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Pourquoi le vote utile est aujourd’hui le vote Jean-Luc Mélenchon.

Cette élection a d’abord été présentée comme un chemin tranquille pour la droite, avec une victoire face à Marine Le Pen, dont la qualification assurée au second tour était l’autre versant d’une élection qui fut un long moment verrouillée. Puis, avec l’affaire Fillon, la campagne a pris des allures de « série TV » avec son lot de révélations et de rebondissements. On a même pu alors se demander s’il serait possible de faire campagne, d’avoir une vraie confrontation démocratique, projet contre-projet.

Pour la première fois, le vote utile peut bénéficier à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de la gauche de rupture et de transformation. Jamais, sous la Ve République, l’élection présidentielle n’a présenté un paysage aussi imprévisible et aussi ouvert. En fait, tout est possible. Le niveau inédit d’indécision dans l’électorat, à quelques jours du vote, est une autre caractéristique qui montre combien un très grand nombre de personnes réfléchissent, pèsent les conséquences de leur vote pour la suite.

Si les attaques visant Jean-Luc Mélenchon sont si violentes, c’est que les puissances économiques, politiques et médiatiques, chiennes de garde du système actuel, ont bien compris que le vote utile pouvait aujourd’hui bénéficier au candidat soutenu par le PCF, créer les conditions de son élection le 7 mai et celles d’une majorité politique de gauche en juin pour un vrai changement. La dynamique pour le vote Jean-Luc Mélenchon a dépassé François Fillon dans une série de sondages convergents. Il est donné nettement gagnant face au FN au second tour. Donc, l’argument d’un vote utile pour Macron, permettant d’éviter un second tour Le Pen/Fillon n’est plus valable. Il s’effondre. Les gens nous disaient qu’ils se sentaient plus proche des idées et des valeurs de Jean-Luc Mélenchon mais qu’ils avaient la crainte d’un second tour FN/droite. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ils libèrent leur vote.

C’est la première fois que le vote utile, qui fut si longtemps une enclume, va permettre de voter « pour », de choisir le bulletin de son cœur. Jean-Luc Mélenchon est le seul des quatre candidats à pouvoir accéder au second tour à proposer une relance sociale est un renouveau démocratique. Notre candidat est aujourd’hui le mieux placé à gauche pour répondre à un climat dominé par l’envie de passer à autre chose, par le désir de renverser la table où trop de renoncements et de trahisons ont nourri l’écœurement du plus grand nombre, l’accroissement des inégalités et des injustices.

L’utilité de ce vote est qu’il permet enfin de ne plus laisser les commandes du pays aux libéraux de tout poil, qui ont échoué sur tout, sauf sur la progression de l’extrême droite. C’est un dernier élément pour convaincre du vote utile avec le bulletin Jean-Luc Mélenchon. Quant apparaît  à l’horizon une perspective positive, une espérance à portée de main, une victoire, alors on sent bien que l’extrême droite est moins à son aise. Ce fut le cas pour Marine Le Pen lors des débats télévisés au cours desquels Jean-Luc Mélenchon a fait la différence. Le vote utile est aujourd’hui celui qui permet d’affirmer qu’il existe bel et bien une France de gauche, du progrès social, environnemental  et démocratique.

Retour sur le Conseil municipal de Pau du lundi 27 mars.

Il y a eu, en début de séance, pas mal d’électricité dans l’air avec la présence, dans le public, d’une délégation de forains contestant le déplacement de la fête foraine de Verdun au parc des expositions. Cela fut l’occasion de parler du passage du gratuit au payant du parking de la place de Verdun.

J’ai du réagir, malgré l’insistance du maire à me couper le micro, pour contester l’allégation selon laquelle l’opposition au « payant » était organisée par le Front national. C’est une insulte grave pour les 6000 citoyens qui ont signé la pétition, et aussi pour les animatrices et les animateurs de cette pétition dont l’engagement dans le camp progressiste – et anti-fasciste – est bien connu localement. Le maire, ce qui lui arrive de temps en temps, a alors totalement perdu son sang froid.

Après mon intervention pointant les sujets où la politique municipale se caractérise par un passage en force et une forme de brutalité, F.Bayrou réagit : « vous appartenez à une formation politique aux méthodes historiquement…. » pour atterrir sur … « le pacte germano-soviétique » et les « écoles du PCF » dont je serais la créature. Totalement délirant.

Cette séquence fut un moment pénible. A double titre. D’abord du fait de mon histoire familiale, avec un fusillé et un déporté. Ce n’est pas un sujet que j’aime aborder car mon grand-oncle, après Dachau, m’a surtout transmis, au crépuscule de sa vie, l’indicible. Il aurait répondu à F.Bayrou par le silence.

Et aussi pour mon itinéraire personnel, je suis un fils du service public local. Je lui dois beaucoup, celui des politiques publiques pour les écoles primaires, mon collège, puis le lycée Jean Moulin avant l’université de Bordeaux 3 et mes professeurs, celui de la culture avec l’école de Musique et la bibliothèque municipale. Quant à mon parti, je lui dois un autre chemin d’émancipation balisé par des valeurs, des femmes et des hommes engagés pour l’intérêt général et pour une société plus humaine, plus juste, plus solidaire.

Mon intervention au sujet d’isabe. J’ai été le seul conseiller municipal à voter contre la destruction. Je me suis très largement inspiré de la lecture minutieuse du dernier livre de François Bayrou, « Résolution française ».

Page 13. « Le parti pris de ce livre est qu’on peut changer ce qui ne va pas, à partir du moment où l’on a clairement identifié la panne, le blocage, et leur cause ».

Ce qui ne va pas aujourd’hui, c’est que les habitants de Saragosse n’ont pas eu connaissance, précisément, de ce projet de rénovation urbaine. Le Premier ministre vient en mairie signer mais les principaux concernés, les habitants du quartier, n’ont pas été destinataire d’un document présentant les objectifs de cette rénovation, les moyens mis en œuvre, les transformations envisagées, le calendrier.

Pourtant, tout au long de son livre, François Bayrou insiste, à juste raison, sur la nécessité d’informer, de convaincre, « jour après jour » ( page 58). Ce qu’il s’est bien gardé de faire concernant Saragosse. Il écrit : « je crois à la richesse des échanges, à la légitimité des citoyens qui réfléchissent » ( page 59). Il a bien raison, s’il avait pris la peine de recevoir, depuis la mi-septembre (six mois déjà), le collectif « Isabe debout », il aurait pu le vérifier. Ces citoyens se sont informés, ont beaucoup travaillé. Et le président du Modem leur rend hommage : « le temps n’est plus où l’on pouvait entretenir la fiction que les compétents étaient en haut et les incompétents en bas. En vérité, sur bien des sujets, la compétence est désormais en bas, et une relative incompétence en haut. Mauvais temps pour les technocrates et les experts, vient le beau temps de l’expérience de terrain ». Et l’expérience de terrain venant de Saragosse, c’est que la destruction d’Isabe est un non sens. L’immeuble a bénéficié d’investissements pour sa mise aux normes. L’opération « portes ouvertes » organisée par les habitants a fait la démonstration indiscutable de la qualité du bâtiment. Alors, au final, pourquoi détruire Isabe ( avec le coût de la démolition….) ? Oui, pourquoi ? Pour un peu plus de verdure ? Mais le quartier Saragosse est le plus vert de Pau avec plus de 3 hectares.

Il faut je crois « isoler le point clé, celui dont tout dépend »( page 39). A qui fera-t-on croire que le point clé de cette rénovation urbaine, c’est la destruction d’Isabe. Ou, en fin d’opération, celle d’Arlas comme des documents officiels l’évoquent ?

L’annonce de cette destruction, annoncée par un simple courrier déposé dans les boites aux lettres, ne passe décidément pas. « je ne crois pas à la réforme imposée à la schlague. Qui voudra contraindre, même s’il fait le matamore, perdra à coup sur » écrit F.Bayrou ( page 58) qui « plaide contre l’illusion de la brutalité dans l’exercice du pouvoir » ( page 61) et qui ne « croit pas aux décisions brutales » ( p 18).

Si j’ai pris la décision de distribuer une lettre aux habitants de Saragosse, c’est d’abord pour demander la transparence la plus totale sur ce dossier. Comme l’observe F.Bayrou, « la loyauté à l’égard du peuple citoyen, c’est de lui garantir la juste connaissance des décisions qui se préparent, de leurs raisons et des options différentes qui auraient pu s’ouvrir » ( p 89). La démocratie, c’est en effet, pas qu’à paris, mais aussi à Pau, « de jouer cartes sur table (…) car les citoyens n’ont pas que cela à faire de s’informer des affaires de la cité ». Les habitants d’Isabe et du quartier Saragosse ont en effet bien des sujets de préoccupations, la première d’entre elles est de faire face aux quotidiens, aux nombreuses difficultés, de toutes natures.

Pour conclure, je suis, comme F.Bayrou, « optimiste » et je « ne baisse pas facilement les bras ». Nous ne voulons pas de « conflits inutiles », nous voulons simplement « trouver des solutions à des problèmes ».

« Un fragile espoir qui marche va toujours plus loin qu’un fort qui reste assis »….

Lundi soir, lors de ce conseil municipal, F. Bayrou a fait son matamore.

Jeudi : conseil communautaire.

Si « nul ne doit rester sur le bord du chemin », le Premier ministre doit se rendre, sans attendre, en Guyane.

De l’aveu même des services de l’État, les rassemblements organisés ce jour en Guyane constituent «la plus grosse manifestation jamais organisée» dans ce territoire. Que faut-il de plus ? Que faut-il de plus fort que cette « journée morte », historique pas son ampleur, qui a mobilisé une foule immense à Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni, pour que le Gouvernement décide d’agir vraiment, d’agir vite et bien ?

C’est aujourd’hui au Premier ministre, et non pas à une délégation de hauts-fonctionnaires, d’engager sur place le dialogue pour des solutions en terme de sécurité, d’éducation et de santé, d’emploi et de développement économique, d’accès aux droits et aux services publics en Guyane.

Dans son discours de politique générale, le 13 décembre dernier, Bernard Cazeneuve avait déclaré : «nul ne doit rester sur le bord du chemin ». C’est pourquoi il doit, sans attendre, se rendre en Guyane pour y reconnaître une situation alarmante dont la gravité a été trop longtemps sous-estimée, et engager les moyens nécessaires à la satisfaction des revendications exprimées par le mouvement social et citoyen et les élu-e-s locaux.

On ne dialogue pas à une distance de 7000 kilomètres.

Opération de rénovation urbaine du quartier de Saragosse, il faut associer les citoyennes et les citoyens

Lettre ouverte adressé aux habitantes et habitants du quartier Saragosse à Pau.

Si j’ai décidé de m’adresser directement à vous par cette lettre, distribuée dans vos boites aux lettres et lors des visites dans le quartier, c’est pour vous alerter et vous proposer une réunion publique pour en discuter.

Le quartier Saragosse va connaître un bouleversement avec la mise en œuvre d’une opération urbaine de grande ampleur. Le Premier ministre a fait le déplacement à Pau le lundi 20 mars pour signer l’engagement de l’État. Alors que l’immeuble ISABE est menacé de destruction, j’ai  pu constater auprès des locataires de cette résidence combien les habitants de Saragosse n’étaient pas informés du projet en cours. Cela n’est pas acceptable. Comment les principaux concernés par cette opération de rénovation urbaine, les femmes et les hommes, les familles qui habitent le quartier, ont pu être jusqu’ici tenus à l’écart.  Il était pourtant parfaitement possible de les informer et de les associer directement. L’avenir d’un quartier doit d’abord être discuté et imaginé avec les citoyennes et les citoyens. Saragosse n’est malheureusement pas le seul dossier où François Bayrou et son équipe agissent ainsi, en mettant les habitants et les usagers (ceux des parkings désormais payants, les producteurs du carreau des halles) devant le fait accompli. Il y a les beaux discours de campagne sur la « démocratie locale » puis la réalité de la politique municipale.

Je demande donc que vous puissiez être informés et poser toutes les questions, faire évoluer le projet dans la direction que vous le souhaiterez, que des choses décidées sans votre avis – comme la destruction d’immeubles – soient reconsidérées si vous jugez que cela n’est pas une bonne chose. Monsieur le maire veut détruire Isabe pour le remplacer par un espace vert ! Mais il y a déjà près de 3,5 hectares de verdure à Saragosse !

L’amélioration des conditions de vie dans le quartier Saragosse nécessite un vrai dialogue et des moyens pour l’emploi, l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, les services publics, le commerce – la fermeture de l’épicerie Viva est un nouveau coup dur -, l’éducation, la vie associative et la culture.

Pour tout  vous dire, je suis en colère de voir comment les choses se passent, la manière dont les habitants de Saragosse n’ont pas été tout simplement respectés. C’est une chose de signer des engagements avec le Premier ministre en mairie devant les médias, cela en est une autre de venir dans le quartier pour expliquer et écouter.

Il y a des choses positives dans ce projet de rénovation urbaine, d’autres peuvent être améliorées, d’autres enfin ne sont pas acceptables et visent à chasser du quartier les plus précaires.

Je vous donne rendez-vous pour en discuter le mercredi 5 avril à 18h à l’école Nandina Park

Situation en Guyane : l’État doit tenir ses engagements et mobiliser les moyens nécessaires.

Le puissant mouvement social qui se lève en Guyane, auquel nous apportons notre soutien, porte sur des enjeux essentiels, notamment en terme de développement économique et d’emploi, de santé, d’éducation et de sécurité. Alors que des engagements précis avaient été pris en 2013 par François Hollande, avec un « Pacte pour l’avenir de la Guyane » resté lettre morte, qu’une loi « Égalité réelle outre-mer » vient d’être votée, il s’agit de passer au concret en mobilisant les moyens nécessaires à cette égalité. Les politiques publiques doivent permettre à la Guyane, comme aux autres territoires ultramarins, de choisir, en lien à l’État, son modèle de développement social, économique et culturel.

Le Gouvernement doit répondre aux revendications exprimées et engager un vrai dialogue.

Banque de France à Pau : les menaces se précisent, l’agenda s’accélère.

Suite à une rencontre avec les délégués du personnel de la Banque de France de Pau, j’étais intervenu le 9 février dernier, lors d’une séance du conseil communautaire, pour alerter sur les conséquences d’une réorganisation territoriale menaçant directement la succursale paloise dans son activité de traitement du surendettement.

Le calendrier s’accélère. Lundi prochain, le Comité d’entreprise se réunira à Bordeaux avec, à l’ordre du jour, le projet de transformation des implantations Banque de France dans notre région.

Je le redis ici : si les dossiers de surendettement de Pau et Bayonne sont traités à l’avenir à Bordeaux, cela serait une nouvelle détérioration du service public local. Pour les usagers, qui doivent déjà faire face à une situation très difficile, le fait de ne plus avoir un contact direct et humain avec le gestionnaire suivant leur dossier de surendettement, serait une catastrophe. Il ne resterait que trois agents à la succursale de Pau pour les informer des problèmes de fichier, d’infobanque, de droit au compte ou de surendettement. Jusqu’à quand puisqu’elles n’auront plus de travail sur dossiers à réaliser. La finalité, nous la connaissons. Ce sont des plateformes téléphoniques. C’est l’enfer décrit par Ken Loach dans son film  » Moi, Daniel Blake ».

J’apporterai mon soutien lundi aux salariés de la Banque de France de Pau qui seront en grève. J’attends aussi une réponse à mon courrier à François Bayrou, qui, lors du conseil communautaire du 9 février, avait précisé qu’il avait des liens personnels avec le Gouverneur de la Banque de France. Nous sommes très contents de l’apprendre. Et après….

Si nous perdons l’activité de traitement du surendettement, il ne faut pas se faire d’illusions, c’est la succursale paloise qui, à terme, fermera. Avec des conséquences lourdes en terme d’emploi, de service public, d’activité pour le centre ville.

Présentation du programme de Fillon : « Une purge ! »

Le candidat Fillon a présenté son programme. Il promet un « choc puissant ». Et l’addition va être lourde. M. Fillon s’engage dès le lendemain de l’élection, à faire voter en priorité le passage de l’âge de la retraite à 65 ans, la fin des 35h. François Fillon confirme aussi son intention de casser notre service public en supprimant 500 000 postes de fonctionnaires.

Il s’agit de « Libérer, protéger » dit-il.

Libérer… seulement les plus riches en supprimant l’ISF, plutôt qu’agir pour la justice fiscale et contre l’évasion et l’optimation qui nous prive de plus de 80 milliards d’euros. Monsieur Fillon préfère lui augmenter le taux principal de TVA de 2 points, un impôt injuste qui pèse sur toutes et tous au quotidien.

Protéger… en priorité évidemment le patronat, en baissant les cotisations et en brisant tous les instruments de la protection sociale. Monsieur Fillon entend ainsi démonter le code du travail, du moins ce qu’il en reste après la Loi El Khomri.

Pour le PCF, la remise en marche de l’économie passe d’abord par la revalorisation des salaires, notamment des plus modestes avec une revalorisation immédiate du SMIC à 23%; une meilleure distribution du travail pour tous par la réduction du temps hebdomadaire pour tendre à 32h avec pour première et essentielle remise en cause, celle de l’austérité budgétaire! Nous proposons de doubler les taux d’impositions actuels de l’ISF et d’intégrer au calcul de sa base les biens professionnels des entreprises. Nous voulons au contraire une refonte du code du travail pour instaurer de nouveaux pouvoirs aux travailleurs tout en rétablissant la hiérarchie des normes.

L’inverse de cette purge que nous promet François Fillon.

Menace de fermeture du site de Yara à Pardies (64).

Après l’arrêt définitif de l’arrêt de la production à l’usine de la Celanese en novembre 2009, notre territoire est de nouveau menacé par une saignée industrielle suite à l’annonce faite par le groupe Yara d’une fermeture du site à Pardies fin 2018. Aujourd’hui comme hier, nous ne l’acceptons pas. Nous exprimons notre total soutien aux salariés et à leurs représentants. Nous participerons à toutes les actions permettant la mobilisation de la population pour la défense de l’emploi et du développement industriel. Derrière ces « dossiers industriels », n’oublions pas qu’il s’agit de femmes et d’hommes qui vivent désormais avec la peur au ventre, et avec eux leur famille, d’un territoire de nouveau frappé de plein fouet pas un séisme social et humain.

Il n’y a aucune fatalité au dépeçage de notre industrie. Il est parfaitement possible de vivre et travailler au pays. Comment ?

En impulsant un nouveau mode de production et de consommation ; avec un moratoire immédiat sur les licenciements, les fermetures de site, les cessions ou externalisations, les délocalisations ; instaurer la propriété sociale des brevets inaliénables du collectif des travailleurs de l’entreprise ; avec des nouveaux droits de contrôle et d’intervention des salariés sur les choix de gestion et les choix stratégique de l’entreprise.

Concernant plus spécifiquement l’avenir industriel du bassin de Lacq, l’Etat, donc le gouvernement et à son premier rang le Ministre des finances, de l’économie et de l’industrie, doit arrêter de promettre de tout mettre en œuvre pour son développement et rester sans réaction quand des grandes entreprises sacrifient leurs salariés au profit de leurs actionnaires. Le bassin chimique doit pouvoir compter, au-delà des paroles, d’actions concrètes pour conforter son développement. Aucun plan économique ambitieux n’a été proposé par les divers représentants de l’Etat pour le bassin de Lacq. Au contraire, il s’est même désengagé financièrement de l’outil de développement qu’il avait initié dans les années 2000.

Je demande qu’ autour de Monsieur le Préfet une table ronde soit organisée avec la Direction de Yara et les syndicats pour examiner très rapidement les alternatives à une fermeture. La direction de Yara sait parfaitement qu’en travaillant sur divers aspects de sa logistique et la diversification des productions, par exemple, son site peut être compétitif pour la livraison des pays d’Europe du sud et d’Afrique du Nord.

Tout le monde sait également le poids que représente le groupe Total localement et ce qu’il doit à Lacq. Il est inadmissible que ne lui soit pas demandé, comme des organisations syndicales le proposent, d’investir directement dans des unités de production utiles à l’économie locale et nationale. Oui la politique peut et doit agir sur l’économie ! Des projets industriels, des propositions existent. Des groupes comme Total, Arkema, Toray (…) ont les moyens d’investir des sommes sur plusieurs années, qui ne représentent même pas 10 % de leurs bénéfices annuels. C’est un choix : les bénéfices pour investir pour la vie, les gens et les territoires ou pour les actionnaires ?

Mettons ces exigences dans le débat pour un avenir positif du bassin industriel et en premier lieu Yara, ses salariés et ses sous-traitants.

La démolition d’Isabe n’est pas une fatalité.

Lettre adressée au Préfet des Pyrénées-Atlantiques concernant la situation de citoyens palois, réunis au sein du collectif « Isabe debout ».

Monsieur le Préfet des Pyrénées-Atlantiques
Préfecture
2 rue du Maréchal Joffre
64000 Pau
Monsieur le Préfet,

J’interviens directement auprès de vous pour vous sensibiliser au sujet de citoyens palois, réunis au sein du collectif « Isabe debout », au coeur du quartier Saragosse, qui vivent une situation extrêmement douloureuse. Dans le cadre du projet de rénovation urbaine, ils ont été informés le 15 septembre 2016 par un simple courrier déposé dans leur boite aux lettres, pas même remise en mains propres, du projet de démolition de l’immeuble.

Après cette première brutalité, qui a provoqué un mélange de sidération, d’incompréhension et de colère, les cinq derniers mois sont la chronique d’une non prise en considération de leur situation. Cette seconde violence n’a que trop duré.

Les quartiers populaires souffrent du chômage et de la précarité, des inégalités et des discriminations, des difficultés pour l’insertion sociale et professionnelle des jeunes, d’un lien social qui se délite avec la fermeture d’un trop grand nombre de services publics et un tissu associatif qui tire le diable par la queue. Quand vient s’ajouter non pas le sentiment mais l’expérience d’un manque de considération, d’une absence totale d’écoute, alors c’est le dégoût qui envahit les coeurs.

Monsieur le Préfet, j’ai appris à connaître ces femmes et ces hommes au fil des initiatives du collectif « Isabe debout ». Ils sont devenus, vous pourrez le constater en les recevant, des spécialistes de la rénovation urbaine et de l’amiante. Les règlements de l’ANRU n’ont plus de secret pour eux. Dans de tels moments, la démocratie citoyenne porte une expertise. Mais je sais aussi combien la vie n’a pas été pour eux un long fleuve tranquille. Je pense notamment à cette famille, en charge d’une adulte handicapée, qui vit depuis septembre avec la peur du lendemain.

De plus, Isabe abriterait des appartements « taudis » comme cela a été affirmé. Comme si la menace d’une démolition ne suffisait pas, les habitations doivent-ils aussi faire face à ces contrevérités stigmatisantes et humiliantes. Démonstration a été faite samedi 4 mars, lors d’une opération « portes ouvertes », que les logements sont des appartements parfaitement tenus, améliorés au fil des années au prix d’efforts et de sacrifices.

Les habitants d’Isabe ont aussi, pour un très grand nombre d’entre eux, travaillé tout au long de leur vie et donc apporté à la richesse nationale et à la vie locale. Il y a beaucoup de solidarité et d’humanité dans les quartiers populaires. Bien plus qu’on ne le croit.

Nous avons appris la prochaine visite à Pau, au quartier Saragosse, de Monsieur le Premier ministre pour engager l’État dans cette nouvelle opération de rénovation urbaine. Comment un tel projet pourrait raisonnablement s’imposer sans le consentement des principaux concernés ?

La démolition d’Isabe n’est pas une fatalité. Le bon sens et l’Intérêt général peuvent l’emporter. Au vu de ces éléments, je souhaiterais, Monsieur le Préfet, que vous puissiez recevoir des représentants du collectif « Isabe debout » ? Cette rencontre serait véritablement une marque de considération pour des femmes et des hommes qui demandent, au final, une chose assez simple : se sentir respectés et considérés.

Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, mes salutations respectueuses.

Olivier Dartigolles

Conseiller municipal de Pau

Conseiller communautaire Pau Béarn Pyrénées.