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Un président ne devrait pas….

Tempête médiatique avec la publication du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme consacré à François Hollande.

Pour aller droit au but – cela n’est en rien un dribble pour attirer l’attention sur les propos peu amènes de F.Hollande sur l’équipe de France -, celui qui est passé de Solférino à l’Elysée est en proie à une véritable addiction aux journalistes. C’était vrai avant, la fonction présidentielle n’a rien changé dans ce registre. Pire, il semblerait qu’on frise l’overdose. F.Hollande est accro. Pour ce livre, sans parler des autres, cela se traduit donc par 61 rendez-vous dont des dîners privés au domicile d’un des journalistes.

Les derniers soutiens à ce président récidiviste font vraiment de leur mieux (1). Mais on sent bien que le cœur n’y est pas, n’y est plus. Il est vrai que les extraits publiés dans la presse sont affligeants et consternants pour F.Hollande dans un moment où il tente, sans y parvenir, dans un long entretien dans l’Obs de récuser un procès en trahison.

Plus sérieusement, car il y a aussi beaucoup de vacuité et de grotesque dans tout cela, la question qui est posée est celle de notre vie démocratique, de nos institutions, de la Veme République, du présidentialisme, d’un homme élu en 2012 et qui a pu n’en faire qu’a sa tête, de la non renégociation du traité budgétaire européen, dès son installation, à cette fin de quinquennat où l’exercice auquel il se livre ne peut qu’alimenter le dégoût de la politique.

Un président ne devrait pas….être élu de cette manière, agir ainsi, mépriser le Parlement et les partenaires sociaux, faire une politique dont on ne trouve trace dans ses engagements ( pacte de responsabilité, CICE), dire de la justice qu’elle est une « institution de la lâcheté » ou que le CPE de Villepin « ce n’était pas absurde »…

Et puis enfin, ce qui est insupportable, c’est ce ton chichiteux, ce lamento permanent sur la dureté de la tâche. Cela n’est-il pas obscène par rapport aux millions de femmes et d’hommes qui sont véritablement confrontés à la pénibilité au travail, à la précarité, aux journées qui habitent les corps et les âmes ? Lui président, ils n’oublieront pas.

F.Hollande ne peut raisonnablement pas être candidat en 2017.

(1) Comme Frédérique Espagnac déclarant sur un plateau TV que le président a « découvert » ce livre…après plus de 200 heures d’entretien avec les auteurs.

« Plus on s’approchera de l’échéance plus l’exigence du rassemblement sur l’essentiel se fera entendre. Pas pour 2022, pour l’année prochaine »

Intervention d’ Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF, lors de l’émission #QueDemandeLePeuple, le samedi 8 octobre 2016.

Malgré les résultats de cette enquête, on ne peut pas ignorer que le rejet des politiques existe. Comment convaincre que le politique doit et peut servir à quelque chose ? Comment faire changer cette perception ?

Olivier Dartigolles : le rejet de la politique, on y a été confronté quand les militantes et les militants communistes ont animé cette grande consultation. La politique peut provoquer du dégoût, de la colère. Elle peut être dégoûtante d’ailleurs quand des millions de gens voient dans le traitement médiatique qu’il n’est pas question de leurs préoccupations, de leurs attentes, de leurs espérances.

C’est vrai que, comme disait tout à l’heure François Miquet-Marty, ils poussent (les gens) un cri. Et ce cri, élection après élection, il n’est pas entendu.

Mais quand on leur demande, avec les questionnaires,  vous attendez quoi de la politique ? Ils nous disent : « plus rien » ou alors « pas grand-chose ». Et ce sont les mêmes, qui, après avoir rempli le questionnaire, nous disent « merci ». On nous a beaucoup dit merci. Ils nous disent : « bon courage, continuez ». Il y a beaucoup de contradictions, de complexités.

Ce qui est sûr, c’est qu’il y a des ressources considérables dans notre pays. Un sondage publié dans l’humanité avant la fête de l’humanité le montrait. Des ressources considérables, populaires, citoyennes, démocratiques, sociales. Des ressources qui ne se retrouvent pas dans le récit qu’on leur donne des futures échéances. 

Ils disent, « on ne veut pas de cela », et donc la grande question politique de la période à venir, c’est la question d’un espoir pour un changement de gauche le plus rapidement possible. Alors ça doit se travailler. Quel est le prolongement politique à la grande mobilisation contre la loi travail, c’est une grande question pour des millions de gens.

Je pense qu’il y a la possibilité, c’est en tout cas la décision du Parti communiste Français, de faire en sorte que la France que nous présentons ici se rassemble. Une France qui est fraternelle, belle solidaire. Ce n’est pas la France des gaulois de Sarkozy, ça va quoi ! Il faut qu’elle fasse (cette France) irruption dans les questions politiques des semaines et des mois qui viennent. 

La décision du Parti communiste Français, c’est cette feuille de route.

Voilà de quoi nous voulons parler, et nous que disons aussi – c’est la meilleure façon de répondre à la crise de la politique –  : ne pensez pas qu’avec la Ve République telle qu’elle est,  que le fait d’envoyer un homme, plus rarement on parle de femme, à l’Élysée permettra le changement. C’est vous qui devez être porteur, c’est vous les experts du quotidien, c’est vous qui avez les solutions. Il faut donc prendre en main l’avenir du pays, bien sûr pour le débat présidentiel mais aussi, prioritairement, pour les élections législatives. De quels députés de gauche avons-nous besoin à l’échelle de nos territoires ? 

Donc il y a des ressources considérables qui ne veulent pas livrer la France à un second tour droite / Front national.

Je veux terminer sur cette idée. Plus on s’approchera de l’échéance plus l’exigence du rassemblement sur l’essentiel se fera entendre. Pas pour 2022, pour l’année prochaine. Et c’est de notre responsabilité politique, au Parti communiste français, et au-delà avec toutes celles et ceux qui peuvent en être, de créer ce rassemblement et cette unité sur l’essentiel. 

Le Front national prétend défendre les ouvriers, vous faites quoi ? (question internet via twitter).

Olivier Dartigolles : parlez-en aux responsables du secours populaires français, ils doivent avoir une idée ! (applaudissement dans la salle).

Il faut regarder de près les politiques menées par les élus du Front national dans les collectivités territoriales, les conseils régionaux. J’ai vu que Valeurs Actuelles fêtait ses 50 ans. Voyez chez celles et ceux qui ont participé à cet anniversaire, la collusion idéologique entre la droite et l’extrême droite.

Il ne faudrait pas que la vie politique nous amène dans une France gouvernée par les « Républicains », avec le Front national qui apparaîtrait comme le parti d’opposition face aux politiques menées.

La meilleure manière de les combattre, c’est de les débusquer. De faire des campagnes de vérité sur ce qu’ils sont, sur ce qu’ils préparent comme politique.

Ce n’est pas comme en 2002, nous sommes avertis, cela ne serait  pas un accident. La meilleure manière de débusquer le Front national, c’est de faire lever dans le pays une nouvelle espérance de gauche. 

Le choix de la démocratie avant celui du candidat.

En ouverture de la restitution de notre grande consultation « Que demande le peuple ?», samedi 8 octobre, avec « L’émission » qui a connu un beau succès sur internet et les réseaux sociaux, François Miquet-Marty ( Viavoice) a planté le décor. « Merci au PCF pour cette consultation, ce sont des gens qui parlent, et elle parle de la vie des gens ». Puis, il dit combien sont grandes les déceptions, les humiliations. Combien s’exprime l’envie de parler vraiment, de parler à d’autres. Cela, nous l’avons en effet mesuré au cours des derniers mois dans le cadre des échanges avec le questionnaire « Que demande le peuple ?».

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J’ai parfois lu des commentaires interrogatifs, acides, ou même moqueurs, agressifs, sur cette initiative animée par les militantes et les militants communistes.

« Mais pourquoi faire cela ? Pour gagner du temps ? Pour ne pas choisir un candidat à la présidentielle ? Mais on sait très bien ce que demande le peuple ». J’ai même lu que cela « était une catastrophe, comment cela va se solder » avec l’idée que le PCF en porterait la responsabilité. …Pour solde de tout compte, la restitution fait une démonstration : il existe bel et bien un socle d’aspiration et de valeurs partagées, des attentes de gauche pour un changement de gauche.

La démocratie n’est jamais un chemin catastrophique, bien au contraire, elle est la route la mieux balisée, le plus assurée, pour faire face à la complexité, aux contradictions, aux immenses potentiels de rassemblement pour un sursaut de gauche. C’est le paysage actuel qui mène tout droit à la catastrophe avec une victoire conjuguée d’une droite extrémisée, revancharde, et d’une extrême-droite qui n’est plus en embuscade, qui se prépare à être la principale opposition suite au chaos à gauche, en attendant son heure.

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Comme l’a observé Pierre Laurent, à l’issue de cette restitution, et avant d’annoncer de nouvelles initiatives et de nouveaux rendez-vous, « tout le monde parle de démocratie mais personne ne le fait ». Le PCF samedi est entré en campagne pour l’élection présidentielle et les élections législatives. Pour la protection de tous et pour l’égalité. Avec la majorité de progrès qui existe dans notre pays. Pourquoi ce qui socialement converge, nous l’avons mesuré avec les mobilisations contre la loi El Khomri, ne trouverait pas, sans attendre, une traduction et une représentation politique pour 2017 ? Nous proposons donc une grande pétition nationale pour faire grandir cette espérance et qu’elle devienne l’exigence du plus grand nombre. 80 % des personnes interrogées ne veulent pas du même casting qu’un 2012. Ils veulent d’abord le débat, d’abord le projet, pas le candidat. Bien évidemment, on fera le choix d’un candidat pour l’élection présidentielle mais à partir d’un projet commun. Le PCF samedi a apporté sa contribution en mettant sur la table 7 grands axes. J’y reviendrai dans un prochain billet.

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La situation politique peut-elle encore bouger ? Comment s’y prendre ? En entrant en campagne par la démocratie ! Je vois bien que cela peut surprendre ou même agacer. La Ve République, le présidentialisme, la personnalisation à outrance du débat politique font des ravages. J’ai lu les articles et les commentaires sur le thème, « Le PCF en campagne mais sans candidat ». Il est vrai que sur ce créneau nous ne sommes pas trop concurrencés ! C’est bien là le problème car le peuple de gauche est triste et très préoccupé par ce tableau de la division, du chacun pour soi, d’une course à l’échalote, de cette incapacité à se retrouver sur l’essentiel. Plus les échéances électorales de 2017 approcheront, plus l’exigence de rassemblement et d’unité à gauche grandira dans le pays, dans des pans entiers de la société, du monde du travail, de la jeunesse, pour dire « arrêtez les conneries, ne nous donner pas la droite et le FN pour les années qui viennent ». Oh oui, comme cela a été répété samedi, on vaut mieux que cela.

Un PCF sans candidat aujourd’hui ? C’est plus qu’une originalité, c’est d’abord et avant tout une détermination à ne jamais accepter le désastre, à saisir toutes les occasions et les opportunités qui se présenteront, jusqu’au bout, même en ayant fait le choix d’une candidature. Car enfin, de quoi est-il question ? Il en va de l’avenir de notre pays, de notre société, d’un horizon où nous pourrons toujours inscrire des conquêtes démocratiques et sociales, des rêves et un processus permettant de les traduire dans le réel. Ou pas….Cela se joue maintenant.

Tapis rouge médiatique ce we pour Marine le Pen et ses sbires .

Tapis rouge médiatique ce we pour Marine le Pen et ses sbires .
Jusqu’à l’overdose. Quand, le we dernier, la Fête de l’humanité a été zappée ou traitée d’une manière politicienne et caricaturale. J’ai participé il y a quelques semaines à une réunion d’information au CSA au cours de laquelle il nous a été assuré que le traitement serait équilibré pour 2017…
Dès demain, on va donc saisir le CSA avec, comme grille d’observation, la manière dont les choses se sont passées ce we pour le FN et le we dernier pour la Fête de l’Huma. En finir avec de telles pratiques . Que les citoyens s’en mêlent, ne laissez plus faire.

Ma réponse à Jean-Luc Mélenchon

Lors de la Fête de l’Humanité, Jean-Luc Mélenchon s’est expliqué sur sa décision de ne pas rencontrer Pierre Laurent dans un moment public, comme nous avons l’habitude de le faire avec tous nos invités. Il dit : « Faire la rencontre officielle, on fait semblant… Non, on a une divergence stratégique de fond. Il (Pierre Laurent) croit aux primaires de toute la gauche, pas moi. J’ai pris mes dispositions, j’ai mon calendrier. Il (Pierre Laurent) a pris ses dispositions, il a son calendrier. On ne va pas se jouer la comédie de « à qu’est-ce qu’on est copain ». (suite…)

Premières réflexions et propositions après la belle Fête de l’Huma.

Après un été pourri, marqué par les attentats de Nice et de Saint-Etienne-du-Rouvray, les surenchères sécuritaires et identitaires, dans un air de plus en plus vicié, de très nombreux représentants d’organisations progressistes, de responsables associatifs, des syndicalistes, les militantes et militants de la gauche de transformation avaient inscrit à leur agenda les 9, 10 et 11 septembre au Bourget comme le moment où l’on pourrait se retrouver, se parler, échanger et avancer. (suite…)

Soutien aux enseignants et aux parents d’élèves du collège Clermont à Pau

Les parents d’élèves et les enseignants du collège Clermont ont raison d’être en colère et d’exiger que les moyens indispensables à un enseignement de qualité pour tous les élèves soient donnés à l’établissement.

Les élèves et les personnels de ce collège qui accueille près de 550 élèves sont déjà obligés d’étudier et de travailler dans des espaces modulaires à cause de travaux de rénovation qui durent depuis des mois. L’arrêt des travaux du 24 février à cause de difficultés de désamiantage qui n’auraient pas dû être une surprise, prolonge encore cette période difficile. Dans ce cadre, et alors que le département montre sa volonté de donner un nouveau cadre aux usagers de cet établissement, une grande majorité d’enseignants soutenus par la FCPE a déclenché une grève il y a quelques jours pour exprimer leur lassitude, leur déception et leur colère devant la baisse des moyens accordés à l’établissement pour accueillir correctement une population scolaire qui comporte des élèves en difficulté qui disposent de dispositifs particuliers.

En juillet, deux classes (sixième et troisième) ont été supprimées avec promesse de maintien d’une classe de cinquième. A la rentrée, cette classe de 5ème était supprimée, provoquant une augmentation des effectifs dans les classes, notamment celles qui sont destinées à accueillir les élèves malentendants, ou relevant des dispositifs ULIS et UPS. Les groupes de langues sont également à 30 élèves voire 31. Des conditions de travail et d’apprentissage jugées inacceptables par les enseignants comme par les parents.

Ce mercredi, une délégation était enfin reçue par le directeur des services départementaux de l’Education nationale, qui a dû concéder quelques heures d’enseignement. Mais le compte est loin d’y être, et l’argumentation du DDEN était bien pitoyable : « Si on ouvre ici, il faudra aussi ouvrir ailleurs »…

C’est pas faux… Mais cela montre aussi que la politique d’austérité qui frappe les services publics, et particulièrement ici l’éducation nationale, n’est pas acceptée par les usagers et les agents de ces services publics.

J’apporte mon soutien aux personnels de ce collège et aux parents d’élèves et je vais interpeler le DDEN pour que satisfaction leur soit donnée.

Olivier DARTIGOLLES, conseiller municipal de Pau et porte-parole du PCF.

crédit photo : La république des pyrénées