Solidarités béarnaises.

Les dernières journées ont été bien remplies à Pau et en Béarn avec, sur de nombreux sujets, l’expression de ripostes, de luttes à la politique gouvernementale, et de solidarités concrètes. J’en fait ici l’énumération rapide. Je reviendrai plus longuement sur certains sujets dans les prochains jours.

Je commence par le plus récent. Je suis allé ce matin à la rencontre de Florent Attali, chef de chantier en travaux publics, dans l’entreprise Marsol, située dans la zone industrielle de Berlanne. Florent a installé sa tente au milieu du rond-point, très fréquenté, pour sensibiliser le plus grand nombre sur les conditions de son licenciement et celle d’un délégué du personnel. Les salariés présents me disent le quotidien au travail, avec son lot d’injustices, de brimades, de sanctions. Nos échanges sont interrompus par les manifestations de solidarité de conducteurs. Par des coups de klaxon, par des vitres qui se baissent pour libérer des paroles : « courage », « merci », « tiens bon Florent ! ». Les abus patronaux chez Marsol ne datent pas d’aujourd’hui, avec un total de dix procédures aux prudhommes. Ce que semble encourager le directeur, Franck Martinez, qui, dans la presse locale, fait son matamore…Depuis la « réforme » du code du travail, le cynisme patronal se libère lui aussi…Je fais ici copie des revendications de la section syndicale CGT Marsol : la réintégration immédiate de Florent Attali, l’arrêt de la procédure engagée contre Gilles Port, l’arrêt des pressions exercées quotidiennement par la direction. Demain, jeudi 21 à 8H, un rassemblement est organisé devant l’entreprise Marsol, rue de l’Ayguelongue à Morlaàs. Soyons le plus nombreux possible pour exprimer notre solidarité aux salariés en lutte.

Samedi, devant la Préfecture, à l’appel du collectif « Des hommes avant tout », nous étions rassemblés avec les réfugiés aujourd’hui accueillis au centre d’accueil et d’orientation de Gelos. Le centre a été ouvert en octobre 2016 après le démantèlement de la « jungle de calais ». Nous avons eu de beaux articles dans la presse nationale sur la manière dont l’accueil s’est effectué, la réaction positive de la population locale. Aujourd’hui, sur décision gouvernementale, les réfugiés, « dublinés », sont dirigés vers un hôtel Formule 1 dans le cadre du mal-nommé « programme d’accueil et d’hébergement des demandeurs d’asile » (Prahda), qui est en fait une reconduite à la frontière, en Italie. Pour la Préfecture, la « solution » (sic) n’est pas « négociable ». Glaçant. Nous étions nombreux, des militants politiques ( communistes, insoumis, écologistes, socialistes), des syndicalistes, des responsables associatifs, des citoyens. Avec, un bien joli moment partagé, ce «Bidonville », a cappella de Séverine, «Donne-moi ta main, camarade/Toi qui vient d’un pays/Où les hommes sont beaux /Donne-moi ta main, camarade/j’ai cinq doigts, moi aussi/On peut se croire égaux ». J’ai lancé l’idée d’une « cordée solidaire », comme celle dans les Hautes-Alpes. Les pyrénéens savent aussi que les cols sont des passages de solidarité. Mémoires vivantes des Républicains espagnols. Au final, la même question, essentielle, celle qui dit dans quelle société nous volons vivre, une société fraternelle, de justice. Les droits des migrants sont d’abord et avant tout l’affirmation des droits humains.

Lundi, les agents des écoles paloises étaient en grève pour dire la souffrance au travail. Ils demandent la création d’un pool de remplacement. J’ai échangé avec des femmes épuisées; physiquement et nerveusement, qui demandent une chose simple : pouvoir exercer leur métier et leurs missions, indispensables pour un bon accueil des élèves, dans de bonnes conditions. Suite à mon interpellation le soir, en conseil municipal, F.Bayrou a semblé accepter des réponses concrètes et rapides. Nous verrons si c’est le cas. Il faut donc la création de 20 postes ( 10% de l’effectif global) pour répondre aux besoins.

Monde du Travail, migrants, service public local de l’éducation…Des luttes concrètes et solidaires face aux provocations patronales, à une France qui n’est plus elle-même avec les circulaires Collomb et les promesses non tenues de Macron, pour des collectivités locales qui doivent en finir avec les calculs comptables et budgétaires qui attaquent les missions de service public.

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