olivier

Samedi ! Jour de chronique paloise sucrée/salée.

Casting. Ce qu’il y a de plaisant dans mes déambulations en ville, lors des étapes « Nos quartiers palois », ce sont les rencontres impromptues. Voilà comment, sans avoir prévu cet échange, j’ai croisé, rue Carnot, un élu de la majorité municipale. Il a des choses à me dire…tout en me demandant de ne pas citer son nom. Je connais cela. Combien sont celles et ceux qui, à Pau, au cours de la dernière période, ont « des choses à me dire, à m’apprendre… », qui m’encourage « à le faire savoir »…tout en me demandant de ne pas préciser la manière dont « j’ai obtenu l’info ». Je dois l’avouer, cela est souvent un peu lourdingue. Nous ne sommes pas non plus à Chicago. Le système Bayrou est-il si menaçant ? Je ne le crois pas. Certes, cela peut se tendre – j’en ai fait personnellement l’expérience lors de conseils municipaux orageux – mais, en rentrant chez moi, je ne me retourne pas pour vérifier si je suis suivi ou pas !!!
Je ne vais donc pas faire ici le récit des confidences de cet élu de la majorité municipale qui en avait très gros sur le cœur. Un immense chagrin, essentiellement provoqué par l’appréhension de ne pas être sur la liste Bayrou pour les prochaines élections municipales. « Et je ne serai pas le seul »…avec des précisions sur les autres « répudiés » et déjà les probables entrants. Tout cela me semble surréaliste d’autant plus que je viens de passer une demi-heure avec le pharmacien de la rue Carnot qui, lui, n’est pas sur le casting des prochaines municipales mais sur des questions très concrètes.

Pétition. Une info, publiée ce jour dans « La République des Pyrénées », a retenu toute mon attention. Je découpe. J’archive. C’est du lourd. Elle va, à n’en pas douter, changer la manière de procéder dans cette ville. Lors d’un forum citoyen, le maire vient d’encourager les habitants à « pétitionner » pour obtenir une réponse favorable de la mairie. « Si vous nous faites une pétition, je vous promets d’intervenir…demandez-le moi et s’il y a suffisamment de signatures, je serai heureux qu’on puise le faire » indique F.Bayrou. En l’occurrence, il s’agit d’encourager la tronçonnite dont il raffole. Mais qu’importe, conservons l’idée principale : une pétition citoyenne peut faire évoluer la politique municipale. Cela me donne une idée précise…à suivre.

Quartier du Château. Hier soir, comme je le fais de temps en temps en fin de semaine, j’ai retrouvé les amis du quartier du château où je réside. C’est un « petit village », moins d’un millier d’habitants, avec des figures, des personnages, les habitués des terrasses des cafés. Au spot « Vintage », les copains veulent avoir mon sentiment sur l’actualité « Mélenchon ». On en parle mais j’ai aussi envie de parler d’autre chose…jusqu’à ce que la discussion revienne sur « Méluche ». Puis, dans la discussion, une personne exprime ceci : « il faut essayer d’être heureux dans sa vie, profiter des bons moments, prendre soin des gens que l’on aime. Il y a trop de tensions…. partout….tout le temps ». Elle a réussi, en rappelant cette vérité, à perquisitionner en douceur nos cœurs et nos âmes. Merci à elle.

WE palois. Repos, lecture, cinéma. Demain matin, le petit marché de la place Gramont. Lundi matin, de 9H à 10H30, je serai en direct sur Cnews pour participer à un débat sur l’actualité du jour. Pour illustrer mes propos, mes réactions aux évènements médiatiques d’une journée, il m’arrive souvent d’évoquer mon action locale, de parler de Pau. Sans jamais recevoir, en retour, les félicitations du service communication de la ville. Quelle ingratitude…

Nos quartiers palois, rencontre avec le pharmacien Christophe Poueymidou.

Rencontre avec le pharmacien Christophe Poueymidou,
51, rue Carnot.

Il y a quelques semaines, Christophe Poueymidou m’a alerté par courrier en exprimant son « profond mécontentement quant à la gestion humaine et matérielle des travaux BHNS » rue Carnot. Ce jour, en fin de matinée, j’ai échangé avec lui puis j’ai contacté la médiatrice chargée, au syndicat mixte, d’accompagner les commerçants dans cette phase des travaux.

Deux observations.

1. Comme j’ai pu l’observer dans d’autres quartiers de la ville lors de mes déplacements, Monsieur Poueymidou fait le récit d’une absence complète d’informations en amont des travaux et lors des travaux. Je retiens une phrase : « Il faut faire passer le bus, le reste, c’est pas leur problème ». Comme d’autres paloises et palois, confrontés à des difficultés et à l’absence de prise en considération par la municipalité, ce pharmacien a donc développé une belle expertise citoyenne, allant jusqu’à aller chercher les textes officiels sur internet.

2. Il attire mon attention sur l’absence de place de stationnement pour personnes à mobilité réduite. En effet, en l’accompagnant sur la voirie, je constate cette réalité.

Proposition : il faudra impérativement intégrer cette dimension dans le réaménagement de la place de Foirail, au plus près de la rue Carnot.

Suite à d’autres échanges, j’ai décidé, avec les camarades qui m’accompagnent, de consacrer une prochaine étape de « Nos quartiers palois » à l’ensemble de la rue Carnot. Rendez-vous le 2 novembre, entre 17 et 19H.

Après cette rencontre, déjeuner au Foirail, chez Laurette. Une institution paloise. Toujours aussi sympa et authentique. J’aime ces lieux. C’est aussi cela l’identité de notre ville.

Demain, seconde étape hebdomadaire « Nos quartiers palois », j’ai un rendez-vous avec des acteurs culturels qui veulent une politique municipale plus respectueuse de nos artistes et créateurs locaux. Ici aussi, nous avons des imaginaires et des talents qui peuvent « mener le monde »…

Congrès 2018. Ce qui à mon avis, doit être réécrit dans la base commune

Le vote pour la base commune de discussion a exprimé la volonté que notre congrès décide des changements qui permettraient un redressement du PCF. Cette volonté rassemble, on peut ladmettre, tous les communistes. Il sagit maintenant de la traduire dans un texte quelles et ils approuveront, au moins majoritairement, et qui définira lorientation politique de leur parti. 

Pour construire ce texte majoritaire, Pierre Laurent, lors de la réunion du Conseil national des 13 et 14 octobre, a identifié cinq thèmes sur lesquels il convient de poursuivre la discussion et d’amender la base commune (voir CommunisteS du 17 octobre). Certains de ces thèmes nécessitent un travail damendements « classique » pour le préciser et laméliorer. Mais, sur plusieurs questions, de véritables réécritures sont à mon avis nécessaires.

Il en est ainsi en premier lieu de notre statut de Parti communiste français, au regard de notre histoire, que nous assumons, ainsi que de notre vision de ce que nous nommons « communisme ». En quelques mots : nous avons longtemps adopté, avec tous les partis communistes, la conception léniniste de la révolution ; elle n’est plus la nôtre ; nous en avons une autre.

Or, je crois lire dans plusieurs formulations de la base commune des retours en arrière. Ainsi, il est inexact d’indiquer que « les directions successives du PCF » n’ont pas procédé à « une analyse approfondie » après la disparition de l’URSS (page 7, lignes 7, 8) et qu’en somme, il conviendrait de s’y mettre. Cette analyse a été effectuée. Pas par les seules « directions » mais au travers de larges confrontations d’idées entre les communistes qui ont débouché sur des décisions collectives qui constituent le socle de la personnalité actuelle de notre parti. Et elle n’a pas été faite après la chute de l’URSS, mais dès les années 70 lorsque nous nous sommes émancipés du marxisme-léninisme et du « modèle » soviétique après l’abandon de la dictature du prolétariat. Lors de chacune des étapes de ce cheminement, fait d’innovations et de ruptures, des camarades n’ont pas été d’accord. Mais, en majorité, les communistes ont décidé de poursuivre ce processus. Je pense que, pour devenir le texte d’orientation qui les rassemble, la base commune doit être débarrassée de toute formule régressive.

Je précise. Il me semble que devraient être réécrits le paragraphe page 7 lignes 4 à 13 où il est question à propos de l’URSS de « tentative de révolution qui a finalement été défaite » (Par qui ? Les causes ne sont pas internes ?) ; les lignes 41 à 45 de la page 10 où sont évoquées « l’édification de lURSS à partir dune Russie arriérée » et de « terribles dérives du système soviétique » (Tout s’expliquerait par l’arriération et le stalinisme se réduirait à de « terribles dérives » ?) ; le paragraphe page 14 lignes 37 où est demandé « un bilan communiste de ce qu’a représenté l’Union soviétique » (Un « bilan communiste » ? Globalement positif ? Pitié !) ; ainsi que la référence page 18 ligne 18 au « marxisme vivant » (C’est quoi ? Va-t-on renouer avec une « philosophie officielle » ?) ainsi que le paragraphe page 22 lignes 31 à 38 où l’œuvre de Marx est évoquée de façon très discutable et où est indiqué « qu’il a montré la nécessité de l’existence de partis communistes » alors que ceux-ci n’existaient pas à son époque.

Nous ne sommes pas obligés de revenir lors de chacun de nos congrès sur les questions du soviétisme, du léninisme et du stalinisme pour traiter de notre conception du communisme. Mais si on en ressent le besoin, faisons-le. Il peut être utile de revenir, dans ce cas dès le début du texte, sur ce que le PCF considère comme essentiel pour lui même. Le préambule, pages 3, 4 et 5 y gagnerait en force. Dans sa rédaction actuelle, sa plus grande part, de la page 4 à partir de la ligne 10 et toute la page 5 devrait être supprimée. En effet, il s’agit d’une partie où les initiateurs du texte alors alternatif expliquent pourquoi les communistes doivent à leurs yeux se prononcer en sa faveur. Ces considérations n’ont évidemment plus lieu d’être.  Le « nous » qui rédige n’a plus à exposer les reproches qu’il fait à la proposition du CN (p. 4, l. 10 sq.) – elle n’existe plus. Il n’a pas à espérer que son texte sera choisi comme base commune (p. 5, l. 14) – c’est fait.

En revanche, le début du préambule, qui expose pourquoi « notre 38e Congrès est vital » (p. 3 et p. 4, l. 1 à 9) gagnera à être maintenu. On discutera sans doute les appréciations qu’il formule, mais, comme je l’ai indiqué, on peut aussi l’enrichir considérablement en exposant ce qui constitue le cœur et le moteur du projet communiste. Lorsque nous avons abandonné ce qui était au centre de notre conception du socialisme et du communisme, la dictature du prolétariat, nous avons estimé que « la démocratie, la liberté, c’est désormais le terrain essentiel de la lutte des classes ». Je ne sais pas s’il faut reprendre mot pour mot cette formulation du 22e Congrès de 1976, mais il me semble que nous gagnerions à donner, dès le début du texte, une importance primordiale à cette question du « Qui décide ? ». Cela, à l’heure où la démocratie et les droits humains sont ouvertement remis en cause par le néolibéralisme et où l’exigence de décider de son propre destin est l’exigence majeure des individus. La base commune traite de cette question dans le corps du texte lorsqu’est décrit, page 10, ce qu’est le fond du projet communiste, et à la page 13 lignes 8 à 33. On peut, à mon avis, développer et donner plus de force, dès le départ, à ces considérations qui risquent d’être « noyées ».

La deuxième question qui, de mon point de vue, nécessite une réécriture est le premier chapitre de la base commune, « Un bilan critique », ainsi que les conséquences qui s’ensuivent pour notre politique de rassemblement. Le texte n’examine les évolutions de la France et du monde qu’à partir du chapitre 2 et débute donc par un bilan de l’action du PCF à partir de 2002. Ce choix conduit à une vision autocentrée de la situation du Parti et à considérer les résultats de ses décisions prises durant ces quinze dernières années, ainsi séparées de leur contexte, comme des « échecs successifs » (p. 6, l. 4) dus aux « choix politiques initiés par nos principaux dirigeants » (p. 7, l. l, 2). On peut noter à ce propos que deux éléments trouvent grâce aux yeux des rédacteurs : le fait que nous avons « poussé le PS à bouger » (ah bon ?) quand Hollande a déclaré : « Mon ennemi, c’est la finance » (p. 6, l. 27), et la décision d’une « campagne sur le coût du capital » (p. 6, l. 32). Par bonheur, les initiateurs de cette initiative sont précisément les camarades de la direction nationale qui ont signé ce texte.

Bref, cette partie ressemble davantage à un règlement de comptes entre dirigeants qu’à une analyse sérieuse de nos échecs. Elle ignore notamment que les orientations stratégiques du Parti de ces dernières années n’ont pas été décidées par un noyau de dirigeants nationaux n’ayant qu’une idée en tête, l’effacement du Parti, mais qu’elles ont fait l’objet de longues et profondes discussions entre les communistes, et de décisions de leurs congrès. Pour ne citer que la dernière période, ne traiter du Front de gauche que pour souligner qu’« il n’a pas su offrir une alternative radicale et crédible à toute la gauche » (p. 6, l. 28 sq.) et qu’« il s’est transformé en machine électorale d’un candidat promu par le sommet du Parti » (p. 6, l. 25) est caricatural. La fin du Front de gauche pose d’autres questions, plus profondes, d’autant plus que cette initiative, dont nous avons été à l’origine et dans laquelle les communistes se sont fortement et durablement investis, a suscité beaucoup d’espoirs. Cet échec doit être analysé dans le contexte de lévolution de la gauche politique et sociale, travaillée tout à la fois par le social-libéralisme, le populisme et des formes inédites d’engagement et d’intervention, et par la logique de plus en plus installée du présidentialisme. Je pense que cette analyse, qui peut être faite de façon plus lucide et plus sérieuse, doit nous conduire à concevoir une stratégie nouvelle en vue du rassemblement des forces transformatrices et de la gauche.

Cette question d’une « nouvelle stratégie de rassemblement et d’union populaire » est traitée au chapitre 5, pages 17 à 19.  L’objectif du PCF d’un « rassemblement majoritaire, dont le contenu soit à la hauteur pour transformer réellement l’ordre existant » (p. 5, l. 8 à 10) est réaffirmé. Mais, s’appuyant sur l’analyse introspective unilatérale du bilan de notre action, la base commune trouve dans l’affirmation volontariste du Parti partout et en toute circonstance la solution à tous les problèmes et n’aborde qu’ensuite l’analyse de la recomposition politique – qui est le problème majeur auquel nous sommes confrontés et devrait être le point de départ de notre réflexion pour définir des initiatives adaptées. Ainsi, privée de cette analyse, la seule initiative envisagée est « une campagne permanente sur le coût du capital » (p. 19, l. 45),« transversale à nos différentes batailles communistes, sociales comme sociétales » (p. 19, l. 51, 52), lesquelles batailles, « dans une stratégie du PCF comme vecteur du rassemblement et de l’unité populaire contribueraient à construire le socle nécessaire au redressement de notre influence et de nos forces organisées » (p. 19, l. 53 à 55). Doit-on crier : « Eurêka » ?

Cette partie fourmille d’expressions telles que : « il s’agit de faire prendre conscience… » (p. 17, l. 52), « il est essentiel d’être présents » (p. 18, l. 25), « menons la bataille sur nos idées » (p. 18, l. 38), « il nous appartient de » (p. 18, l. 49). On a parfois l’impression que le texte propose de construire les rassemblements auxquels nous voulons contribuer autour du PCF, grâce à l’action de ses militantes et militants popularisant ses propositions, alors que nous avons abandonné cette idée depuis longtemps. Pour permettre aux rassemblements de se donner des contenus avancés, « qui d’autre que le Parti communiste peut assumer ce rôle, alors que les idées dominantes pèsent tant, jusque chez tous nos partenaires de gauche ? » (p.18, l. 11 sq.) demande le texte. Et comme, dans les chapitres précédents, ce sont essentiellement nos propositions économiques qui sont mises en valeur, on parle de « viser des objectifs sociaux audacieux » (p. 18, l. 8), en oubliant tous les autres. Il me semble vraiment que nous ne sommes pas au bout de la réflexion avec une telle conception qui, à son corps défendant, joue au fond « petit bras ». Nous sommes confrontés, après l’échec du Front de gauche, à un devoir d’invention. Les élections européennes, avec Ian Brossat, peuvent être le baptême du feu d’une nouvelle démarche et d’une nouvelle initiative politiques unitaires. Je pense que le congrès a les moyens de les décider.

Mes dernières remarques et suggestions de réécritures tiendront en quelques mots : elles ne nécessitent pas d’argumenter, tant elles me paraissent aller de soi.

Je viens d’évoquer la place de l’économie dans la base commune. Elle est écrasante et, du coup, les énormes défis auxquels nous sommes confrontés, s’ils figurent bien dans le texte, sont fortement minorés. Je pense bien sûr à la crise climatique, à la lutte contre le patriarcat, aux migrations, au barrage à dresser contre les fanatismes, le racisme, l’antisémitisme, à la révolution numérique, aux problèmes bioéthiques… Nous avons, ces derniers mois, organisé de multiples initiatives, sur ces questions et sur d’autres. Il ne doit pas être difficile d’enrichir le texte de leurs apports.

J’ai aussi évoqué l’Europe. Il n’est pas imaginable de laisser en l’état un texte où est affirmé à son propos que « des camarades pensent qu’on ne peut pas la transformer et qu’il faut affirmer le droit pour chaque nation de désobéir aux traités jusqu’à sortir de l’Union européenne si nécessaire pour respecter la souveraineté populaire » ! (p. 16, l. 7 sq.) Cela d’autant plus qu’on admet que « nous ne pourrons sans doute pas trancher ces questions au prochain congrès ».  (p. 16, l. 34) Mais si, il faut trancher ! Allons-nous mener une campagne pour les élections européennes en disant qu’on ne sait pas si le PCF est favorable au « Frexit » ou non ? Et cela, alors que nous sommes au clair sur cette question, que nous sommes à l’origine de plusieurs initiatives de rassemblement des forces de gauche et progressistes européennes et que nous n’avons pas à « inventer » notre position ?

Enfin, concernant le monde, les questions posées par les migrations massives à venir et par la poursuite de guerres et de massacres de plus en plus abominables est peu traitée. Le texte souligne qu’« un nouveau type de multilatéralisme se cherche » (p. 15, l. 11) et propose de « construire un nouvel internationalisme » (p. 15, l. 18),. Mais il semble en déduire la nécessité d« un rapprochement, une nouvelle alliance, avec les pays en développement et émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Mexique, Turquie, etc.) »… Je ne commente pas, il y a là également, à l’évidence, quelques réécritures nécessaires.

Nos quartiers palois. Petit marché dominical place Gramont.

Ce matin, j’ai retrouvé le petit marché du dimanche place Gramont. Je suis un habitué des lieux. J’aime cet endroit et les relations humaines nouées au fil du temps. Ici, c’est paisible. On peut musarder. Passer son temps à des petits riens. Pour moi, c’est un vrai plaisir de retrouver le bouquiniste. Un livre…un dvd pour quelques euros. Le maraîcher. La charcuterie maison. Je vous conseille le saucisson ! Le pain. Et une belle rôtisserie. La fromagère. Un commerçant m’alerte sur l’absence de l’ostréiculteur.

J’avais déjà été sensibilisé l’année dernière sur le retard de la municipalité dans le renouvellement des autorisations. Pour François Bayrou, les nouvelles Halles doivent être « un pompe aspirante ». Je reprends exactement la formule qui a été la sienne lors d’un échange en conseil municipal. Les Halles et table rase de tout le reste ? Le marché bio du Foiral a été dégagé. Ils ont trouvé refuge à Billere. Prochaine victime le marché de Gramont ? Cela serait une énorme erreur . Car ce marché procure du bien être à de très nombreuses personnes . Nous l’aimons. Nous nous y sentons bien.

Une question se pose : le projet urbain de F.Bayrou est-il un projet respectueux d’une diversité, d’identités plurielles qui font le charme de notre ville ? Ou est-il destructeur ?

Voici les visages des femmes et des hommes qui nous accueillent à Gramont le dimanche. Merci à eux.

Il ne peut pas s’en empêcher !

Il ne peut pas s’en empêcher ! C’est plus fort que lui. Rien n’y fait. Dès que l’occasion se présente, François Bayrou passe à la sulfateuse les mandatures paloises où il siégeait dans l’opposition. Même dans des moments où il pourrait se détendre un peu, il remet une couche, comme hier, lors de la visite de la garde des Sceaux, au sujet du bâtiment de la Miséricorde. Certes le projet, plutôt audacieux, avait suscité de nombreux commentaires. C’est toujours une bonne chose quand l’architecture – ou tout autre art – peut interpeller, surprendre et même provoquer. Notre époque est si cruellement asséchée en terme d’imaginaire. Sa raillerie vise ainsi directement deux architectes à l’origine du projet  : Dominique Jakob et Marc Ferlane. Dans son édition du 18 juin 2011, la République des Pyrénées donnait quelques informations sur le pedigree et les réalisations de deux architectes.

« Le cabinet « Jakob et MacFarlane » a une réputation internationale récompensée par de nombreux prix. Dominique Jakob, 45 ans, est diplômée de l’école d’architecture de Paris Villemin. Brendan Mac Farlane, 49 ans, est diplômé de Harvard et de « Sci-Arc » une école d’architecture de Los Angeles particulièrement renommée. À l’actif du tandem, des réalisations marquantes en matière d’urbanisme : la maison T à La Garenne-Colombes en 1994, la maison puzzle en 1997, la maison H en 2002 et de nombreux logements sociaux dans le 19e arrondissement. Les deux architectes sont également, entre autres, derrière le restaurant tout en rondeur « Georges » du Centre Georges Pompidou (2000) qui leur a donné une visibilité internationale, et « Docks en Seine » (2008), un spectaculaire immeuble organique formé de deux tuyaux végétalisés qui s’entrecroisent et qui hébergent la Cité de la mode et du design, le pavillon Orange et les studios TV d’Euro news du quai Rambaud à Lyon (en cours), ou encore le spectaculaire fond régional d’art contemporain d’Orléans ».

Dans ce même article, on peut aussi retrouver le contenu de l’intervention de François Bayrou au sujet de ce projet architectural, lors du conseil municipal où nous en avions débattu.

Voici l’extrait de l’article : « La seule voix de l’opposition qui s’est exprimée, celle de François Bayrou, a plutôt loué « l’évolution heureuse » du projet. « Très sceptique au début », le chef de file du MoDem semble aujourd’hui conquis. « Au début, ce volume (le fameux « signal ») faisait anecdotique, rajouté. Quelque chose a bougé dans la légèreté » estime-t-il se disant « curieux de voir le résultat final ». « L’architecture est un risque. Il arrive souvent que les projets fassent jaser » ajoute François Bayrou, se rappelant des critiques autour de son Hôtel du Département. ».

À l’époque, Bayrou était ainsi accessible à une certaine « légèreté »…aujourd’hui, il est régulièrement lourdingue, comme lors du dernier conseil communautaire, quand il évoque les années passées. Il devrait se relire. Pour ma part, j’avais eu une petite difficulté, à l’époque, à imaginer la première impression de « vache écrasée » en « nuage »…Comme quoi

Pourquoi avons-nous quitté, hier soir, le conseil communautaire ?

Compte-rendu du Conseil communautaire du 27 septembre.

Hier soir, sur le coup des 20H30, après deux heures de conseil communautaire, nous sommes cinq élus ( Jean-Yves Lalanne et Arnaud Jacottin de Billère, les palois André Duchateau, Stéphanie Maza et moi-même) a avoir quitté l’assemblée. C’est la première fois qu’un tel événement se produit. Il en dit long sur la très préoccupante dérive de F.Bayrou, en conseil municipal de Pau comme en conseil communautaire.

Pour résumer les choses en quelques mots, commençons par rappeler des principes essentiels. Il est parfaitement normal que des élus municipaux et/ou communautaires puissent questionner le maire de Pau et le président de l’agglomération, faire état de leurs réflexions, avancer des propositions. Il s’agit là d’une exercice démocratique de base. L’idéal serait de pouvoir le faire localement dans les meilleures conditions. Le souhaitable consisterait, à minima, à pouvoir intervenir sans être interrompu systématiquement par les commentaires moqueurs de F.Bayrou, ou même par un usage intempestif d’un bouton lui permettant de nous couper le micro.

François Bayrou n’aime pas le débat démocratique, « la dispute » au sens classique du terme, qui consiste à confronter des opinions dans le cadre d’une assemblée. Il n’aime pas qu’un avis divergent au sien puisse être présenté et argumenté. À force de n’être entouré que de personnes ( son équipe rapprochée au Modem et une sorte de cour de collaborateurs et d’élus de sa majorité – pas tous…- à Pau ), se comportant avec lui comme des courtisans agenouillés face au Roi – ( cela peut donner des scènes s’approchant du film « Ridicule » de Patrice Lecomte), François Bayrou a perdu de vue ce qui fait, je le crois, la qualité d’un responsable politique : le discernement, la capacité à ne jamais jouir d’un pouvoir ( qu’il soit local ou national ), à chercher dans la pensée et la liberté d’une idée différente à la sienne ce qui peut être juste et vrai.

Pour avoir observé de près ce processus, j’ai le sentiment que les choses se sont nettement aggravées depuis son départ du gouvernement après à peine un mois au ministère de la Justice. Je peux concevoir la blessure humaine et politique. Elle ne peut en aucun cas justifier les excès d’autoritarisme, les attaques ad hominem, les amalgames permanents, les sarcasmes, les moqueries. F.Bayrou aime beaucoup se moquer d’un adversaire politique, allant même jusqu’au plaisir malsain de l’humilier publiquement. Quand, à son tour, il peut être la victime d’une moquerie, on peut très vite constater sa grande difficulté à encaisser la chose.

Concernant l’opposition paloise, notamment André Duchateau et moi-même, ou des conseillers communautaires ( le maire de Billère et son premier adjoint), nous avons eu à subir tout cela depuis le début de la mandature. Parfois ça passe, on fait avec – ou plutôt sans-, on esquive, on reste sur le débat de fond. Hier soir, F.Bayrou a franchi une nouvelle étape qui ne pouvait pas se traduire par autre chose que notre décision de quitter l’assemblée.

Pour F.Bayrou, sa mandature est l’an 1 de tout. Et au septième jour, il se reposa de toute son oeuvre. À l’écouter, absolument rien n’a été fait pas les anciennes équipes. Ce qui est, au passage, une bien curieuse reconnaissance des missions assurées par les agents de notre collectivité au cours des vingt, trente, quarante dernières années. Pour F.Bayrou, quand un élu tel qu’Arnaud Jaccotin, dont on connaît la qualité sur les questions liés au travail, attire l’attention des conseillers communautaires sur les risques d’une machine pour broyer des végétaux, le président de séance lui répond comme s’il avait devant lui un abruti, alors que cet aspect a été discuté en commission. Dans de tels moments, je l’avoue, l’ambiance est irrespirable car on assiste à quelque chose qui ne devrait pas se passer ainsi. Rebelote pour André Duchateau à qui F.Bayrou prête des propos que l’élu socialiste de Pau n’a absolument pas tenus.

Puis, nous sommes partis.

Mais la soirée n’était pas encore terminée. En rentrant chez moi, j’ai suivi la suite du conseil communautaire jusqu’au moment où Josy Poueyto, députée Modem de la circonscription, informe le conseil communautaire de ma présence au Palais des sports où l’Elan béarnais jouait son premier match à domicile face à Monaco ( on a malheureusement perdu de deux points). Cela fait une drôle de sensation d’être installé sur son canapé et de se voir transporté ainsi, via les pouvoir surnaturels de Josy Poueyto, dans les tribunes du Palais des sports. Et voilà F.Bayrou, président de séance, qui verse la seconde couche ( ce qu’il n’était pas obligé de faire ) en disant que l’information était confirmée… La manœuvre est grossière, elle consiste à faire croire que nous avons simulé l’indignation pour aller tranquillement assister au match. J’ai donc fait une photo de ma vie à ce moment là, avec ma compagne, envoyée sur mon compte Twitter. Car il y a aussi nos vies personnelles, il faut prendre un peu de distance avec le reste… J’ai demandé par SMS des excuses. Ce qui a été fait quelques minutes après par Josy Poueyto et François Bayrou.

Ce matin, dans sa conclusion au compte-rendu du conseil communautaire qui fait le récit de cette embrouille, la journaliste de la République des Pyrénées écrit : « Et puis nous, nos électeurs, qui vous regardons ». Je peux comprendre cette réaction mais je ne la partage pas. Les électeurs peuvent regarder ce que j’ai exprimé lors de cette séance sur des sujets sérieux ( voir ci dessous), dont la République des Pyrénées ne parle pas, ils peuvent lire les compte-rendu que je rédige systématiquement après chaque conseil municipal et communautaire, ils peuvent me rencontrer lors des visites de quartier.

Mes interventions hier soir :

Sur la fusion des bailleurs sociaux. C’est un gros sujet. Comme j’ai pu le faire lundi en conseil municipal, j’ai regretté la précipitation de cette délibération en éclairant une opération qui consiste à en finir avec notre modèle HLM, la loi SRU. C’est une victoire considérable pour le lobby du bâtiment, très puisant, et une perte d’autonomie supplémentaire pour les maires. Les associations des personnes handicapées ont exprimé leur indignation et leur très grande colère.

J’ai posé des questions précises sur les 240 000 euros de dépenses pour la prochaine édition des « Idées mènent le monde ». Puisque les invités à ces rencontres ne sont pas rémunérés, comment est ventilée cette somme. En juin dernier, j’avais pris connaissance d’un article dans Le Parisien, intitulé « Quand le Modem travaillait en famille », qui évoquait « Les idées mènent le monde ». On m’a répondu que l’ensemble des personnes mobilisées étaient bénévoles. J’ai souligné la faible visibilité nationale de ce rendez-vous. Tout en demandant le détail de ces 240 000 euros. Je veux vérifier certaines choses.

Après le pacte financier signé par notre collectivité, j’ai interrogé F.Bayrou sur la future réforme de la fiscalité locale. J’ai posé une question sur la possibilité d’une future augmentation de la fiscalité locale. Pas de réponse claire.

Enfin, après le « piéton » publié le jour même dans Sud-Ouest, qui nous informait que F.Bayrou n’avait jamais mis les pieds, contrairement à ses déclarations la veille en conseil municipal, dans le magasin « C’est deux euros », rue Carnot, je lui ai offert quelques objets achetés le jour même dans ce commerce. Pour le détendre un peu…Nous verrons, dans les prochaines semaines, si les choses s’améliorent. Ou pas

Compte-rendu du conseil municipal de Pau du 24/09.

Ce conseil a duré plus de 4H30. Je vais donc à l’essentiel en organisant mon récit par grands sujets.

1. Ecole de l’Hippodrome.

Avant le début du conseil, j’ai échangé quelques mots avec les parents d’élèves présents. C’est pour eux une première. Je sens un peu d’appréhension. Il faut dire aussi qu’ils mènent un combat courageux, âpre, depuis l’annonce de la fermeture de la troisième classe dans cette école maternelle. Cela n’est pas sans conséquence sur leurs vies, qui ont basculé, du jour au lendemain, sur la nécessité impérieuse de garantir à leurs enfants de bonnes conditions de scolarisation. Ils ne pensent d’ailleurs pas uniquement à l’année qui vient mais, au delà, à l’avenir de cette école et des futurs écoliers. Ils se battent pour le service public local d’éducation et donc pour l’intérêt général. Depuis le premier jour, ils ne cessent de vouloir sensibiliser la municipalité, d’argumenter avec constance et application, sans jamais perdre le sens des responsabilités. Ils réfléchissent collectivement sur la manière de se faire entendre sans jamais créer une situation de blocage avec les principaux décideurs que sont l’inspection d’académie et la mairie. Ils ne savaient pas comment fonctionne un conseil municipal. J’échange avec eux sur le sujet. Le conseil est public, ils peuvent donc s’installer dans la salle et assister au débat. « Pouvons-nous prendre la parole ? Nous avons une lettre, qui est rédigée sur un ton constructif, nous voulons une solution pour nos enfants, nous n’avons pas d’autres objectifs ». Je leur indique que F.Bayrou refuse systématiquement l’expression des collectifs de citoyens. Depuis le début de la mandature, et alors que la politique municipale a provoqué beaucoup de tumultes, par des décisions brutales et injustifiées, F.bayrou n’a pas autorisé l’expression des Isabe, des commerçants du centre ville, ou encore des responsables associatif du marché bio, en ouverture des travaux du conseil municipal. Cela se pratique pourtant très naturellement dans de nombreuses municipalités. Dans ses déclarations publiques au niveau national, le président du Modem aime régulièrement mettre en valeur l’expertise citoyenne. Ce dimanche encore, lors de son intervention à Guidel, il a déclaré ceci : « on ne peut pas vivre sans idéal. Regardez tout ce qui marche, tout ce qui mobilise, dans la société française : les associations, les ONG, l’engagement bénévole et citoyen… ». Il a aussi parlé du « refus de la résignation ». Exactement ce qui réunit les parents d’élèves de l’école de l’Hippodrome…mais pas quand même jusqu’à aller leur donner la parole.

Lors de ce conseil, le maire de Pau s’est très mal comporté vis à vis d’eux. Autant le dire très clairement, la méchante polémique qu’il a tenté d’installer -sans y parvenir-, en laissant entendre que ces parents d’élèves agissaient dans un esprit de « propagande » en essayant d’acheter des inscriptions, a été un moment très pénible à vivre lors de ce conseil municipal. Un homme politique en responsabilité ne devrait pas agir ainsi. Un ancien ministre de l’Education nationale ne devrait pas se comporter ainsi. Un maire qui a choisi, comme nouvelle marque territoriale, « Pau Capitale humaine » ne devrait pas se laisser aller de la sorte. Le maire a simulé la colère qui, dans les conseils qu’il donne au président Macron, est pour lui « mauvaise conseillère »…

En fait, le maire a tout simplement essayé une méthode très politicienne – cela ne fait pas vraiment « nouveau monde » – avec une tentative de détournement de l’attention. Une esquive face à sa duplicité et à son manque de loyauté sur ce dossier. J’ai rappelé les faits dans mon intervention. André Duchateau est aussi intervenu. Nos deux réactions se sont complétées. Dans un premier temps, le maire de Pau a tenu des propos très optimistes après des parents d’élèves de l’école de l’hippodrome, allant même jusqu’à s’engager auprès d’eux à créer les conditions d’inscriptions supplémentaires pour garantir le maintien de la troisième classe. « Je m’en occupe, j’ai le bras long… ». Cet échange, en mairie, a eu lieu deux jours avant la venue du ministre Blanquer pour inaugurer la Foire expo et avant une autre inauguration qui ne devait pas être perturbé par des manifestants, celle des nouvelles Halles. Cet agenda passé, le couperet est tombé : pas de réouverture. Les questions de fond restent entières, elles trahissent un système opaque et illogique. Pourquoi la mairie a refusé de communiquer aux parents d’élèves la manière dont notre collectivité a enregistré ou pas de nouvelles inscriptions pour cette école. Pourquoi en être resté sur les seules dérogations ? J’ai questionné le maire sur le dur du problème, sans obtenir de réponses claires : en commençant par la fermeture d’une classe, avez-vous un projet dissimulé pour l’avenir de cette école ? Comment se réjouir d’une démographie paloise à la hausse en fermant une classe en maternelle.

Au final, cette mauvaise pièce était écrite dès le commencement. Le maire, pas plus que son adjointe à l’éducation – qui semblait assez contrariée hier lors du conseil malgré les hommages et les encouragements appuyés du maire – n’étaient aux cotés des parents d’élèves de l’hippodrome lors de la première mobilisation devant l’Inspection d’académie. Seul, à ce moment, un élu de la majorité municipale s’est montré en portant même le bandeau rouge des soutiens à la classe ! Quel courage. Depuis, il n’a plus remontré le bout de son nez. Il était absent au conseil hier soir. Courageux mais pas téméraire. Un siège au futur parlement européen faut bien une trahison. Au début du combat pour Isabe, lors d’une rencontre dans les locaux d’une association, il nous avait exprimé sa solidarité. Mieux faut en rire…

Les parents de l’Hippodrome ont été très durement marqués par la violence de la charge portée par F.Bayrou. Pour avoir eu à subir personnellement de tels traitements, lors de précédents conseils municipaux, je sais que cela n’est pas agréable. Maintenant, j’en pris le parti d’en sourire. Qu’à cela ne tienne, ils resteront dans une approche constructive. Car, comme le maire de Pau en parle dans ses discours, ils ne veulent rien lâcher sur « l’idéal »…surtout quand il est à portée de main. Ils vont continuer à agir pour la réouverture de cette classe. Et nous allons continuer à le soutenir et à appeler à un soutien massif de la population. Lors de l’initiative de samedi denier, avec un enterrement fictif de cette classe, j’ai pu me rendre compte combien les personnes à qui nous présentions les raisons de ce convoi funéraire si particulier exprimaient, dès les premières phrases, un encouragement aux parents mobilisés, une solidarité, en complétant : « que pouvons-nous faire pour vous ? ». Allez, avant de passer à un autre sujet, je ne résiste pas à une dernière citation empruntée à F.Bayrou, toujours dans ce discours de dimanche à Guidel. « Notre vocation c’est de bâtir, face à la loi du plus fort, la loi du plus juste ». Comment peut-il s’exprimer ainsi le dimanche, et revenir à Pau le lendemain en se comportant de manière aussi injuste avec des parents d’élèves et en leur faisant bien comprendre… qu’il est le « plus fort ».

2. Les nouvelles Halles.

HEUREUX. François Bayrou est heureux des nouvelles Halles. Parfois, on peut même penser qu’il a sorti l’investissement public de ses propres deniers personnels. Cela est amusant. Dans mon intervention, j’ai constaté que ces halles étaient en effet une réussite architecturale. J’ai trop connu ce quartier, comme ancien président de la mission locale, installée dans les étages du complexe de la République, pour ne pas constater l’évidence. J’ai aussi pu remarquer, dimanche dernier, que la fréquentation était surtout celle d’une classe sociale plutôt favorisée. Il y avait du monde sans que cela soit « populaire ». C’est un vrai sujet. Il faudra laisser passer quelques semaines pour se faire une idée plus précise. F.Bayrou a, là encore, perdu le contrôle de ses nerfs. La moindre remarque est vécue comme une attaque. Qui ne dit pas exactement comme lupin, est contre lui. Cela n’aide pas à un débat municipal serein, entre la majorité et l’opposition. Nous avons cependant eu une confirmation : pour le maire de Pau, ces halles sont en effet destinées à du « bling bling ». J’ai twetté en direct du conseil un élément de langage du maire. Un membre de son cabinet a du lui faire savoir (je suis très suivi par eux, lors d’un récent conseil, ils avaient même la fiche Wikipédia ! Quelle tartufferie…). Il me demande de retirer le tweet. En réponse, je lui propose de préciser sa pensée afin que je puisse communiquer sur mon compte Twitter au plus « juste » de sa réflexion. Il se lance : « si c’est trop cher, vous n’achetez pas ». Ce qui est presque à l’identique de la première formulation : « ceux qui ne peuvent pas se payer les produits peuvent regarder ». S’accrochant aux branches, le maire de Pau tient à préciser une chose : « il m’arrive d’aller dans les magasins où tout s’achète à 2 euros ». Rires dans le public.

Tout cela peut apparaître anecdotique. Nous sommes pourtant dans la vérité. La gestion municipale de F.Bayrou à Pau est comparable à celle d’Emmanuel Macron au plan national. Une politique favorable à celles et ceux qui n’ont pas de problème dans leur vie, qui vivent bien. Quand il est proposé aux autres de « traverser la rue pour trouver du travail ». C’est aussi une politique qui peut être méprisante, un mépris de classe, pour les plus fragilisés. Les Isabe…les responsables associatifs qui ne savent plus comment faire (perte des contrats aidés, baisse des subventions), des parents d’élèves qui contestent une fermeture de classe, des acteurs du terrain, comme les responsables du marché bio du quartier du Foirail, obligés de quitter Pau pour s’installer à Billère.

Pour conclure sur les Halles, j’ai confirmé mon diagnostic de départ. Nous n’avions pas à créer une société publique locale pour y installer à sa tête Sophie Borotra. Sur ce dernier point, ce que j’avais exprimé au printemps dernier ce confirme : ce n’est pas la bonne personne à la bonne responsabilité. Affaire à suivre car même certains soutiens jusqu’alors commencent à s’en inquiéter. Je n’ai pas eu de réponse sur le fait que ces nouvelles Halles puissent être une mauvaise opération sur le plan de la consommation d’énergie. Là encore, il faudra patienter pour avoir la vérité des prix…mais cela ne sera pas 2 euros !

3. L’activité commerciale.

On a remis 1 euro dans la machine « Vos chiffres ne sont pas les miens ». Les faits sont têtus. Pour faire des visites de quartier, comme dernièrement rue du 14 juillet, il suffit de faire le décompte des panneaux « à céder ». J’ai donc donné les chiffres actualisés : 18,8 % de vacance commerciale pour les rues Samonzet, Cordeliers, Barthou, HenriIV, Joffre, Foch et Serviez. 20% pour les rues Taylor, Guichenné, Galerie Joffre, Gambetta, Meunier, Latapie, Daran. Pour rappel, la zone d’alerte se situe à 10%…

J’ai profité de mon intervention pour remettre quelques pendules à l’heure concernant une activité où les jeunes qui pédalent doivent justement ne pas perdre de temps pour gagner des clopinettes avec un statut social des plus précarisé. Lors du dernier conseil municipal, l’adjointe aux commerces nous avait fait un peu la leçon en présentant un tableau idyllique des nouvelles enseignes commerciales sur Pau. Patrata…la vérité est beaucoup moins reluisante. Depuis 2015, les auto-entrepreneurs sont obligés de s’inscrire au registre du commerce. Il faut donc comptabiliser les livreurs à vélo Deliveroo et Uber Eats. Il y en a eu 70 depuis le début de l’année. Drôle de conception « des nouveaux commerçants » à Pau. Tout cela est à vomir

4. Autres sujets traités.

Lors de ce conseil, j’ai abordé d’autres sujets. Je ne développe pas. Nous aurons, dans les prochaines semaines, l’occasion d’y revenir.

Climat social au sein de notre collectivité. Contrairement au discours de F.Bayrou et Jean-Paul Brin sur le mode « tout va pour le mieux » – à les entendre c’est vraiment le monde des bisounours – les retours dont je dispose ne sont pas sur ce registre. Vraiment pas. Dans certains services, la situation est très mal vécue par des femmes et des hommes qui doivent supporter la pression d’un encadrement de plus en plus agressif. Tout cela se traduit par de la souffrance au travail, du stress, une augmentation de l’absentéisme. 17 % ? Jean-Paul Brin et F.Bayrou ont contesté ce chiffre. Il y a aussi une réelle fatigue, et même une exaspération de nos agents, face à des « cadres », avec des jolis salaires, qui arrivent dans notre collectivité pour mettre en œuvre des actions, directement inspirées du privé, des critères de rentabilité et de baisse des « coûts » au détriment du service public local. Puis qui repartent au bout de deux ou trois ans, pour aller exercer de nouvelles missions dans d’autres collectivités, après avoir fait le « job » à Pau. Ce n’est pas cela la fonction publique territoriale. Pendant ce temps, des agents qui ont passé les concours internes avec succès, qui sont même encouragés par notre collectivité pour le faire, attendent désespérément d’être affectés sur des postes. Quand d’autres, sans concours, mais avec le bon réseau, sont nommés agent de maitrise après avoir été recrutés dans notre collectivité seulement depuis quelques mois. On parle de moralisation à Paris, on nourrit le clientélisme à Pau.

Pour l’anecdote, F.Bayrou m’a une nouvelle fois attaqué, ad hominem, lors de ce conseil sur ma situation professionnelle. Je ne sais pas pourquoi il s’acharne ainsi. « Moi, je n’ai jamais été salarié d’un parti politique » éructe-t-il. Lui, qui vit de la politique depuis plus de 35 ans. Je lui ai fait remarquer que le Modem, qu’il préside, avaient aussi des salariés. Que cela n’était pas une indignité pour celles et ceux qui occupent ces postes et qui accomplissent un vrai travail, utile, je le crois, comme c’est le cas pour les syndicats, les associations, les ONG, pour notre vie démocratique et sociale. La preuve, son propre directeur de cabinet à Pau, Stéphane Thérou, a travaillé par le passé à l’institut de formation du Modem. Je ne peux aller plus loin ici puisque une enquête préliminaire sur les présumés emplois fictifs des assistants parlementaires européens du Modem est en cours. Parfois, le sentiment de toute puissance fait dire des sottises.

Cuisine centrale. Avec André Duchateau, comme nous l’avions fait en conseil communautaire, nous avons exprimé notre opposition à une nouvelle société publique locale. Décidément…La mission de service publique est mise en danger, c’est un véritable cheval de Troie pour le secteur privé, qui pourra, dans deux ou trois ans, mettre la pression sur les communes qui chercheront un prix à la baisse. A terme, c’est l’idée même d’une communauté de destin communautaire qui est mise en péril.

Logement et fusion des bailleurs sociaux (OPH et Béarnaise). Quelle précipitation. Alors que la loi Elan n’est pas encore votée, que son contenu vient d’être aggravé par les arbitrages de la commission mixte paritaire au Parlement, une délibération nous fait acter la fusion des deux organismes. Cette fusion nous met en deçà du seuil de logements proposé, à ce stade, par la loi, soit 12000. La députée Josy Poueyto a laissé entendre que ce seuil serait revu « très nettement » à la baisse. Nous verrons. Cette loi Elan est une terrible attaque contre notre modèle HLM, contre le logement social. Et aussi contre les personnes handicapées. J’ai déjà traité de cette question sur cette page. Nous allons rester très vigilants sur les conditions de cette fusion.

Ancien CCAS et 22 rue Lamothe. J’ai posé la question sur le devenir des anciens locaux du CCAS. Il en a été question lors de ma récente visite «Nos quartiers palois » rue des Orphelines et rue Latapie. Pas de réponse précise. Idem pour le 22 rue Lamothe qui est une véritable pépite. J’ai la crainte d’une opération immobilière qui nous prive de l’essentiel.

Proposition d’une rue Maurice Audin, 61 ans après la reconnaissance du crime d’Etat. J’ai aussi rappelé la demande du syndicat CGT pour ajouter le nom d’Ambroise Croizat sur une plaque où figure celui d’un fonctionnaire qui a travaillé avec le ministre qui a fondé la Sécurité sociale.

Prochaine visite de quartier. Demain, à 18H. « Nos quartiers palois » seront rue Miot. Nous avons déjà un référent pour cette rue mais cela sera notre première visite.

Nos quartiers palois : Quartier du 14 juillet.

Jeudi 20/09. Quand j’arrive au niveau de la placette Barada, rue du 14 juillet, un petit groupe d’habitants est déjà présent. On se présente. chacun dit où il réside. La discussion s’engage rapidement sur la propreté urbaine. « Ici, nous ne sommes pas place royale » constate une paloise, mais « c’est une rue qui est une identité de Pau, avant le pont, quand on voit le château, c’est magnifique, c’est une vraie carte postale, alors pourquoi ne pas bien s’occuper de nous, c’est sale, la municipalité ne fait pas grand chose ». Il est question aussi de l’embellissement de la petite place. « Avant, nous avions un arbre, plus maintenant, est-il possible d’en replanter un ou deux ».

Je m’engage à faire remonter cette proposition à F.Bayrou. Après chaque visite dans un quartier, je lui adresse un récapitulatif des demandes des habitants.

Très vite, notre petit groupe décide d’avancer un peu. Nous constatons tous la vitesse excessive des voitures. « C’est un vrai problème » constate un résident, « on pourrait installer un radar pédagogique, qui signale aux automobilistes leur vitesse, cela serait déjà une amélioration ». Nous retenons l’idée.

Maison après maison, on ne peut qu’observer des façades en mauvais état. « N’est-il pas possible, au 14 juillet, d’avoir une opération de rénovation des façades, comme en centre-ville ? ». A chaque fois, dans mes visites des quartiers palois, je retrouve cette distinction dans la perception des habitants entre leur lieux de vie et « le centre ville ». Une paloise qui vient de nous rejoindre m’interroge sur la proportion de logements sociaux rue du 14 juillet : « je ne suis pas contre les logements sociaux, c’est même très bien, mais il faut une juste répartition sur l’ensemble de la ville ».

Puis, nous constatons au fur et à mesure de notre déambulation la vacance commerciale. Pour un habitant, qui semble bien connaitre le sujet, « un tiers » des commerces est aujourd’hui fermé ( pizzeria, deux banques de proximité, une alimentation, un magasin vidéo, une charcuterie… ».

Nous faisons une halte devant la petite supérette Aida Marketing. La gérante a fait savoir qu’elle souhaitait nous parler. La discussion s’engage. Sa demande est simple. Elle souhaite avoir deux arrêts minute devant son commerce, « c’est indispensable pour mon activité , avant il y en avait mais c’était pour une banque, pourquoi cela ne serait-il pas possible pour moi ? ». En effet, là encore, je m’engage à écrire à F.Bayrou pour obtenir une réponse favorable. j’ai aussi eu plaisir à discuter avec le jeune fils de cette dame. Il est inscrit en fac de droit et aimerait être avocat.

Puis, la discussion de notre groupe porte sur la police municipale : « nous voulons une police municipale bienveillante, qui s’occupe des incivilités. Ici, au 14 juillet, on a pas mal de personnes marginales, certains relèveraient d’un suivi psychiatrique mais ils sont dans la rue ». J’évoque alors la question de la psychiatrie dans notre pays, la manière dont les coupes budgétaires successives ont profondément mis à mal ce service public. Il ne faut pas croire que ces visites de quartier sont uniquement consacrées « aux crottes de chien » ( et cela a aussi sont importance). Nous avons aussi des échanges sur notre société, sur le sens à prendre, sur la manière de faire le choix de l’humain et non pas du fric et de la rentabilité.

La dernière étape de cette visite du 14 juillet ( nous reviendrons dans quelques semaines pour faire l’autre coté de la rue) nous a conduit au bar du stade. Accueil sympa du patron qui a une bonne connaissance des problèmes du quartier. Sa demande prioritaire est celle du stationnement : « nous manquons d’une vingtaine de place de parking». La discussion va sur le rugby, sur le stade de La Croix du Prince, stade emblématique. Quel projet pour ce stade ? Nous évoquons François Moncla. J’appelle François pour savoir s’il accepterait de venir ici rencontrer quelques amoureux de l’ovalie. Comme à son habitude, l’ancien capitaine de la section paloise, championne de France en 1964, répond présent avec une grande fraternité. Rendez-vous est pris pour le vendredi 28/09, à 18H, au bar du stade.

Avant de quitter le bar, un résident de l’immeuble au numéro 68/70 vient à notre rencontre : « est-il possible d’avoir des protections devant l’immeuble, c’est dangereux sinon avec la circulation ». C’est noté.

Je remonte la rue du 14 juillet. Nous venons d’y passer 1H30. Ces échanges citoyens vont du local à des questions plus générales, « plus politiques ». Une habitante a eu cette réflexion : « merci d’être venu, cela m’a permis de rencontrer des voisins. Je viendrai vendredi prochain même si je ne suis pas une spécialiste de rugby ». L’action « Nos quartiers palois », qui va bientôt se doter d’une structure associative, est aussi un vecteur humain. Se rencontrer, se parler, s’écouter. « Quand Bayrou est venu faire son forum citoyen, il fait un peu son show , il nous a fait la leçon. Il s’agace vite quand on lui présente un problème. Puis il repart. Ce n’est pas une bonne façon d’agir vis à vis de nous ».

Avant le pont, une magnifique lumière sur le gave et le château. C’est en effet une magnifique carte postale mais avec des gens bien vivants qui expriment des besoins. Rien de ce que j’ai entendu ce soir ne me parait impossible à réaliser. Bonne nouvelle, après ces échanges, une dame a accepté d’être notre référente pour le 14 juillet en précisant « je ne suis pas de votre sensibilité politique mais j’apprécie beaucoup la démarche ».

Je complète cette publication par le récit d’un habitant du 14 juillet qui nous a adressé ce texte quand il a appris que nous allions venir dans son quartier.

Pour une école vraiment gratuite.

J’étais ce matin l’invité de RMC pour évoquer le versement, ce jour, de l’allocation de rentrée scolaire (ARS). Versée sous conditions de ressources, son montant stagne. De très nombreuses familles modestes en sont exclues.

Cette actualité a été l’occasion de mettre sur la table une proposition du PCF : l’école pour tous, c’est une école vraiment gratuite.

Chaque année, la rentrée scolaire coûte de plus en plus cher. Avec la fameuse liste des fournitures scolaires, notamment lors du passage du primaire au collège, mais aussi les transports scolaires, la cantine, les activités périscolaires, tout cela s’additionne et pèse lourd.

Une école de la réussite pour tous, obligatoire jusqu’a 18 ans, doit reconquérir le principe républicain de gratuité. Comment ?

L’Etat peut prendre en charge un panier de fournitures scolaires. Pourquoi ne pas avoir une belle ambition – comme cela a été proposée ce matin sur les ondes de RMC- pour une industrie nationale permettant d’atteindre cet objectif. Cela serait un cercle vertueux. Nous proposons aussi la gratuité des transports scolaires et la généralisation d’une tarification sociale pour la restauration scolaire.

Face aux inégalités territoriales qui n’ont cessé de se creuser avec la réforme des rythmes scolaires, nous proposons des activités périscolaires gratuites et assurées par des animateurs qualifiés dans le cadre d’un service public national déconcentré du loisir éducatif.

Nous savons combien les destins scolaires sont liés aux origines sociales. Le système scolaire est de plus en plus inégalitaire. Le projet Blanquer, qui n’est pas un expert mais un idéologue du tri social de l’école à l’université, aggrave dangereusement cette réalité. Regagner la gratuité réelle, c’est une partie de la réponse.