose, nous avions vraiment besoin d’une élue présente, en lien aux luttes, avec une disponibilité sur des sujets essentiels pour la prochaine période. Marie-Pierre a su s’entourer d’une équipe rajeunie, avec un enthousiasme communicatif.

Au cour de l’échange, un syndicaliste enseignant intervient sur la lame de fond que connaît depuis quelques semaines le département des Hautes-Pyrénées pour défendre des écoles de campagne ou de montagne. Dans de toutes petites communes, que l’école soit directement menacée ou pas, des rencontres publiques réunissent 50 à 70 personnes. Il ne s’agit pas seulement de défendre des postes d’enseignants menacés, ni même d’opposer écoles des secteurs urbains et celles de la ruralité, mais de mettre en partage des informations, de réfléchir à des solutions et d’agir. On parle de la vie dans les villages, du lien social, de l’école. Dans le département, du fait des spécificités rurales et montagnardes, 70 % des écoles sont des écoles rurales de une à trois classes. Dernièrement, le directeur d’académie a fait le tour des écoles et des mairies pour affirmer que l’avenir était aux regroupements, aux fusions, avec des « grands pôles éducatifs » en laissant entendre que l’étude d’une universitaire concluait à de plus grandes difficultés scolaires pour les élèves des petites écoles rurales. Contacté par les animateurs de la lutte pour l’avenir de ces écoles, l’universitaire a précisé que ses travaux ne disaient absolument pas cela.  Les parents d’élèves et les élus réagissent : «  pourquoi casser quelque chose qui fonctionne ? ». L’école rurale est une richesse locale.  En Béarn, les parents d’élèves de l’école de Gurmençon s’organisent pour ne pas accepter la suppression d’une classe à la prochaine rentrée scolaire.

Si la présentation du livre peut permettre des échanges sur les actions engagées partout dans le pays, les luttes et les ripostes, cela sera une très bonne chose. Pour mieux comprendre le macronisme, pour s’y opposer plus efficacement, mais pas uniquement. Il s’agit aussi d’inviter lors de ces initiatives publiques les femmes et les hommes qui agissent concrètement à l’échelle de leur territoire et avec qui nous voulons travailler, dans la durée, à une transformation concrète de la société. Échanger avec eux, réfléchir au réel, aux potentialités et aux obstacles, se fixer des objectifs, non pas à partir des préoccupations propres du PCF, ou à l’aune des stratégies électorales, mais avec des processus démocratiques et citoyens permanents.

Prochain rendez-vous : mardi 23/01 à Avignon, 31/01 à Lorient, 01/02 à Quimperlé et 02/02 à Vannes.

Sanctions contre les chômeurs : pour le macronisme, le chômeur est un suspect qui doit être étroitement surveillé

À en croire E.Macron et le gouvernement, après une « liberté » donnée au patronat via la casse du code du travail, la réforme sur l’assurance chômage devait « rééquilibrer » les choses, avec davantage de « sécurité » pour les salariés. Tartuferie comme en témoigne le contenu du document provenant du Ministère du travail, révélé par le Canard Enchaîné. Rédigée par un ancien cadre du Medef, aujourd’hui installé dans le fauteuil de la direction de cabinet de la Ministère du travail, cette note annonce un très sévère durcissement des sanctions contre les chômeurs qui devront par ailleurs remplir un « rapport d’activité mensuel ». Pierre Gattaz avait sonné la charge en octobre dernier en proposant ce contrôle.

Liberté et impunité pour les « premiers de cordées » et , « en même temps », contrôle, sanctions, tri et relégation sociale pour les plus fragiles. Voilà le vrai visage du macronisme qui n’est en rien une politique équilibrée, bienveillante, pragmatique…mais une offensive inédite des forces de l’argent contre nos valeurs républicaines et le progrès social.

Faut-il rappeler qu’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé et que cette indemnisation est un droit obtenu via les cotisations sociales ? Faut-il préciser qu’une récente enquête de Pôle emploi a fait rendre gorge à ceux qui stigmatisaient les chômeurs accusés de ne pas chercher de travail.

Avec de telles recommandations, le contrôle et la sanction des chômeurs -qui existent déjà- si durement renforcés seraient un basculement dans une société de la défiance et du rejet vis à vis de celles et ceux qui ne trouveraient pas leur place dans la France Start-up de Macron. Après les Gad, les costards, ceux qui foutent le bordel ou qui n’aiment pas les réformes…tout cela fait sens.

Les chômeurs n’ont pas besoin d’un contrôle renforcé mais d’un service public de l’emploi avec des moyens supplémentaires, d’une véritable sécurisation de l’emploi et de la formation, de contrats de travail permettant de se projeter dans la vie, de salaires décents. Les combats pour des droits élargis, pour une égalité réelle, pour la dignité des salariés comme des migrants, sont et seront essentiels pour, dans les prochains mois, faire grandir en force et en crédibilité une alternative de progrès au pouvoir actuel. Il y a urgence car E.Macron et ses alliés, eux, n’attendent pas.